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À Passamaïnty, des adultes apprennent à lire pendant que l'Adie cherche ses jeunes entrepreneurs

Les moins de 30 ans ne représentaient que 133 des 1 025 entrepreneurs financés par l'Adie à Mayotte en 2025. Cette semaine, l'association fait le tour de l'île, tandis qu'une association née en juin évalue en lecture des adultes qui n'ont jamais été à l'école.

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À Passamaïnty, des adultes apprennent à lire pendant que l'Adie cherche ses jeunes entrepreneurs
Photo : Une boutique à Mamoudzou (Mayotte) (34838784776) — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

« Je n'ai jamais fait l'école, donc je suis là pour apprendre. » Le participant qui parle ainsi à L'info Kwezi travaille avec des collègues francophones, comprend ce qu'on lui dit, mais ne sait ni lire ni écrire. Il faisait partie de la trentaine d'adhérents et de parents d'élèves réunis le 14 octobre à la médiathèque de Passamaïnty par l'association MKO PVADZIMA, avec la PLIA, pour une journée contre l'illettrisme. Au programme, des tests de français et de mathématiques, puis des entretiens avec le Carif-Oref pour orienter chacun vers une formation.

La scène m'est restée en tête en parcourant le programme de la semaine de l'insertion qui se déroule en ce moment à Mayotte, où les dispositifs se multiplient alors qu'une partie de ceux qu'ils visent ne peut pas remplir le formulaire d'entrée. L'Adie y poursuit sa campagne auprès des entrepreneurs de moins de 30 ans, du 12 au 16 octobre, avec un marché des entrepreneurs à la MJC de Kawéni, un stand au forum des métiers de Dembéni, des réunions à Combani avec la Mission locale, à Acoua avec l'association Tarifitika et en Petite-Terre. Ce jeudi 15 octobre, de 8 heures à midi, un Village de l'insertion professionnelle réunit à la MJC de Combani les acteurs de l'emploi, de la formation et de l'entrepreneuriat, rapporte Le Journal de Mayotte.

Selon les chiffres qu'elle a donnés à Flash Infos, l'Adie a financé 1 025 entrepreneurs à Mayotte en 2025, dont 133 jeunes, soit 13 % des porteurs de projet accompagnés. Dans le département le plus jeune de France, c'est très peu, et l'association le reconnaît. « Malgré une population très jeune, les jeunes Mahorais restent peu représentés parmi les personnes accompagnées par l'ADIE », explique Tamara Guistinati, qui ajoute : « Le principal frein reste l'accès au financement. » L'Adie dit adapter le montant des prêts pour ne pas mettre les jeunes en difficulté, en commençant par financer un stock avant d'accorder un prêt plus important une fois l'activité lancée.

Ce microcrédit progressif me paraît raisonnable, puisqu'il évite qu'un jeune de Sada ou de Bandrélé commence sa vie professionnelle avec une dette impossible à rembourser. Le réseau suit, avec deux agences à Kawéni et à Bandrélé, une troisième annoncée à Tsingoni la semaine prochaine, des permanences en Petite-Terre, à Hamjago, à Sada, à Ouangani et à Dembéni, souvent dans les locaux des CCAS ou des maisons France Services, et un bureau mobile, la BIMobile.

L'accès au crédit ne suffit pourtant pas quand la personne ne peut pas lire un échéancier, un devis ou une déclaration de chiffre d'affaires, et c'est par ce bout que l'association de Passamaïnty a pris le problème. MKO PVADZIMA a été créée en juin 2026 et compte déjà 230 adhérents. Ahamada Moumini, directeur général du conseil d'administration de l'association, y voit un moyen de permettre aux adultes d'aider leurs enfants « ou de continuer une formation », avec l'emploi en ligne de mire. L'association réunit notamment des personnes originaires des Comores et insiste sur son ouverture à tous les habitants de l'île. Elle dit avoir recensé 32 communautés sur le territoire et veut organiser des rencontres entre elles.

Mon inquiétude porte moins sur la qualité de chaque initiative que sur leur rythme. L'Adie organise trois semaines thématiques par an, sur les quartiers en février, les femmes en juin, les jeunes en octobre. Le Village de Combani dure une matinée et les tests de Passamaïnty ont concerné une trentaine de personnes. Entre deux événements, le jeune qui veut monter une activité de restauration à Tsararano ou la mère de famille qui veut apprendre à lire à Kawéni doivent retrouver seuls le bon guichet, parmi des sigles que même les habitués confondent.

La demande continue pendant ce temps, dans une île où l'âge moyen est très bas et où l'Adie elle-même dit devoir multiplier les actions auprès des centres de formation pour se faire connaître. Aucune des structures citées n'est chargée de suivre une même personne sur un parcours complet, qui irait de l'apprentissage de la lecture au premier prêt, en passant par une formation qualifiante.

Aux missions locales et à l'Adie, je suggère un repérage discret des difficultés de lecture dès le premier rendez-vous, suivi d'une orientation immédiate vers une action de formation de base, sur le modèle de ce que MKO PVADZIMA a fait avec la PLIA et le Carif-Oref. Les maisons France Services accueillent déjà les permanences, et le Village de l'insertion pourrait y revenir chaque mois, dans une commune différente. Le Département-Région et l'État, qui financent la formation, doivent de leur côté publier le nombre de places d'apprentissage du français pour adultes ouvertes à Mayotte cette année et les délais d'attente pour y entrer, pour que l'orientation promise à Passamaïnty débouche sur une place réelle. L'Adie dit vouloir dépasser les 133 jeunes financés en 2025, sans s'être fixé de chiffre, et sa troisième agence ouvre la semaine prochaine à Tsingoni, où rien ne l'empêche d'essayer ce repérage dès l'accueil.

Sources

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