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La Convention de Nairobi adopte un plan contre le plastique, et Mayotte regarde de loin

Réunis du 6 au 9 octobre en Tanzanie, plus de 1 600 délégués de l'océan Indien occidental ont adopté quinze décisions, dont une stratégie régionale contre la pollution plastique. La France est partie à la convention, mais Mayotte n'y aurait pas été représentée, selon Mayotte Hebdo.

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La Convention de Nairobi adopte un plan contre le plastique, et Mayotte regarde de loin
Photo : Pêcheurs au Nord du lagon - Mayotte — Camille ABDOURAZAK-AUGUSTIN, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À Zanzibar, certaines zones de pêche sont fermées pendant trois à cinq mois, puis rouvertes, le temps que les fonds se régénèrent. L'exemple a été l'un des plus remarqués de la douzième conférence des parties de la Convention de Nairobi, réunie du 6 au 9 octobre à Dar es Salaam, en Tanzanie, raconte Mayotte Hebdo. L'hebdomadaire y voit une « précieuse source d'inspiration » pour le parc naturel marin de Mayotte, qu'il décrit au centre d'« éternelles polémiques » entre les Affaires maritimes et les pêcheurs. Il ajoute un constat plus sévère, selon lequel Mayotte « a brillé par son absence » lors de ce rendez-vous.

Le reproche porte loin, car la Convention de Nairobi concerne directement l'île. Signée en 1985 sous l'égide du Programme des Nations unies pour l'environnement et entrée en vigueur en 1996, elle est le cadre de coopération pour le milieu marin et côtier de l'océan Indien occidental. Elle compte dix parties contractantes, dont les Comores, Madagascar, les Seychelles, Maurice, le Mozambique et la France, d'après le secrétariat de la convention. La France y siège pour ses territoires de la région, dont La Réunion et Mayotte. Le lagon de Mayotte, ses récifs et ses mangroves font partie du périmètre que ces États se sont engagés à protéger en commun.

Plastique, marées noires et mangroves

La conférence de cette année célébrait les quarante ans de la convention. Elle s'est achevée sur quinze décisions, selon le communiqué du Programme des Nations unies pour l'environnement repris par African Newspage. Les parties ont adopté une stratégie régionale de lutte contre la pollution plastique, un plan régional d'intervention en cas de pollution marine majeure et des actions pour appliquer le cadre mondial de Kunming-Montréal sur la biodiversité, avec de nouvelles initiatives pour les mangroves, les herbiers et les récifs coralliens. Plus de 1 600 délégués y ont participé, contre environ 200 lors de la conférence précédente, tenue à Antananarivo en 2024. Maurice a été élue à la présidence du bureau.

Le plastique qui s'échoue sur les plages de Petite-Terre ou de Sakouli voyage avec les courants du canal du Mozambique, sans se soucier des frontières. Une marée noire au large des Comores ou de Madagascar pourrait atteindre le lagon mahorais, et le plan d'intervention adopté à Dar es Salaam organise justement la réponse commune à ce genre d'accident. Les mangroves de Kawéni ou de Bouéni et les herbiers où se nourrissent les tortues vertes relèvent exactement des milieux que les nouvelles initiatives veulent protéger. Les Mahorais devraient donc savoir ce que la France a signé en leur nom, et pouvoir peser sur la façon de l'appliquer.

Qui parlait pour Mayotte ?

Je n'ai trouvé aucune trace publique de la composition de la délégation française à Dar es Salaam, ni d'une prise de parole mahoraise. Il est possible que des agents de l'État en poste à Mayotte y aient participé sans que cela ait été annoncé, et dans ce cas l'information aurait dû être rendue publique. Le Département-Région, compétent en matière d'environnement et de développement économique, le parc naturel marin et les associations de protection du lagon ont une expertise que les délégations voisines auraient trouvée utile, et qu'ils auraient pu confronter aux pratiques de Zanzibar, de Maurice ou de Madagascar.

L'éditorial de Mayotte Hebdo va plus loin et met en cause toute la classe dirigeante mahoraise, accusée de préférer l'affichage aux dossiers de fond. Le jugement me paraît rude et dépasse ce que les faits connus permettent d'établir, mais il touche juste sur la pêche. Les questions de pêche et de protection du lagon se règlent aujourd'hui, à Mayotte, dans un face-à-face tendu entre les pêcheurs et l'administration, alors que les voisins de l'île testent des solutions concrètes qui associent les communautés de pêcheurs à la gestion des zones fermées.

La fermeture temporaire pratiquée à Zanzibar a un avantage qui devrait intéresser les pêcheurs mahorais. Elle ne retire pas définitivement une zone, elle la met au repos pour une durée fixée à l'avance, puis la rouvre. Les pêcheurs savent quand ils reviendront et peuvent constater eux-mêmes si la ressource a repris. Une telle mesure ne peut fonctionner sans eux, ce qui en fait un bon terrain d'essai dans un territoire où la confiance entre pêcheurs et Affaires maritimes est faible.

Le ministère de la Transition écologique devrait publier la liste des membres de la délégation française et les engagements pris pour Mayotte au titre des quinze décisions. Le Département-Région a de son côté de bonnes raisons de demander dès maintenant à figurer dans la délégation de la prochaine conférence des parties, qui se réunit tous les deux ans et doit donc se tenir en 2028. J'attends surtout du parc naturel marin qu'il présente ces décisions à son conseil de gestion d'ici la fin de l'année et qu'il propose, avec les associations de pêcheurs volontaires, un essai de fermeture temporaire sur un site limité, avec un suivi scientifique public.

Sources

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