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Emporté par Chido, le panneau de Zéna M'Déré revient à Pamandzi sans un mot de shimaoré

Dévoilé le 26 octobre près de sa tombe, le nouveau panneau raconte la cheffe de file des Chatouilleuses en français et en anglais. La stèle détruite par le cyclone attend toujours une date de pose, et le lavoir de la rue Télécom aucune protection connue.

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Emporté par Chido, le panneau de Zéna M'Déré revient à Pamandzi sans un mot de shimaoré
Photo : Pamandzi (3060481415) — mwanasimba from La Réunion, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Lundi 26 octobre, devant le cimetière de la mosquée Chiwawa de Pamandzi, près de la tombe de Zéna M'Déré, le maire Issoufi Maandhui a expliqué pourquoi il fallait recommencer : « Nous allons dévoiler ce panneau parce que, rappelez-vous, l'ancien que nous avions installé le cyclone Chido l'a balayé ». Le texte raconte la vie de la cheffe de file des Chatouilleuses en français et en anglais, et un QR code renvoie vers des compléments, rapporte Le Journal de Mayotte. Il a été offert à la commune par Chadia Saïdali, présidente de l'office de tourisme de Petite-Terre.

Chadia Saïdali mérite un merci pour ce cadeau, et je regrette pourtant qu'il manque au panneau la langue de celle qu'il honore. Les habitants de Pamandzi qui passent devant sa tombe parlent shimaoré bien plus souvent qu'anglais. Un panneau en français et en anglais parle surtout aux visiteurs. Une version en shimaoré coûterait une plaque de plus et permettrait aux enfants de Pamandzi de lire la vie de Zéna M'Déré dans la langue qu'ils parlent à la maison.

Le dévoilement a ouvert la semaine que la ville consacre, du 26 octobre au 1er novembre, aux 27 ans de la disparition de Zéna M'Déré. Placée sous le nom de Maoulida Shengué, en hommage à Zéna M'Déré et aux Chatouilleuses, elle se tient pour l'essentiel place Congrès, lieu historique du mouvement, selon le programme publié par le Journal de Mayotte. Mardi 27 octobre, date anniversaire de sa mort en 1999, est réservé aux expositions et aux tables rondes. Des collégiens et des lycéens se mesurent mercredi dans des joutes d'éloquence. Jeudi, la bibliothèque municipale accueille l'exposition patrimoniale MUMA. Vendredi à 9 heures, Alain-Kamal Martial donne une conférence sur l'époque, l'engagement et la transmission de sa mémoire. La semaine s'achève par le grand maoulida shengué, de samedi 22 heures à dimanche 7 heures.

Du lavoir de la rue Télécom à la place Congrès

Née en 1922 d'une mère mahoraise et d'un père malgache, Zéna M'Déré a pris la tête, dans les années 1960, du mouvement de femmes qui harcelait les représentants des Comores par des « commandos » de chatouilles, rappelle Mayotte la 1ère. La chaîne situe en 1966 le transfert de la capitale de l'archipel de Dzaoudzi à Moroni. De ce soulèvement est sorti le Mouvement populaire mahorais, vainqueur de la consultation de 1974 qui a maintenu Mayotte dans la République. Zéna M'Déré a été faite chevalier de la Légion d'honneur en 1991, puis officier le 14 juillet 1999. En 2012, la Monnaie de Paris a frappé une pièce de 10 euros à son effigie.

Les Comores revendiquent toujours Mayotte et racontent cette histoire autrement, et les jeunes qui l'apprennent à Pamandzi gagneraient à connaître aussi cette version. Les tables rondes de mardi et la conférence d'Alain-Kamal Martial vendredi offrent aux élèves l'occasion de poser la question.

Avant la semaine, les agents municipaux ont aussi nettoyé le lavoir situé à l'angle de la rue Télécom et de la rue du Jardin, où les femmes de Pamandzi, dont les Chatouilleuses, se retrouvaient pour parler, d'après Le Journal de Mayotte. Aucun des articles parus ne mentionne de protection pour ce lavoir. S'il n'en a pas, il mérite au minimum une plaque, puis une demande d'inscription au titre des monuments historiques ou d'un label patrimonial que la commune pourrait déposer auprès de la direction des affaires culturelles. Le premier panneau et la stèle de Pamandzi ont tous deux disparu au passage de Chido, le 14 décembre 2024.

Une stèle encore attendue

La municipalité a annoncé l'installation prochaine d'une nouvelle stèle, qui remplacera l'ancienne, détruite elle aussi par le cyclone, sans en donner la date. Près de deux ans après Chido, les écoles et l'eau passent avant le patrimoine dans la reconstruction de Mayotte, et cet ordre se défend. Une stèle coûte pourtant peu à côté d'une salle de classe. Pamandzi pourrait la financer avec l'appui du Département et de l'État, et fixer sa pose au prochain anniversaire au plus tard.

La municipalité veut aussi, avec cette semaine, faire connaître son histoire aux jeunes générations. Ce souhait suppose des traces qui durent après le maoulida, à commencer par l'enregistrement des témoins encore vivants du mouvement et des textes dans la langue des élèves. Le panneau et son QR code en donnent un premier exemple. Je lui demande d'annoncer, à l'occasion de la conférence du vendredi 30 octobre, la date de pose de la nouvelle stèle et la traduction du panneau en shimaoré.

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