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Bandrélé confie ses écoles à l'État, quatorze mois avant la date butoir de la loi d'urgence

Un arrêté publié au Journal officiel le 22 octobre ajoute la commune à la liste prévue par l'article 3 de la loi d'urgence. L'État peut y reconstruire les écoles et doit les rendre au plus tard le 31 décembre 2027.

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Bandrélé confie ses écoles à l'État, quatorze mois avant la date butoir de la loi d'urgence
Photo : Dapani — Frédéric Ducarme, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Journal officiel du 22 octobre a changé le maître d'ouvrage des écoles de Bandrélé. Un arrêté du ministre de l'Éducation nationale daté du 6 octobre ajoute la commune à la liste de celles dont l'État, ou un établissement public qu'il désigne, peut reconstruire et rénover les écoles publiques à leur place. Jusqu'ici, cette liste fixée par un arrêté du 9 juillet 2026 se terminait par Ouangani. Bandrélé y figure désormais, plus de dix-huit mois après le vote de la loi qui a créé cette possibilité.

Le mécanisme vient de l'article 3 de la loi d'urgence pour Mayotte du 24 février 2025. Par dérogation au code de l'éducation, l'État peut assurer à la demande d'une commune « la construction, la reconstruction, la rénovation, la réhabilitation, l'extension, les grosses réparations et l'équipement des écoles publiques » touchées par Chido ou par les intempéries survenues entre le 13 décembre 2024 et le 13 mai 2025. Les bâtiments sont alors mis à sa disposition le temps des travaux. La commune garde la main sur l'essentiel, puisque l'implantation d'une nouvelle école et le nombre de classes restent soumis à son avis conforme. La loi impose aussi plusieurs points d'eau potable et un espace de restauration scolaire dans chaque école neuve ou reconstruite, avec une conception qui permette d'ajouter une production d'énergie renouvelable.

Les visas de l'arrêté renvoient au décret du 7 août 2025 relatif à l'Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRD Mayotte), issu de la transformation de l'Établissement public foncier et d'aménagement de Mayotte (EPFAM). C'est lui qui coordonne ces chantiers, selon Mayotte Hebdo, qui indiquait après les municipales que trois communes avaient fait ce choix, Ouangani, Bandrélé et Dembéni. Le journal relevait aussi que les communes qui délèguent ainsi leurs travaux voient diminuer leur part de taxe d'aménagement liée à ces chantiers.

Le 31 décembre 2027 comme date de remise

Le texte de loi fixe une borne que l'arrêté ne change pas. « Au 31 décembre 2027 au plus tard », l'État ou l'établissement public doit remettre les biens à leurs propriétaires, ou aux communes pour les bâtiments neufs. Entre la publication de l'arrêté et cette échéance, un peu plus de quatorze mois restent pour les études, les marchés, le chantier et la réception à Bandrélé, sur une île où les livraisons de ciment et d'acier dépendent du port de Longoni et où les entreprises du bâtiment sont déjà très sollicitées par la reconstruction.

Le choix fait par Bandrélé est le bon, et l'on comprend mal pourquoi il a fallu attendre octobre pour qu'il soit officiel. Une commune de taille moyenne n'a ni les ingénieurs ni la trésorerie pour porter seule plusieurs reconstructions d'écoles en même temps, surtout après une saison de dégâts. Confier la maîtrise d'ouvrage à l'État, qui dispose d'un établissement dédié et de crédits de reconstruction, est une façon sensée de protéger les élèves des classes dégradées et des rotations. Le temps gagné sur les procédures a d'ailleurs commencé à se perdre dans les bureaux, puisqu'entre la décision communale rapportée par la presse et la parution de l'arrêté, plusieurs mois se sont écoulés pendant lesquels rien ne pouvait juridiquement commencer pour le compte de l'État.

Dans les villages de la commune, à Nyambadao, Dapani ou Hamouro, les parents attendent des réponses précises. L'arrêté ne dit pas quelles écoles seront reconstruites, rénovées ou simplement réparées, et aucun des documents publiés ne donne de budget ni de calendrier. EPRD Mayotte peut publier dès maintenant, école par école, la liste des opérations prévues dans la commune, leur coût et la date visée pour la rentrée des élèves. La municipalité, qui conserve son avis conforme, peut présenter ces plans en réunion publique avant de les valider. Ces plans devront aussi montrer comment les obligations de la loi sont tenues, en particulier les points d'eau potable et la cantine. Dans des écoles soumises depuis des années aux tours d'eau, et où la collation remplace encore souvent le repas chaud, les parents jugeront d'abord les plans sur ces deux équipements.

Si les opérations de Bandrélé ou d'Ouangani ne peuvent pas être livrées avant la fin de 2027, le gouvernement doit dire dès maintenant s'il proposera au Parlement de prolonger le dispositif, ou comment une commune qui n'avait pas les moyens de porter ces chantiers récupérerait des écoles inachevées.

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