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À Mamoudzou, la taxe foncière double et la facture de Chido reste à détailler

Le taux sur le bâti est passé de 9,17 % à 17,93 %. La mairie invoque 91,7 millions d'euros de dégâts et promet une baisse en 2029, le collectif TCTF manifeste de nouveau le 18 octobre place Makango.

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À Mamoudzou, la taxe foncière double et la facture de Chido reste à détailler
Photo : Mamoudzou City Hall (10030018363) — David Stanley from Nanaimo, Canada, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Les propriétaires de Mamoudzou reçoivent ces jours-ci un avis de taxe foncière presque doublé, et la mairie leur explique que Chido en est la cause sans leur montrer la facture du cyclone. Après une rencontre infructueuse avec le maire, le collectif TCTF appelle à un nouveau rassemblement dimanche 18 octobre à 15 h 30, place Makango, et je comprends sa colère, même si je crois la hausse en partie inévitable.

Les chiffres sont connus depuis le printemps. Selon Flash Infos, le conseil municipal a voté en avril un taux de taxe foncière sur les propriétés bâties qui passe de 9,17 % à 17,93 %, soit 95,5 % de hausse, et un taux sur le non-bâti porté de 4,23 % à 8,27 %. La commune en attend environ six millions d'euros de recettes supplémentaires. Le classement publié début septembre par MoneyVox place Mamoudzou au troisième rang des plus fortes hausses de France, derrière deux autres communes mahoraises, Chirongui (près de 127 %) et Kani-Kéli (près de 106 %), avec Ouangani un peu plus loin à 40 %. Mamoudzou n'est donc pas un cas à part sur l'île.

Le 7 octobre, une délégation du collectif a été reçue à l'hôtel de ville. Elle en est ressortie sans accord, en parlant d'une « fin de non-recevoir ». Dans un communiqué du 11 octobre, la mairie a donné ses arguments. Elle rappelle n'avoir pas touché à ses taux entre 2020 et 2025, évalue à 91,7 millions d'euros les dégâts subis par son patrimoine (écoles, bâtiments publics, voirie) et indique que les assurances plafonnent leurs indemnités à 12 millions, dont huit déjà perçus. Les aides de l'État, toujours selon la Ville, arrivent lentement et couvrent au mieux 80 % des opérations éligibles. Le maire, Ambdilwahedou Soumaïla, a déclaré à Flash Infos : « Sans Chido, les taux n'auraient pas augmenté. Je m'engage à les revoir à la baisse à partir de 2029, et je reste à l'écoute de chaque habitant. »

Quatre-vingt-onze millions d'euros sans détail

L'argument de la reconstruction tient. Quiconque a vu les écoles de Kawéni ou de Vahibé depuis décembre 2024 sait que la commune a dû avancer de l'argent qu'elle n'avait pas, et un emprunt doit bien se rembourser. Mais 91,7 millions d'euros de dégâts restent une somme globale. Les habitants n'ont pas sous les yeux la liste des bâtiments, ce qui a déjà été réparé, ce que l'État a versé et ce qu'il doit encore. Sans ce tableau, la promesse d'une baisse « à partir de 2029 » ne peut pas être vérifiée, puisque personne ne sait quel niveau de remboursement la déclencherait.

La confiance n'est pas aidée par l'état des finances communales. Le collectif évoque un « déficit » de 53 millions d'euros fin 2025. Flash Infos relève, à juste titre, que ce montant correspond plutôt à l'encours de dette de la commune, 53,86 millions d'euros à cette date, une notion différente. Le même article rappelle que la Chambre régionale des comptes avait relevé un déficit corrigé de 11,87 millions d'euros pour l'exercice 2024, donc avant que l'essentiel des dépenses liées au cyclone ne pèse sur les comptes. Une partie des difficultés de Mamoudzou date donc d'avant Chido, et j'aurais préféré l'apprendre de la mairie.

Des familles sous bâche qui reçoivent un avis d'imposition

Le collectif rappelle que de nombreuses familles vivent encore sous des toitures bâchées. Elles reçoivent cet automne un avis de taxe foncière presque doublé pour une maison qu'elles n'ont pas pu reconstruire. En septembre, Mayotte Hebdo citait un habitant qui disait devoir plus de 3 000 euros par an. Ce cas isolé ne dit rien de la moyenne, et l'on aimerait que la commune publie justement la hausse médiane par foyer, car les familles qui ont tout perdu en décembre 2024 paient au même taux que les autres.

La commune promet des économies. Elle dit avoir réduit de 10 % les indemnités de ses élus et engagé des réductions de dépenses de fonctionnement. Le collectif, lui, dit avoir interrogé le maire sur la réalité du gel des embauches et rapporte une réponse peu aimable que je ne peux pas vérifier. Un état des effectifs publié par la mairie réglerait la question.

Annuler la hausse priverait la commune de six millions d'euros qu'elle ne peut sans doute pas trouver ailleurs avant d'avoir touché l'argent de l'État. Je m'y résigne, à condition que la mairie rende des comptes. La mairie devrait publier avant la fin de l'année un état chiffré de la reconstruction, bâtiment par bâtiment, avec les sommes reçues de l'État et des assureurs. Quant à la baisse promise pour 2029, une délibération avec un taux cible vaudrait mieux qu'un engagement oral. Un guichet municipal pourrait aider les propriétaires sinistrés à demander auprès des services fiscaux un examen de leur situation, car beaucoup ignorent les démarches possibles quand une maison est devenue inhabitable.

Les parlementaires de Mayotte pourraient porter le sujet. Quand trois communes de l'île occupent les trois premières places d'un classement national des hausses, l'indemnisation des collectivités après une catastrophe mérite d'être examinée au Parlement, puisque ce sont ici les contribuables locaux qui comblent l'écart. Le collectif TCTF se réunira de nouveau place Makango le dimanche 18 octobre à 15 h 30, pour réclamer une révision des taux sans attendre 2029.

Sources

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