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À Kawéni, les pompiers passeront encore deux saisons des pluies dans une caserne qui prend l’eau

Le SDIS a signé le 22 octobre l’engagement des travaux d’un centre de secours à 9,2 millions d’euros à Kinga. Premiers coups de pelle en mai 2027, livraison espérée à l’été 2028, et rien encore sur la manière de tenir d’ici là dans le bâtiment de 1998.

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À Kawéni, les pompiers passeront encore deux saisons des pluies dans une caserne qui prend l’eau
Photo : Mamoudzou Kaweni 150402 — Vincent Clavier, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Quand il pleut fort sur Kawéni, l’eau entre dans la caserne. Le bâtiment date de 1998, il est inondé en période de pluie et « ne répond plus aux normes », a résumé le président du Service départemental d’incendie et de secours, Abdoul Kamardine, invité de l’émission Zakwéli le 21 octobre, selon Mayotte la 1ère. Le lendemain, dans cette même caserne, le SDIS signait l’acte d’engagement des travaux de son futur centre de secours principal. Selon le calendrier annoncé ce jour-là, les pompiers devraient rester dans ces murs jusqu’à l’été 2028.

Le projet présenté jeudi 22 octobre tient la route sur le papier. Le futur centre sera implanté à Kinga, non loin de la direction départementale du SDIS, sur 1 643 m² de plancher, d’après le compte rendu de Mayotte la 1ère. Il comptera 24 lits, sept travées pour les véhicules contre cinq aujourd’hui, une salle de sport et une tour d’exercice. Il prévoit aussi des locaux pour accueillir du public en cas de catastrophe climatique. Le chantier coûtera 9 197 999 euros. Les premiers coups de pelle sont attendus en mai 2027, après les études de terrain, et la réception de l’ouvrage pourrait intervenir à l’été 2028. L’édition du matin de France Mayotte Matin, résumée par L’info Kwezi, retient les mêmes ordres de grandeur, 9,2 millions d’euros et une livraison en 2028, et décrit des locaux trop petits où les pompiers ne peuvent plus manœuvrer en sécurité.

La saison des pluies 2026-2027 commence dans quelques semaines, et celle de 2027-2028 tombera en plein chantier. Les sapeurs-pompiers de Kawéni vont donc traverser au moins deux saisons humides dans un bâtiment que leur propre président juge à remplacer d’urgence. Les études de terrain imposent leur rythme au chantier. Ce que le SDIS prévoit pour l’intervalle n’a en tout cas pas été dit publiquement jeudi.

De Tsimkoura à Kinga, une série de casernes

Une semaine plus tôt, le 15 octobre, le même président signait l’engagement des travaux d’une caserne à Tsimkoura, dans la commune de Chirongui, pour près de 9 millions d’euros et une livraison en 2028. Les onze sapeurs-pompiers qui s’y relaient travaillent dans des conteneurs, dans une rue trop étroite pour manœuvrer les véhicules, selon ses déclarations. D’autres casernes sont annoncées à Longoni et entre Handréma et Mtsangamboua. Des véhicules doivent être livrés en 2027, et cinq engins endommagés par le cyclone Chido ont déjà été remplacés. « On continue de renforcer les moyens car les risques augmentent chaque jour », a-t-il déclaré.

Le constat du Bureau de recherches géologiques et minières lui donne raison. Avant la saison des pluies, sa directrice à Mayotte rappelait cette semaine sur Mayotte la 1ère que « 90 % du territoire est soumis à des risques de natures différentes ». Sur une île aussi exposée, une caserne devrait rester au sec le jour où le quartier autour d’elle ne l’est plus, et celle de Kawéni est inondée dès les fortes pluies.

Sortir de Kawéni à l’heure de pointe

La présentation, du moins dans ce qui en a été rapporté, n’a rien dit des temps d’intervention. Or Kawéni vit depuis le 16 septembre sous un régime de circulation alternée, destiné à soulager une RN1 engorgée par les travaux du Caribus, et la Ville de Mamoudzou l’a prolongé jusqu’au 11 décembre, selon Mayotte Hebdo. Les véhicules de secours sont exemptés de la mesure, ce qui ne les dispense pas des bouchons qu’elle cherche à réduire. Choisir Kinga, près de la direction départementale, a sans doute du sens pour la logistique. Le SDIS peut rendre publics les temps d’accès vers Majicavo, Koungou et le centre de Mamoudzou qu’il a retenus pour valider le site.

Pour la saison qui vient, le SDIS et la commune de Mamoudzou doivent dire quels travaux de protection sont prévus dans l’actuelle caserne, même modestes. Des seuils contre l’eau, un local de repli pour le matériel sensible ou un engin stationné ailleurs les jours d’alerte orange resteraient des dépenses modestes.

Le chantier mérite un calendrier public, avec ses étapes intermédiaires. Rien n’a été publié sur le permis de construire, le plan de financement ou la part qui reviendra au Département, à l’État ou aux fonds européens. Le SDIS, qui a détaillé avec soin les mètres carrés et le nombre de lits, peut publier ces chiffres aussi.

Quant aux locaux prévus pour recevoir la population en cas de catastrophe, la commune peut les inscrire dès maintenant dans son plan communal de sauvegarde, avec leur capacité, afin que les habitants de Kawéni sachent en 2028 où aller.

Le premier coup de pelle est fixé à mai 2027. D’ici là, la caserne de 1998 devra encaisser une saison des pluies entière, et nous attendons du SDIS qu’il dise, avant le 31 décembre, comment il compte la passer.

Sources

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