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La SIM s'engage à recycler les gravats de ses démolitions, sans tonnage mahorais publié

Signée le 4 novembre avec l'éco-organisme Ecominéro, la charte doit envoyer béton, bordures et ferraille vers le réemploi en voirie. Le seul bilan disponible additionne La Réunion et Mayotte, 168 000 tonnes à fin septembre.

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La SIM s'engage à recycler les gravats de ses démolitions, sans tonnage mahorais publié
Photo : Kaweni10 — Mayotte.orange, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Plusieurs bâtiments de la Société immobilière de Mayotte doivent être démolis dans les prochains mois. Leurs gravats, béton, bordures et ferraille, ne devraient pas finir en décharge, assure le bailleur social. Mercredi 4 novembre, la SIM a signé une charte avec Ecominéro, l'éco-organisme chargé des déchets inertes du bâtiment, pour faire recycler ces matériaux et les réemployer sur d'autres chantiers, a rapporté Mayotte la 1ère.

La charte vise le béton, la ferraille, les pavés, les bordures et les blocs de béton. « Au lieu de jeter tous ces matériaux, ils pourront être recyclés et réutilisés sur des chantiers, notamment pour réaliser des travaux de voirie et réseaux divers », a expliqué à la chaîne l'un des signataires. Le bailleur revendique une première et déclare, selon la chaîne : « Nous sommes particulièrement fiers d'être le premier bailleur d'outre-mer à avoir contractualisé et signé une convention avec Ecominéraux. »

Le Journal de Mayotte du 4 novembre (n° 3499) donne l'échelle du dispositif. La SIM rejoint le SICR de La Réunion parmi les signataires ultramarins de la charte, et la signature mahoraise a eu lieu pendant la Semaine des REP organisée par l'interfilière Mahore, avec une visite du site de recyclage d'ETPC à Koungou. D'après l'éco-organisme cité par le quotidien, Ecominéro compte 37 points de reprise affiliés dans les outre-mer et soutient huit projets ou acteurs du réemploi. Il annonce 397 000 tonnes de déchets inertes recyclés et valorisés, dont 168 000 tonnes à La Réunion et à Mayotte à la fin de septembre 2026.

Ecominéro intervient dans le cadre de la filière de responsabilité élargie du producteur pour les produits et matériaux de construction du bâtiment, dite REP PMCB, que le Journal de Mayotte mentionne à propos de la signature réunionnaise. Le principe en est connu, les fabricants de matériaux neufs financent par une éco-contribution la reprise des déchets qui en sortiront un jour.

Le chiffre de 168 000 tonnes additionne les deux îles sans dire quelle part revient à Mayotte. Or c'est la seule qui intéresse les Mahorais, car une île de 374 kilomètres carrés n'a pas la place d'enfouir indéfiniment ses gravats. Pour mesurer ce que la charte détourne réellement de la décharge, l'éco-organisme et l'interfilière devraient communiquer le tonnage mahorais séparément, et l'actualiser chaque année.

La SIM a raison de s'engager maintenant, car le principal bailleur social de l'île démolit pour reconstruire au moment où l'après-Chido multiplie les chantiers. Un bailleur qui trie ses gravats crée un débouché régulier pour les recycleurs, qui ont besoin de volumes stables pour investir dans un concasseur ou une plateforme de tri. Mais le recyclage ne vaut que si quelqu'un achète le granulat recyclé à la sortie. Mayotte la 1ère cite comme usage les travaux de voirie et de réseaux divers, ce qui renvoie aux routes communales, aux parkings et aux tranchées de canalisations, presque tous commandés par des acheteurs publics.

La rédaction propose d'abord que la SIM annonce, pour chacune des démolitions prévues dans les prochains mois, le tonnage attendu et le site de traitement, afin que la charte se vérifie chantier par chantier. Elle pourrait aussi inscrire dans ses propres marchés de voirie, autour de ses résidences, une part minimale de matériaux recyclés, ce qui fermerait la boucle à l'intérieur du même maître d'ouvrage. Le Département, la Cadema et les communes, qui commandent l'essentiel des travaux de voirie, gagneraient ensuite à suivre le même chemin dans leurs cahiers des charges, en acceptant les granulats recyclés pour les couches de forme et les remblais quand les normes le permettent. Les entreprises du BTP, de leur côté, doivent savoir où déposer leurs inertes sans faire le tour de l'île, d'où l'intérêt d'une carte publique des points de reprise affiliés à Mayotte, avec leurs horaires et leurs tarifs.

Ces mesures ne demandent aucune loi nouvelle, puisque le cadre de la responsabilité élargie du producteur existe et que l'éco-organisme est en place. Il manque surtout des commandes publiques qui assument d'acheter recyclé et des chiffres publiés qui permettent de suivre les progrès.

Le prochain bilan d'Ecominéro, s'il suit le rythme de celui-ci, portera sur la fin de l'année 2026. Il devrait cette fois isoler la ligne Mayotte, et la SIM pourrait y publier le tonnage de ses premières démolitions.

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