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À Dzaoudzi, l'antenne de la MDPH épargne la barge à 888 personnes handicapées de Petite-Terre

Ouverte depuis septembre et inaugurée le 29 octobre, l'antenne a coûté 90 000 euros. La moitié des bénéficiaires suivis en Petite-Terre a moins de 20 ans, et un inspecteur du rectorat s'est dit intéressé par des permanences sur place.

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À Dzaoudzi, l'antenne de la MDPH épargne la barge à 888 personnes handicapées de Petite-Terre
Photo : L'embarcadère et l'hôtel du Rocher (Dzaoudzi, Mayotte) (34697948392) — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Aoussidine se souvient des rendez-vous manqués. Il se déplaçait alors en fauteuil roulant manuel, et l'horaire de la traversée vers Mamoudzou décidait souvent de sa journée. « Parfois, j'avais un rendez-vous et je ratais la barge », a-t-il raconté à Flash Infos le jour où la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) inaugurait son antenne de Dzaoudzi-Labattoir, jeudi 29 octobre. Il a depuis obtenu un fauteuil électrique, et les habitants de Petite-Terre peuvent désormais déposer leur dossier sans prendre le bateau.

L'antenne reçoit le public depuis septembre. Elle occupe d'anciens locaux du Département-Région, aménagés pour 90 000 euros selon France-Mayotte Matin, au sein de la Maison France Services d'après la conseillère départementale Maymounati Moussa. Deux agents y sont affectés et quatre personnes assurent chaque jour l'accueil, a précisé le président de la MDPH, Madi Moussa Velou, qui a choisi d'embaucher dans chaque secteur des gens qui en viennent et a retenu pour Labattoir une habitante de Petite-Terre passée par un service civique dans la structure. « Elle connaît mieux les habitants de Petite-Terre », a-t-il expliqué, et elle peut aller frapper aux portes des quartiers pour dire aux familles qu'elles ont des droits.

888 personnes suivies entre Labattoir et Pamandzi

Le public est jeune. Sur les 888 bénéficiaires accompagnés en Petite-Terre, 545 vivent à Dzaoudzi-Labattoir et 343 à Pamandzi. La moitié a moins de 20 ans et 35,7 % sont des femmes, rapporte France-Mayotte Matin. Sur toute l'île, la MDPH identifie aujourd'hui 11 198 personnes, contre 9 289 en juin 2024, soit 21 % de plus en un peu plus de deux ans. Elle évalue désormais 2 200 dossiers par an, contre 1 400 auparavant.

L'écart entre les personnes repérées et celles qui ont des droits ouverts se lisait déjà en septembre. À l'ouverture de l'antenne, Mayotte Hebdo comptait 1 200 personnes identifiées en Petite-Terre, dont 867 bénéficiaient d'un droit ou d'un accompagnement, et 265 travailleurs reconnus handicapés. L'antenne ouvre du lundi au vendredi, de 8 heures à 15 h 30, le vendredi étant réservé au traitement des dossiers et à l'accueil sur rendez-vous. Elle prend la suite de trois années de permanences, qui avaient servi à vérifier le besoin.

Le stock de demandes en souffrance a beaucoup baissé, d'environ 3 000 dossiers au début de 2025 à 500 aujourd'hui, pour un délai de traitement proche de quatre mois. Quatre mois restent longs quand une famille attend une allocation ou l'accompagnement d'un enfant en classe. La courbe montre quand même que la structure a rattrapé une bonne partie de son retard en moins de deux ans.

La part des premières demandes est passée de 48 % entre 2022 et 2024 à 58 % en 2025 et 2026. La directrice de la MDPH sait que beaucoup d'autres familles ne sont jamais venues. « On a un grand nombre de personnes qui ne sont pas identifiées, qui ne font pas valoir leurs droits », a-t-elle reconnu devant France-Mayotte Matin.

Un inspecteur du rectorat intéressé

Pendant la matinée, d'après Flash Infos, un inspecteur du rectorat a confié au président de la MDPH qu'il aimerait venir assurer des permanences dans l'antenne. Je mettrais cette proposition en tête de liste, puisque la moitié des personnes suivies en Petite-Terre ont moins de 20 ans et que leurs parents font sans cesse la navette entre la MDPH, qui notifie une orientation ou une aide humaine, et l'école, qui doit l'appliquer. Les réunir dans le même bureau de Labattoir, même une demi-journée par semaine, éviterait des traversées et bien des malentendus.

J'approuve sans réserve l'antenne de Labattoir. Les élus de Petite-Terre en avaient fait une promesse de campagne, Maymounati Moussa a rappelé que la « double insularité » ajoute une épreuve à celles du handicap, et je vois mal quelle autre dépense de 90 000 euros, complétée de quelques postes, aurait épargné autant d'allers-retours sur la barge à des familles qui traversaient jusqu'ici pour un simple dépôt de pièces.

La MDPH annonce d'autres étapes. Un second Handibus doit rouler en janvier 2027, en plus de celui qui fait le tour des villages deux fois par semaine. Un téléservice est promis pour le premier trimestre 2027, les ambassadeurs de l'accessibilité seront reconduits, et le Département-Région envisage à plus long terme une Maison départementale de l'autonomie, guichet commun aux personnes âgées et handicapées. Le formulaire en ligne servira surtout aux familles qui ont un ordinateur et l'habitude des démarches numériques, et pour les autres un agent de Labattoir pourrait dès maintenant remplir le dossier à leurs côtés, sur un poste réservé à cet usage.

Le rectorat et la MDPH pourraient fixer d'ici la fin de l'année un jour de permanence commune à Labattoir, l'inspecteur s'étant déjà proposé.

L'antenne de Dzaoudzi-Labattoir bouclera fin décembre son premier trimestre complet d'ouverture, et le second Handibus doit prendre la route en janvier 2027.

Sources

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