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À Coconi, la SIM livre 45 logements et promet des bureaux que personne ne s'est encore engagé à occuper

Inaugurée le 20 octobre à Ouangani, la résidence Les Palmiers récupère l'eau de pluie pour alléger les factures. Les conventions signées avec trois communes prévoient aussi écoles et bureaux hors de Mamoudzou.

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À Coconi, la SIM livre 45 logements et promet des bureaux que personne ne s'est encore engagé à occuper
Photo : Mamoudzou résidence — Vincent Clavier, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Sur les toits des Palmiers de Coconi, les gouttières descendent vers des citernes. « Ici, nous avons installé des citernes de récupération des eaux de pluie pour diminuer les factures de la SMAE », a expliqué Moussa Attoumani, directeur de la maîtrise d'ouvrage et du développement de la Société immobilière de Mayotte (SIM), lors de l'inauguration de la résidence mardi 20 octobre, rapporte Mayotte la 1ère. Dans une île où l'eau arrive au robinet selon un planning de tours, ce détail technique compte dans le budget des familles locataires.

La résidence compte 45 logements mixtes, construits à Coconi, dans la commune de Ouangani, pour un investissement d'environ 10 millions d'euros, selon L'info Kwezi. Elle appartient à un ensemble d'environ 160 logements. Le chantier, lancé en 2020 ou en 2021 selon les deux médias, a été endommagé et retardé par le cyclone Chido. Le président de CDC Habitat, maison mère de la SIM, Clément Lecuivre, avait fait le déplacement.

Mille six cents logements en chantier, et des loyers encore inconnus

Les chiffres annoncés ce matin-là sont ambitieux. La SIM aurait aujourd'hui 1 600 logements en chantier, répartis sur une quarantaine d'opérations, pour 450 millions d'euros de travaux, et CDC Habitat prévoirait 1,2 milliard d'euros d'investissements sur dix ans avec un objectif de 500 logements par an, d'après L'info Kwezi. Sur les 1 700 logements à réhabiliter après Chido, 80 % auraient été livrés, le reste étant attendu d'ici décembre.

Le maire de Ouangani, Madi Issoufi, parle d'« une bouffée d'oxygène » pour une commune où plus de 40 % des logements seraient insalubres. L'image se comprend, même si 45 logements à Coconi pèsent peu au regard de cette proportion. Quant à la promesse de 500 logements par an, elle se juge sur des données qui manquent encore au public. Les comptes rendus de l'inauguration ne disent rien des loyers de ces logements « mixtes », ni de la part de logements très sociaux accessibles aux ménages qui vivent aujourd'hui sous la tôle. Ce sont pourtant les informations que les habitants de Ouangani voudront connaître avant de déposer un dossier.

Nous attendons donc de la SIM qu'elle publie, opération par opération, le nombre de logements, leur catégorie de financement, les loyers de sortie et la date de livraison prévue. Un bailleur qui revendique 1 600 logements en chantier peut tenir ce tableau à jour sur son site sans difficulté, et les communes signataires des conventions auraient intérêt à l'exiger.

Des écoles et des bureaux hors de Mamoudzou

La matinée a aussi servi à signer des conventions entre la SIM, CDC Habitat et les communes de Mamoudzou, Kani-Kéli et Ouangani. Outre des logements, elles prévoient des écoles et des bureaux, avec une ambition affichée de développer les communes hors du chef-lieu. « Presque toute l'activité économique est centrée sur Mamoudzou », constate Moussa Attoumani, qui souhaite que les institutions se délocalisent pour permettre « un rééquilibrage du territoire ».

Dans son Insee Flash Mayotte n° 214 publié en septembre, l'Insee lui donne raison en relevant que Mamoudzou et les communes voisines rassemblent 75 % des établissements et de l'emploi salarié. C'est cette concentration qui remplit chaque matin les routes menant au chef-lieu, avec les bouchons que connaissent tous ceux qui descendent du Centre ou du Sud.

Construire des bureaux à Ouangani ou à Kani-Kéli n'y changera rien si personne ne s'engage à les occuper. Un bailleur peut bâtir un immeuble, il ne peut pas décider à la place de l'État, du Département ou des chambres consulaires d'y installer un service. Le rééquilibrage annoncé suppose donc des engagements écrits de ces administrations, avec des noms de services et des effectifs. Sans eux, l'île risque de revivre un scénario déjà connu, avec des équipements livrés puis laissés vides ou loués à défaut à des activités sans rapport avec le projet initial.

Quant aux citernes de Coconi, elles mériteraient d'être généralisées rapidement. La récupération d'eau de pluie pour les usages qui ne demandent pas d'eau potable, comme les sanitaires ou le lavage, devrait figurer dans le cahier des charges de chaque opération de logement social financée sur l'île, y compris dans les réhabilitations d'après Chido. Le surcoût reste faible à l'échelle d'un immeuble, pour une économie réelle sur les factures de la SMAE.

La prochaine échéance vérifiable est la fin des réhabilitations post-Chido, annoncée pour décembre. Si l'on s'en tient au pourcentage donné mardi, il reste 340 logements à livrer d'ici là, et la SIM pourra être jugée sur ce chiffre au premier trimestre 2027.

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