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À Koungou, la fin des goûters annoncée en juin, et une caisse des écoles toujours sans budget voté en août

La chambre régionale des comptes a dû proposer au préfet un budget 2026 pour la caisse des écoles de Koungou, faute de vote. Son avis montre une caisse qui paie plus de salaires que de nourriture et un déficit de 199 228 euros, alors qu'aucune date de reprise des collations n'est publique.

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À Koungou, la fin des goûters annoncée en juin, et une caisse des écoles toujours sans budget voté en août
Photo : Koungou — Pauly, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le 20 juin 2026, le maire de Koungou a annoncé sur Facebook qu'il n'y aurait plus de goûter dans les écoles maternelles et élémentaires de la commune à la rentrée. Quatre mois plus tard, le seul document public qui permette de mesurer ce que vaut cette décision est un avis de la chambre régionale des comptes, qui décrit une caisse des écoles qui n'avait toujours pas de budget voté à la fin de l'été.

Un budget que personne n'a voté

La caisse des écoles est l'établissement public communal qui achète et distribue les collations. En 2026, année d'élections municipales, son budget primitif devait être adopté au plus tard le 30 avril, ce qui n'a pas été fait. Le 4 août, le préfet de Mayotte a saisi la chambre régionale des comptes, comme le prévoit l'article L. 1612-2 du code général des collectivités territoriales. La chambre a rendu son avis n° 2026-017 en séance du 26 août et l'a publié le 3 septembre sur le site des juridictions financières.

Le dossier transmis aux magistrats ne contenait ni budget 2026 adopté ni compte financier 2025 approuvé. L'avis note que, « malgré les sollicitations qui leur ont été adressées », la commune et la caisse n'ont transmis « aucun élément complémentaire » pendant l'instruction. La chambre a donc travaillé pour l'essentiel à partir des données du comptable public et des pièces fournies par l'État.

Ces données décrivent un établissement qui a dépensé 3 027 073 euros en fonctionnement en 2025 pour 2 878 507 euros de recettes, soit un déficit de l'exercice de 148 566 euros, absorbé par l'excédent des années précédentes. En 2026, jusqu'au 12 août, la caisse a payé 710 998 euros de charges de personnel et 293 987 euros d'achats d'alimentation. La chambre propose d'arrêter le budget de l'année avec 1 218 853 euros pour le personnel et 500 000 euros pour l'ensemble des charges courantes, alimentation comprise. Elle constate un déséquilibre de 199 228 euros en fonctionnement, que « seule une subvention complémentaire de la commune pourrait résorber ».

Les chiffres

  • 1 587 290 euros de charges à caractère général, le poste qui comprend les achats d'alimentation, en 2025, contre 500 000 euros proposés pour 2026 (chambre régionale des comptes, avis n° 2026-017)
  • 710 998 euros de salaires et charges payés au 12 août 2026, contre 293 987 euros d'achats d'alimentation (même avis)
  • 1 100 000 euros de subvention votée par la commune le 7 juin 2026, dont 450 000 euros versés en août (même avis)
  • 199 228 euros de déficit de fonctionnement prévu pour 2026 (même avis)
  • 17 à 25 euros par enfant demandés aux familles pour les collations en 2025-2026 (Le Journal de Mayotte, 24 juin 2026)

Une caisse qui paie surtout ses salaires

Les chiffres de l'avis permettent de relire l'annonce de juin. En 2025, les charges à caractère général, le poste qui comprend les achats d'alimentation, atteignaient 1 587 290 euros, au-dessus de la masse salariale de 1 430 925 euros. En 2026, la proportion s'inverse, puisqu'au 12 août la caisse avait payé 710 998 euros de personnel contre 319 035 euros de charges courantes, dont 293 987 euros de nourriture, soit plus de 2,40 euros de salaires et de charges pour chaque euro d'alimentation. La chambre invite d'ailleurs l'établissement à « renforcer le pilotage de sa masse salariale ».

Le maire, Saïd Ahamadi Raos, a présenté l'arrêt des collations comme le temps nécessaire pour « restructurer la Caisse des écoles avant de relancer un service plus adapté », selon Le Journal de Mayotte. Il a aussi demandé aux parents de cuisiner pour leurs enfants et souhaité que la Caf et la CSSM versent l'aide directement aux familles, d'après Mayotte la 1ère. Si cette restructuration a commencé, aucun document public ne le montre, et l'organe délibérant de la caisse n'a pas adopté son budget dans les délais légaux, en cette année de renouvellement municipal.

À Mamoudzou, la caisse des écoles du chef-lieu a suspendu ses collations le 2 septembre pour des impayés, puis a tenu une conférence de presse le 7 septembre. Son directeur y a reconnu « près de sept mois d'arriérés » et fixé un objectif de reprise au 26 octobre, avec des colis alimentaires pour les familles qui avaient déjà payé, selon Mayotte Hebdo. Aucune confirmation publique de cette reprise n'a été trouvée à la date de publication. Les familles de Mamoudzou ont reçu une échéance, même tardive, et une compensation, quand aucune date de reprise n'a été rendue publique à Koungou.

Un euro par jour et par enfant

Dans les maternelles de Koungou, les collations s'ajoutaient au petit-déjeuner servi à 7 h 30, et l'élémentaire en recevait deux par jour, rapporte Le Journal de Mayotte. Une mère y indique disposer d'un euro par jour et par enfant pour le goûter. En juin, le petit-déjeuner financé par le rectorat n'était servi que dans une partie des écoles, selon le même journal. Mayotte la 1ère rappelle qu'un rapport de la chambre régionale des comptes publié en juin 2025 relevait une assiduité plus faible lors des périodes sans repas ni collation.

Tant que les collations restent suspendues sans date de retour, ce sont les familles qui paient une dépense que la commune assumait en grande partie. Le budget proposé par la chambre prévoit encore 180 965 euros de charges courantes d'ici la fin de l'année, au nom de la « continuité du service ». Rien dans l'avis n'impose donc de renoncer aux goûters.

Ce que répondent les autres

Le maire de Koungou a justifié l'arrêt des collations par la nécessité de « restructurer la Caisse des écoles avant de relancer un service plus adapté », selon Le Journal de Mayotte, et a promis des goûters « de meilleure qualité », selon Mayotte Hebdo. Selon Le Journal de Mayotte, le cabinet du maire et l'ancienne direction de la caisse n'avaient pas répondu à ses questions en juin. Aucune réaction publique de la caisse des écoles à l'avis de la chambre régionale des comptes n'a été trouvée à la date de publication.

Des réponses avant la fin de l'année

Si l'avis de la chambre justifie une remise en ordre de la caisse des écoles, elle doit s'accompagner d'une date de reprise du goûter des enfants. La loi oblige d'ailleurs la caisse à informer son comité de l'avis « dès sa plus proche réunion » et à lui donner une « publicité immédiate ».

Je demande au maire de Koungou, président de la caisse des écoles, de publier avant les vacances de décembre l'arrêté du préfet qui règle le budget 2026, l'organigramme et les effectifs de la caisse, et une date de reprise des collations pour la rentrée de janvier 2027. Je demande au préfet de Mayotte de rendre public cet arrêté de règlement dès sa signature. Quant à la CSSM et à la Caf, elles doivent dire, avant le 31 décembre, si elles ont versé des fonds à la caisse de Koungou au titre des collations en 2025 et en 2026, et combien.

Sources

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