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Huit jours à sec sur les hauteurs de Kani-Kéli, et chaque remise en eau rouvre la conduite de la mangrove

Réparée mercredi, la conduite qui alimente M'bouanatsa, Kani-Kéli et Kani-Bé a cassé de nouveau à la remise en pression. Des citernes sont arrivées jeudi, mais Les Eaux de Mayotte ne donnent toujours aucune date de retour à la normale.

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Huit jours à sec sur les hauteurs de Kani-Kéli, et chaque remise en eau rouvre la conduite de la mangrove
Photo : Choungui & Kani-Kéli — Frédéric Ducarme, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Dimanche 8 novembre, les habitants des hauteurs de Kani-Kéli entament leur huitième jour sans eau au robinet. La conduite d'adduction qui alimente leur village, ainsi que M'bouanatsa et Kani-Bé, a cassé le dimanche 1er novembre. Selon Mayotte la 1ère, la réparation s'est achevée mercredi, puis la remise en eau a provoqué plusieurs nouvelles ruptures de la même canalisation. Dans le bas de Kani-Kéli, certains foyers ont retrouvé de l'eau, tandis que les maisons des hauteurs restent à sec depuis une semaine.

Nous avions écrit le 5 novembre que cette fonte rouillée dans la mangrove n'avait pas de date de sortie dans le Plan Eau. Depuis, des citernes d'eau potable ont été installées jeudi dans les trois villages, et le syndicat Les Eaux de Mayotte (LEMA) a diffusé dans la nuit de vendredi à samedi un communiqué assurant, avec son délégataire la SMAE, que « les équipes techniques sont mobilisées sur le terrain pour réparer les différentes casses et rétablir le service dans les meilleurs délais ». Le texte ne fixe pas de date et remercie les habitants « pour leur patience et leur compréhension ».

La patience des usagers du Sud a déjà beaucoup servi. La SMAE elle-même a décrit la faiblesse de ce tronçon, rapporte la chaîne publique. Les tuyaux en fonte traversent la mangrove, l'eau de mer les attaque, et la pression de chaque remise en service suffit à ouvrir une nouvelle fuite là où le métal est le plus mince. La procédure ordinaire de réparation, qui consiste à boucher le trou puis à remettre la pression, met donc à l'épreuve tout le reste d'une conduite déjà fragile, et chaque intervention réussie peut en déclencher une autre quelques mètres plus loin. C'est ce que les habitants de M'bouanatsa et de Kani-Bé ont vu se produire entre mercredi et vendredi.

Le plan Eau Mayotte 2024-2027 prévoit pourtant de déplacer ou de remplacer certaines canalisations par du polyéthylène haute densité, un matériau qui ne craint pas la corrosion. La SMAE cite un précédent tout proche, la portion entre Sada et Chirongui, récemment déplacée pour l'éloigner de la mangrove et la rendre accessible. La difficulté porte sur le calendrier, car personne n'a dit publiquement quand viendrait le tour de Kani-Kéli, ni combien de mètres de fonte restent sous la vase entre M'bouanatsa et Kani-Bé.

Ce silence pèse d'autant plus que les ressources de l'île baissent, de l'eau en bouteille doit être importée de Maurice, selon Mayotte Hebdo, et la députée Anchya Bamana a de nouveau demandé, dans un courrier du 19 octobre à la ministre des Outre-mer, le déclenchement du plan Orsec eau potable ainsi que l'arrêt de la facturation des abonnés tant que les coupures dureront, selon Mayotte la 1ère. Dans ces conditions, perdre l'eau d'une semaine à cause d'un tuyau dont l'exploitant lui-même décrit la faiblesse relève d'un choix d'investissement, et la responsabilité en revient au syndicat et à ses financeurs, parmi lesquels l'État pour le plan Eau.

Sur les hauteurs, où les familles sont souvent sans voiture, l'attente se mesure en trajets. Une famille de six personnes qui n'aurait qu'une citerne au bas du village pour boire, cuisiner et se laver, doit multiplier chaque jour les allers-retours, bidons à la main, sur des pentes raides. Les Eaux de Mayotte peuvent dès cette semaine faciliter la tâche de ces familles en publiant un point quotidien, village par village, avec l'emplacement des citernes et leurs horaires de remplissage. Ni les écoles ni les petits commerces de bouche des trois villages n'ont fait l'objet d'une information particulière sur la façon dont ils seront approvisionnés. Le communiqué qui promet les « meilleurs délais » n'aborde pas ces questions.

Sans attendre la fin du plan, le syndicat peut aussi indiquer la longueur de conduite en fonte encore posée en milieu salin dans la commune, la date prévue de son remplacement et le coût de l'opération, comme cela a été fait pour Sada et Chirongui. Une semaine de service non rendu appelle un dégrèvement automatique sur la prochaine facture des abonnés concernés, sans démarche à faire en agence.

Des épisodes pluvio-orageux sont attendus à partir de ce lundi 9 novembre, selon les prévisions relayées par L'info Kwezi. Ils rempliront peut-être les réservoirs sans rien changer à la corrosion d'une fonte posée dans l'eau salée, et au matin du 8 novembre le syndicat n'avait communiqué aucune date de retour à la normale pour M'bouanatsa, Kani-Kéli et Kani-Bé.

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