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À Pamandzi, la présidente du CESE découvre un littoral dont les études attendent depuis 2024

Claire Thoury a consacré la première journée de sa visite outre-mer à l'érosion et à la submersion de Petite-Terre. Les études annoncées pour décembre 2024, dix jours avant Chido, n'ont toujours pas de résultats publics.

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À Pamandzi, la présidente du CESE découvre un littoral dont les études attendent depuis 2024
Photo : Pamandzi (3060481415) — mwanasimba from La Réunion, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

C'est à la mairie de Dzaoudzi et sur le bord de mer de Pamandzi que Claire Thoury, présidente du Conseil économique, social et environnemental, a commencé sa visite. Arrivée dimanche 18 octobre au matin à l'aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi, pour le premier déplacement outre-mer de son mandat, elle a consacré sa première réunion à l'érosion, aux submersions marines et au développement économique de Petite-Terre, avant de parcourir les quartiers de Racine, Labattoir et Sandravoingue, rapporte Mayotte la 1ère. Ce lundi, elle doit rencontrer à Mamoudzou des élus, des représentants de l'État et des responsables associatifs.

Le programme annoncé par le CESE et relayé par Outremers360 est très large, puisqu'il couvre la reconstruction, l'eau, l'insertion des jeunes, la pauvreté, le logement informel et la santé, avec des rencontres prévues auprès de femmes entrepreneures, de soignants et de jeunes en formation. En trois jours, la présidente ne pourra qu'effleurer la plupart de ces sujets, et le choix d'ouvrir par le littoral de Petite-Terre n'en est que plus parlant, tant ce dossier avance lentement depuis des années.

À Petit Moya, une falaise sous surveillance depuis 2024

En novembre 2024 déjà, Mayotte Hebdo décrivait une usine de dessalement de Petit Moya menacée par l'érosion et un littoral ouest de Pamandzi « de plus en plus exposé aux submersions ». La communauté de communes de Petite-Terre avait réuni en octobre 2024 le directeur de cabinet du préfet et des experts du Cerema, avec la volonté d'inscrire l'île au plan national d'adaptation au changement climatique. Des inspecteurs des ministères de l'Intérieur et de l'Écologie étaient venus voir les lieux. Une concertation publique et le lancement d'études techniques avaient été annoncés pour le 4 décembre 2024.

Dix jours plus tard, Chido frappait Mayotte. Depuis, la reconstruction a absorbé l'attention et les budgets, et ces études n'ont laissé aucune trace publique que nous ayons pu retrouver, ni résultats, ni calendrier de travaux pour protéger l'usine de dessalement, qui reste pourtant l'un des rares équipements capables de produire de l'eau sans dépendre de la pluie.

À Petite-Terre, un recul du trait de côte qui atteint une usine d'eau potable devient vite un problème de santé publique, et une submersion qui envahit les rues de Labattoir abîme des maisons déjà fragilisées par le cyclone. Le programme de la présidente prévoit justement des échanges sur le logement informel et la précarité, et une case en tôle bâtie au ras du rivage, sans fondations ni protection, sera toujours la première exposée aux fortes houles. Les deux sujets gagneraient à être traités dans un même document, avec des cartes à l'appui et une liste des familles à protéger en priorité.

Ce que le CESE peut écrire pour Petite-Terre

Le CESE n'a ni budget d'investissement ni pouvoir de décision. Il pèse par ses avis, que le gouvernement et les parlementaires peuvent consulter, et par sa capacité à se saisir lui-même d'un sujet, et l'île y a désormais ses relais. Depuis le 18 juin, la délégation aux outre-mer de l'institution est présidée par Maymounati Moussa Ahamadi, conseillère de l'Assemblée de Mayotte élue dans le canton de Dzaoudzi-Labattoir, avec une autre Mahoraise, Nadine Hafidou, à la vice-présidence d'une délégation de 28 membres, selon Mayotte la 1ère.

Selon Outremers360, les échanges menés à Mayotte doivent nourrir une résolution que cette délégation s'apprête à examiner sur le Sommet de la Francophonie de Phnom Penh, prévu les 15 et 16 novembre. Le rayonnement régional de l'île est un sujet légitime, mais le littoral de Sandravoingue, que la présidente a parcouru dimanche, appelle un travail plus direct.

Nous demandons au CESE de s'autosaisir d'un avis consacré au littoral de Petite-Terre et, plus largement, à l'adaptation des côtes mahoraises, en partant des études lancées fin 2024 et des données du Cerema. Un tel avis pourrait chiffrer la protection de l'usine de Petit Moya, recenser les logements exposés à la submersion et proposer un ordre de priorité entre protection, relogement et renaturation. Il donnerait aux élus de Petite-Terre un document opposable à l'État lors des prochains arbitrages budgétaires.

Sur place, la communauté de communes et la préfecture pourraient dire sans attendre où en sont les études techniques annoncées pour le 4 décembre 2024, et quand leurs conclusions seront rendues publiques. La visite de trois jours de Claire Thoury s'achève mardi 20 octobre, et ce serait le bon moment pour que quelqu'un, à Dzaoudzi ou à Mamoudzou, lui remette la réponse par écrit.

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