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Douze assistants d'éducation pour 2 500 lycéens, Tsararano reste fermé jusqu'à lundi

Après trois couteaux saisis et un élève blessé à l'arme blanche depuis la rentrée du 26 octobre, les personnels du lycée de Dembéni ont exercé leur droit de retrait. Une délégation doit être reçue ce vendredi au rectorat, sans certitude sur la reprise des cours.

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Douze assistants d'éducation pour 2 500 lycéens, Tsararano reste fermé jusqu'à lundi
Photo : Le quartier Tsararano 03 — Adansonia rayanne2, CC0, via Wikimedia Commons

« Depuis lundi, les élèves ne trouvent plus à manger. » La phrase est de Soidiki Assibatu, représentant du personnel FSU au lycée de Tsararano, et elle a été prononcée devant Mayotte la 1ère le 5 novembre, le jour où le rectorat a fermé l'établissement jusqu'à lundi. Le représentant syndical l'attribue à l'arrêté de la mairie de Dembéni qui interdit la vente à la sauvette. Privés des vendeuses installées aux abords, les lycéens sortent et s'éloignent pour trouver de quoi manger, au moment même où les personnels réclament qu'ils restent à l'abri.

Voilà comment, autour de ce lycée, les décisions s'empilent sans que personne ne les coordonne. La commune a voulu agir contre les rixes de jeunes, et chef-be.fr avait déjà relevé, le 3 novembre, ce que l'arrêté coûtait aux vendeuses de bord de route. Il coûte aussi quelque chose aux 2 500 élèves environ que compte l'établissement.

Trois couteaux en une semaine

Depuis la rentrée du 26 octobre, d'après Mayotte la 1ère, les incidents se multiplient dans l'enceinte et aux abords. Trois couteaux ont été saisis en début de semaine, et des tournevis ainsi qu'une chaîne auraient également été retrouvés. Des affrontements entre groupes rivaux, des jets de pierres et des tentatives d'intrusion sont signalés régulièrement, et de nouvelles violences ont éclaté dans la cour le mardi 3 novembre. Au moins un élève a été blessé à l'arme blanche à l'intérieur du lycée. Le procureur de la République a confirmé à la chaîne l'existence d'une enquête, « avec un auteur identifié qui nie les faits ». La victime présenterait des blessures superficielles. Les personnels ont alors exercé leur droit de retrait.

Un mois plus tôt déjà, le 5 octobre, en pleine période de blocus, une trentaine de personnes s'étaient rassemblées devant le lycée, des pierres avaient été lancées et un barrage enflammé dressé sur la route, tandis que des élèves confinés recevaient les soins des pompiers. Deux jeunes hommes de 18 ans ont été condamnés le 8 octobre à six mois de prison ferme par le tribunal judiciaire de Mamoudzou, a rapporté Mayotte Hebdo. Le 4 novembre, plus au nord, au pôle d'échanges de Dzoumogné, une dizaine de jeunes sont montés dans un car scolaire et s'en sont pris à des élèves, selon des témoins cités par L'info Kwezi, qui fait état d'au moins trois blessés légers et de deux mineurs placés en garde à vue.

Une douzaine d'adultes pour surveiller les récréations

Reste une question que le rectorat aura tout le week-end pour examiner, celle des assistants d'éducation. Le lycée en compterait une douzaine, soit à peu près un pour deux cents élèves, selon le représentant FSU. « Généralement, c'est pendant les récréations que les violences éclatent », explique-t-il. Avec si peu d'adultes dans la cour, la surveillance tient de la loterie, et un enseignant confie à la chaîne qu'il arrive au lycée et en repart « par peur de recevoir des cailloux ».

Après une semaine pareille, le rectorat ne pouvait guère faire autrement que fermer, et le droit de retrait existe pour cela. Mais la fermeture a un coût que l'on mesure mal. Elle renvoie 2 500 adolescents chez eux, souvent dans les mêmes quartiers que ceux d'où viennent les tensions, et elle retarde encore des programmes déjà amputés par les blocus et les grèves de l'automne. Une réouverture lundi sans changement visible dans l'organisation du lycée exposerait les mêmes élèves aux mêmes risques.

Avant lundi, le rectorat doit aux personnels et aux familles un engagement chiffré. Combien d'assistants d'éducation supplémentaires seront affectés à Tsararano, pour combien de temps, et à quelle date seront-ils présents ? Les récréations, moment désigné par les personnels, pourraient être décalées par niveau pour réduire le nombre d'élèves dans la cour au même instant, mesure qui ne coûte rien. Avec la mairie de Dembéni, il faudra aussi régler la question des repas. Un point de vente encadré devant l'entrée ou une collation distribuée à l'intérieur garderait les élèves dans l'enceinte, ce qui sert l'objectif de sécurité poursuivi par l'arrêté municipal. Quant aux parents, ils doivent connaître les résultats de la réflexion engagée ce vendredi, puisque ce sont eux qui, les premiers, devront décider si leurs enfants retournent en classe.

Ce vendredi 6 novembre après-midi, un conseil pédagogique associant les CPE et le directeur délégué aux formations doit se réunir au lycée, et une délégation d'une dizaine de personnes doit être reçue au rectorat par la directrice de cabinet, selon Mayotte la 1ère. La chaîne précisait jeudi qu'il n'y avait « aucune certitude » sur le retour des élèves le lundi 9 novembre.

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