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4 700 marcheurs pour Octobre rose à Mamoudzou, une centaine d'invitations à la mammographie en un mois

Le premier bilan du centre de coordination des dépistages compte plus de 550 consultations et une centaine d'invitations à la mammographie. Les associations réclament un mammographe en Petite-Terre, et les chiffres définitifs de participation sont promis pour novembre.

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4 700 marcheurs pour Octobre rose à Mamoudzou, une centaine d'invitations à la mammographie en un mois
Photo : N2, Passamainty, Mayotte - panoramio — franek2, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Près de 4 700 personnes ont marché dimanche matin entre le parking de la Cadema à Passamaïnty et celui du marché couvert de Mamoudzou, selon Mayotte la 1ère. Cinq kilomètres en rose, organisés par l'association Amalca pour clore Octobre rose, avec des élus dans le cortège et, selon la chaîne, dans la bonne humeur. Le même week-end, le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) dressait son premier bilan du mois devant Le Journal de Mayotte. Plus de 1 000 personnes sensibilisées en 31 journées d'action, plus de 550 femmes reçues en consultation, 80 relais formés dans les associations. Et « une centaine » d'invitations à la mammographie remises.

Une centaine, pour un mois entier de campagne sur tout le territoire. Les femmes reçoivent aussi des invitations par courrier, et les consultations de frottis et de palpation ont leur propre utilité, mais de 550 consultations à une centaine d'invitations, on voit où ça bloque. Les marches font le plein et les associations sillonnent les écoles. C'est entre la consultation et le mammographe que les femmes se perdent.

Les acteurs de santé le disent eux-mêmes. La vice-présidente du CRCDC, Kassandrah Chanfi, constate que certaines femmes ne savent pas vers qui se tourner pour se faire dépister. Rasmina Malide, infirmière à l'association ASCA, parle de patientes qui peuvent se retrouver « un peu livrées à elles-mêmes » et place le manque d'orientation parmi les choses « à perfectionner ». Au CHM, la gynécologue Diane Bula-Ibula rappelle que le dépistage organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans, même sans symptôme, et conseille de passer par une PMI, une sage-femme libérale ou un médecin généraliste, puis de se présenter à l'hôpital si les délais s'allongent. Ses consultations d'onco-gynécologie sont « bien remplies ». Un numéro unique, connu des PMI, des sages-femmes et des pharmacies, qui donne un rendez-vous de mammographie à la femme qui appelle, répondrait directement à ce manque d'orientation.

La marche de dimanche sert aussi à payer ce que le système de soins ne fournit pas. Selon l'infirmière d'ASCA, les événements du mois permettent de récolter des fonds pour acheter du matériel et préparer des kits destinés aux patientes qui partent en évacuation sanitaire. La députée Estelle Youssouffa, présente dans le cortège, a décrit au micro de Mayotte la 1ère « un rendez-vous annuel très important qui permet de diffuser un message de prévention, de solidarité et d'amour pour les malades, les familles, et les soignants ». Les soignants du CHM et des PMI portent une campagne dont les associations financent une part de la logistique.

Un seul mammographe, à Mamoudzou

Parmi les demandes formulées lors de ce pré-bilan figure l'installation d'un mammographe en Petite-Terre. L'équipement existe à Mamoudzou. Pour une habitante de Labattoir ou de Pamandzi, une mammographie suppose donc la barge, un rendez-vous tenu à l'heure et le retour, souvent sur une demi-journée. Pour une femme de Kani-Kéli ou de M'tsamboro, sans voiture, le trajet en taxi collectif jusqu'à Mamoudzou pèse autant. L'ARS doit dire, avant la campagne 2027, si elle retient pour la Petite-Terre un mammographe fixe ou des journées régulières d'un appareil mobile.

Le directeur de la PMI de Mayotte, Abdon Goudjon, a résumé l'enjeu d'une phrase rapportée par Le Journal de Mayotte : « Le dépistage précoce sauve des vies, un dépistage tardif, c'est une perte de chance. » Il ajoutait que si les dépistages sont tardifs, le taux de survie « ne doit pas être bon ». Il parle d'un taux que personne ne connaît. Les intervenants regrettent l'absence de données consolidées sur le nombre de cas et sur la guérison à Mayotte, alors que dans l'Hexagone neuf patientes sur dix guérissent du cancer du sein.

Ce site demandait le 21 octobre à l'Agence régionale de santé de publier les chiffres du dépistage mahorais, absents de la comparaison nationale. Le CRCDC annonce désormais des chiffres définitifs de participation « courant novembre », une fois les données vérifiées. Le CRCDC peut fixer dès maintenant le jour de cette publication, et donner, commune par commune si la taille des échantillons le permet, le nombre de femmes de 50 à 74 ans qui ont réellement passé l'examen, pour que les mairies sachent où porter l'effort.

Les femmes invitées à la mammographie en octobre sont une centaine. Le bilan de novembre du CRCDC devrait dire combien d'entre elles ont déjà un rendez-vous, et à quelle date.

Sources

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