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Après Chido, un livre pour faire connaître les récifs de Mayotte aux élèves de CM2

Quatre chercheurs présentent ce samedi à Passamaïnty un ouvrage sur les coraux mahorais, dont 45 % sont morts en moyenne après le cyclone. Il n'existe pour l'instant qu'en quelques exemplaires, et les sorties sur le récif manquent de maîtres-nageurs.

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Après Chido, un livre pour faire connaître les récifs de Mayotte aux élèves de CM2
Photo : Corail fracassé — Frédéric Ducarme, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Samedi 31 octobre, à 9 heures, dans le jardin de la Bouquinerie de Passamaïnty, quatre chercheurs présentent un livre sur les récifs coralliens de Mayotte écrit pour des enfants de CM2. Ce petit livre touche à l'un des écosystèmes les plus abîmés de l'île et à une lacune que ses auteurs décrivent sans détour, puisqu'à les entendre on parle énormément des récifs à Mayotte sans en savoir grand-chose. Le rectorat et le Parc naturel marin devraient l'acheter par séries pour les écoles de l'île.

Le constat est de l'anthropologue Georgeta Stoica, interrogée par Flash Infos le 30 octobre. Le livre est né du projet Aquamarine, financé par la Fondation de France, qui étudie notamment les aires marines éducatives et la façon dont les connaissances circulent. Le biologiste marin Rakamaly Madi Moussa raconte avoir dû réécrire ses premiers textes, qu'un autre auteur, Philippe Charpentier, ne comprenait pas toujours. L'ouvrage s'ouvre sur un témoignage de Bernard Thomassin, qui a étudié pendant des décennies l'évolution des récifs mahorais, et explique les mots savants au fil du texte, sans renvoyer à un glossaire.

45 % de coraux morts en moyenne après Chido

En août 2025, huit mois après Chido, le Parc naturel marin de Mayotte, appuyé par les bureaux d'études Marex et Créocéan, estimait que le cyclone avait tué en moyenne 45 % des coraux de l'île, avec jusqu'à 88 % de mortalité par endroits dans le nord-est, selon Outremers360. Ajoutée au blanchissement lié à El Niño en 2024, la mortalité cumulée atteignait 66 %, pour une perte de 35 % de la surface couverte par le corail. L'étude jugeait l'épisode sans équivalent depuis 1998. En décembre 2025, Mayotte Hebdo suivait les plongeurs du parc et de Marex sur 21 stations, pour un premier bilan de terrain qui décrivait des récifs encore très marqués par le cyclone et par le réchauffement.

Rakamaly Madi Moussa en tire les conséquences concrètes. Après Chido, des pêcheurs ont dû chercher de nouveaux coins parce que leurs récifs habituels avaient disparu ou étaient endommagés, et « quand il n'y a plus de récifs, il y a aussi moins de poissons ». Il rappelle que la barrière protège les côtes de la houle du large. Le livre cite un cas où il a fallu sept à dix ans à un récif pour retrouver une couverture corallienne importante après un cyclone, à condition qu'aucune nouvelle perturbation ne survienne entre-temps. Or le biologiste cite parmi les menaces le réchauffement, l'acidification, les tempêtes et les proliférations de l'étoile de mer Acanthaster planci, qui dévore les coraux.

Le Parc marin disait en 2025 que la priorité était désormais de « conserver les récifs qui ont résisté », par la voix d'Oriane Lepeigneul, et de réduire les pressions humaines, pollution et dégradation de la qualité de l'eau en tête. Georgeta Stoica conteste l'idée reçue selon laquelle les Mahorais tourneraient le dos au lagon. La pêche et les pratiques culturelles ont toujours lié l'île à la mer. Elle note en revanche que des élèves apprennent ce qu'est un polype ou la symbiose sans en avoir jamais vu.

Une poignée d'exemplaires à Passamaïnty

Le livre n'est disponible qu'en peu d'exemplaires à la Bouquinerie de Passamaïnty, et il peut être commandé en ligne, une diffusion dont les auteurs reconnaissent eux-mêmes la faiblesse, pour un ouvrage destiné à des élèves de CM2. Ils veulent l'utiliser dans les formations universitaires et dans le projet Colore les murs, mené avec le rectorat et le GIP Mayotte pour sortir les apprentissages de la classe. Ils insistent aussi sur le manque de maîtres-nageurs, sans lesquels aucune sortie d'élèves sur le récif ne peut se faire en sécurité.

Un jeu complet par école engagée dans une aire marine éducative suffirait. Les enseignants de cycle 3 y trouveraient des textes déjà réécrits pour des enfants de dix ans.

Pour les sorties, le Département-Région et l'État pourraient financer la formation de maîtres-nageurs. Rakamaly Madi Moussa assure qu'observer les récifs sous l'eau change le regard qu'on porte sur eux.

La présentation de Passamaïnty, ouverte à tous, s'accompagne d'une exposition de livres sur l'environnement marin. Le cyclone Chido aura deux ans le 14 décembre, un an après le premier bilan de terrain des plongeurs du parc et de Marex sur 21 stations.

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