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Dimanche à Hagnoundrou, un feu attendait faute de camion de pompiers disponible

Au lendemain de onze feux d'espaces naturels que le SDIS attribue tous à des cultivateurs, les pompiers ont manqué de véhicules dimanche. Vingt-trois hectares brûlés à Jimawéni, un transformateur détruit à Dapani, un incendie aux portes de Bouéni.

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Dimanche à Hagnoundrou, un feu attendait faute de camion de pompiers disponible
Photo : Padzas à Chirongui (Mayotte) — Timothée Rey, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Dimanche matin, un feu brûlait à Hagnoundrou, dans la commune de Bouéni, et les sapeurs-pompiers ne pouvaient pas s'y rendre. Tous leurs véhicules étaient déjà engagés ailleurs, a rapporté Mayotte la 1ère. À la même heure, le feu de Jimawéni, à Sada, avait déjà parcouru 23 hectares. Sept hectares avaient brûlé sur la route du mont Bénara. Des foyers restaient actifs à M'tsangamouji, à Miréréni, à Kani-Kéli et à Bambo-Ouest. À Dapani, les flammes ont détruit un transformateur d'EDM et un câble, et le village s'est retrouvé sans électricité.

Ce site a déjà relevé, au lendemain des feux de samedi, que l'arrêté préfectoral d'interdiction temporaire du feu annoncé en juillet n'était toujours pas pris. Depuis, le service départemental d'incendie et de secours a livré son propre diagnostic. Selon L'info Kwezi, le SDIS a compté onze feux d'espaces naturels samedi, et les attribue tous à des cultivateurs qui les ont allumés volontairement dans leurs champs. Le lendemain, ce même service a dû laisser un feu sans réponse, et cette saturation est nouvelle.

Le reste du week-end n'a guère soulagé les équipes. D'après Le Journal de Mayotte, l'hélicoptère bombardier d'eau a été appelé à Bambo, où le feu s'approchait des maisons et d'une antenne-relais. Au mont Bénara, deuxième jour de lutte, les pompiers ont mis à l'abri dix-huit bovins. À Ironi Bé, un feu menaçait des habitations et un dépôt industriel. En début d'après-midi, un autre incendie, parti de Moinatrindi, est arrivé aux portes de Bouéni, et l'hélicoptère a enchaîné les rotations pour puiser l'eau à Bambo Beach. Le capitaine Danglades, cité par le même journal, désigne la culture sur brûlis comme cause principale des départs de ce week-end, en mentionnant aussi des feux allumés par des jeunes pour attirer les forces de l'ordre. L'origine de plusieurs incendies reste indéterminée.

Les dégâts ne s'arrêtent pas au soir de l'incendie. Le SDIS, dans le même message, s'inquiète pour les forêts, pour les animaux privés de leur habitat et pour des sols « qui s'appauvrissent ». Sur une île où les padzas, ces plaques de terre rouge mise à nu, entaillent déjà les collines du Sud, chaque pente brûlée en octobre se retrouve sans couvert végétal à l'arrivée des premières fortes pluies. La terre part alors vers les ravines, puis vers le lagon. Une coupure comme celle de Dapani se répare en quelques heures ou en quelques jours, selon l'état du réseau, quand les pentes brûlées de Sada ou du mont Bénara mettront des années à reverdir.

Onze champs, onze feux

Si le diagnostic du SDIS est juste, la réponse se trouve d'abord dans les parcelles, et elle a des interlocuteurs identifiables. La direction de l'agriculture, la chambre d'agriculture et les communes savent où l'on cultive le manioc et la banane sur les pentes du Sud et du Centre. Les villages touchés ce week-end, Sada, Chirongui, Bouéni, Kani-Kéli, M'tsangamouji, dessinent une carte assez nette. Un agent qui passe dans ces champs avant la saison sèche, avec une aide au broyage ou au paillage, vaudra mieux qu'un communiqué de plus. Le SDIS l'écrit lui-même dans son appel relayé par la presse, « STOP à la culture sur brûlis ! ».

Le brûlis est une technique ancienne à Mayotte, et beaucoup de cultivateurs n'ont pas d'autre moyen de préparer une parcelle. Les pratiques bougent avec un broyeur prêté, ou avec une date de brûlage contrôlé fixée par temps calme, en présence d'un pompier. Rien de tout cela n'a été annoncé publiquement cette année, alors que les feux se multiplient depuis août selon le SDIS.

La saturation du dimanche regarde l'État, puisque le préfet dirige les opérations de secours. Un incendie laissé sans engin parce que tous les camions sont pris, sur une île de 374 kilomètres carrés où les feux se rapprochent des maisons, des pylônes et des réseaux électriques, relève de la sécurité civile. Le préfet peut solliciter des renforts nationaux, en hommes comme en engins, quand la saison l'exige. La préfecture l'a-t-elle envisagé cette fois ? Elle ne l'a pas dit.

La préfecture peut signer avant le prochain week-end l'arrêté d'interdiction temporaire du feu annoncé depuis juillet. Le SDIS gagnerait à publier chaque lundi, jusqu'aux pluies, le nombre de feux traités, les surfaces brûlées et les interventions impossibles faute de moyens, car ces chiffres justifieraient une demande de renfort. La chambre d'agriculture et la direction de l'agriculture peuvent présenter avant la fin novembre un plan de visite des parcelles des communes du Sud. Lundi 2 novembre au matin, aucun de ces documents n'était public.

Sources

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