Pour savoir où en est l'école de son enfant, un parent de Kawéni doit désormais chercher entre la mairie, l'EPRDM et la préfecture. À Koungou, la réponse se trouvait au recueil des actes administratifs de la préfecture, où un arrêté relevé par France-Mayotte Matin le 30 octobre accorde 547 449,27 euros de l'État à la commune pour réhabiliter l'école élémentaire de Majicavo Lamir, abîmée par le cyclone Chido. L'opération est chiffrée à 654 843,62 euros hors taxes, dont l'État paie 83,6 % par le Fonds de refondation de Mayotte post-Chido, et les 107 394,35 euros restants doivent venir d'autres financements, dont le fonds de compensation de la TVA.
Une première tranche de 437 959,41 euros est prévue en 2026, une seconde de 109 489,85 euros en 2027. La commune dispose d'un an à compter de la notification pour engager les travaux et de quatre ans pour les achever, avec une avance possible de 30 % sur justificatifs. Les parents de Majicavo Lamir savent donc à quelle date, au plus tard, le chantier doit démarrer.
Kawéni et Doujani passent à l'EPRDM
À quelques kilomètres, Mamoudzou a choisi une autre voie pour une partie de ses écoles. Son maire, Ambdilwahedou Soumaïla, a indiqué à Mayotte la 1ère que la ville avait confié la maîtrise d'ouvrage de plusieurs chantiers à l'Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM). Sont concernées l'école maternelle T15 et la crèche de Kawéni, ainsi qu'un groupe scolaire de 25 salles de classe dans la ZAC de Doujani. Ces chantiers devraient démarrer au premier semestre 2027, « si tout va bien », selon l'élu.
Le maire refuse d'y voir un abandon de compétence. La ville dispose selon lui d'un schéma directeur des écoles sur dix ans, et « il ne s'agit pas de prendre ce schéma et le confier à l'établissement public ». D'autres conventions pourraient suivre, au fil des livraisons. Bandrélé a fait un pas plus large en devenant la deuxième commune de l'île à déléguer à l'État la construction et la rénovation de ses écoles, comme l'a rapporté Mayotte la 1ère le même jour.
L'école Vahibé 1, dont nous parlions ici le 27 octobre, a été déconstruite, mais la reconstruction de ses 20 classes n'a pas commencé. « Toutes les procédures ont été réalisées et finies, on attend juste l'arrêté de subventions pour nous permettre de signer l'OS de démarrage », a expliqué le maire, en évoquant un démarrage « imminent ». Treize classes modulaires ont été ouvertes à la rentrée pour que près de 1 200 élèves, qui n'avaient que deux à trois heures de cours par jour, retrouvent un horaire complet.
Un arrêté, puis un ordre de service
Un chantier d'école ne démarre qu'après l'arrêté de subvention, qui engage l'argent de l'État, puis l'ordre de service que la commune signe pour lancer l'entreprise, deux papiers que les familles ne voient jamais passer. Koungou a obtenu son arrêté pour Majicavo Lamir alors que Mamoudzou attend toujours le sien pour Vahibé, et à Kawéni comme à Doujani le dossier passe à l'EPRDM, avec un calendrier encore conditionnel.
Ce libre choix me paraît sain. Chaque commune peut conduire elle-même ses chantiers ou les confier à l'établissement public créé pour la reconstruction, mais l'information s'éparpille alors entre plusieurs maîtres d'ouvrage.
La préfecture publie déjà ses arrêtés au recueil des actes administratifs, où l'on trouve, avec de la patience, le montant accordé à Majicavo Lamir. Elle pourrait aller plus loin et tenir en ligne un tableau des écoles financées par le fonds de refondation, avec pour chacune le maître d'ouvrage, le montant, la date de l'arrêté, la date de l'ordre de service et la date de livraison prévue. Ses services suivent chaque subvention, et ces données existent donc déjà.
Pour Vahibé, la ville dit n'attendre qu'un arrêté de subvention. La préfecture, qui le signe, pourrait annoncer sous quel délai elle le prendra. Les élèves du quartier ont retrouvé leurs vingt-quatre heures de cours grâce aux treize classes préfabriquées, et une date, même approximative, dirait aux parents combien d'années scolaires leurs enfants passeront encore dans ces locaux provisoires avant d'entrer dans les vingt classes promises.
Pour la maternelle T15, la crèche de Kawéni et les 25 classes de Doujani, désormais entre les mains de l'EPRDM, la seule échéance connue reste le premier semestre 2027 avancé par le maire de Mamoudzou.

