他の

Au lycée du Nord de Mtsangadoua, la cuisine attendra 2031 et les grévistes voient leur salaire retenu

Deux mois après le début de la grève, le calendrier du rectorat prévoit des préfabriqués en janvier, des modulaires en septembre 2027 et une cuisine dont les travaux ne commenceraient qu'en 2031. Les représentants des personnels dénoncent des retenues de salaire et n'excluent pas de reprendre le mouvement.

Version audio
Partager
Au lycée du Nord de Mtsangadoua, la cuisine attendra 2031 et les grévistes voient leur salaire retenu
Photo : Mtsanga fanou — Frédéric Ducarme, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

2031. C'est l'année où doivent commencer, selon le calendrier remis par le rectorat aux représentants des personnels, les travaux d'une cuisine au lycée polyvalent du Nord, à Mtsangadoua, dans la commune d'Acoua. Le site Le Journal de Mayotte a publié lundi 2 novembre le compte rendu qu'en font l'intersyndicale et ses alliés, après le dernier comité de suivi. L'établissement n'a pas de cantine. En attendant, quatre vendeuses mobiles de repas doivent s'installer près du portail, « incessamment », écrivent les représentants.

Le conflit a commencé le 31 août. Ce jour-là, les enseignants, le personnel et l'association La Voix des Sans-Voix, majoritaire au conseil d'administration, lançaient une grève illimitée contre l'arrivée de 125 élèves de seconde supplémentaires. D'après Mayotte Hebdo, l'effectif atteindrait 2 300 élèves selon les chiffres des grévistes, dans un ancien collège qui, à en croire un membre du personnel, avait été conçu pour 900. Près de quatre semaines plus tard, les cours n'avaient toujours pas repris. Le rectorat proposait alors, toujours selon Mayotte Hebdo, 69 heures supplémentaires par semaine, deux contrats aidés, quatre préfabriqués et entre sept et onze structures modulaires. Les grévistes acceptaient provisoirement des secondes à 30 élèves si l'administration s'engageait à revenir à 25 à la rentrée d'août 2027.

Deux mois plus tard, les représentants jugent que les engagements « semblent pour l'instant tenus » sur le bâti. Des toilettes installées dans un bâtiment modulaire sont ouvertes aux élèves, d'autres sanitaires sont annoncés pour le 5 novembre. Des préfabriqués doivent arriver en janvier 2027 sur le parking des enseignants, avant des modulaires avec salles de cours et sanitaires pour la rentrée de septembre 2027. Une clôture en parpaings, sur le modèle de celle du lycée de Kahani, est prévue à la même date. Deux assistants d'éducation ont été recrutés, deux postes restent à pourvoir, dont un pour l'encadrement du kayak, activité pour laquelle les professeurs d'EPS avaient décrit en septembre des passants armés de machettes près de la plage.

Retenues de salaire avant le comité de décembre

Le ton du communiqué change sur la paie. Des retenues apparaissent sur les comptes des personnels grévistes, alors que le directeur des ressources humaines avait promis, selon eux, d'étudier leur demande de maintien de salaire « avec bienveillance ». Ils parlent d'une promesse orale « pas tenue » et conseillent aux agents de se tourner vers un syndicat. Sur les effectifs, ils maintiennent l'objectif de 25 élèves par seconde, que le proviseur soutiendrait, et refusent que le plafond passe par le « projet Cardie », un dispositif d'innovation pédagogique, qui « ne doit pas être une condition bloquante ». Ils se réservent le droit de reprendre le mouvement avec la Coalition du Nord.

Ce dossier nous semble mal engagé sur un point précis, la parole donnée. Une administration a le droit de retenir le salaire des jours de grève, et la fin d'un conflit sert souvent à négocier l'étalement de ces retenues ou l'abandon d'une partie. Laisser espérer une issue favorable puis prélever sans un mot écrit abîme la confiance dont le comité de suivi a besoin. Le rectorat doit donc écrire ce qu'il a décidé, avec le nombre de jours retenus et l'échéancier, avant le comité de suivi prévu juste avant les vacances de décembre, puisque cette réponse pèsera sur une reprise ou non de la grève.

Le calendrier des travaux pose une question plus lourde. Un lycée de plus de 2 000 élèves, sans restauration scolaire, dans une commune éloignée de Mamoudzou, va donc vivre encore au moins cinq rentrées avec des repas achetés à des vendeuses ambulantes ou apportés de la maison. Le rectorat n'a pas expliqué publiquement pourquoi la cuisine arrive après la clôture et les modulaires. Le chantier d'une cuisine collective prend du temps, nous l'admettons volontiers. Aucune solution intermédiaire ne figure pourtant au calendrier, comme des repas livrés par une cuisine centrale ou un local de distribution dans un modulaire, alors que les élèves passent la journée sur place. Le rectorat devrait donner une date de mise en service, en 2027, pour un service de repas même provisoire.

Les résultats du lycée plaident pour ses enseignants. La professeure documentaliste citée par Mayotte Hebdo rappelait en septembre les 15 mentions très bien obtenues au baccalauréat 2026, « deux points au-dessus de la moyenne académique », un résultat inédit selon elle. Ces chiffres ont été obtenus avec des secondes à 25 élèves, financées sur la dotation de l'établissement. Le plafond de 25 élèves pour la rentrée 2027 devrait donc être écrit noir sur blanc, sans lien avec le projet Cardie.

Les élèves de seconde d'aujourd'hui auront quitté le lycée avant 2031, année annoncée pour le début des travaux de la cuisine.

Sources

Cet article vous a intéressé ? Partagez-le :

Partager

La semaine de Chef Bé

Chaque samedi matin, les articles les plus lus de la semaine sur Mayotte, dans votre boîte e-mail. Gratuit, sans publicité, désinscription en un clic.

コメントがありません
Annoncez sur Chef Bé dès 5 €, votre marque devant tout MayotteAnnonce Chef Bé