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Le Kashkazi remplace une barque de 25 ans et le contrôle de la pêche attend sa feuille de route

La nouvelle vedette des Affaires maritimes, inaugurée le 14 octobre, pourra sortir de nuit et patrouiller jusqu'à la barrière de corail. Le préfet la réserve à la pêche, alors que des DCP détruits restent à réinstaller et qu'une réunion de la filière est annoncée avant la fin de l'année.

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Le Kashkazi remplace une barque de 25 ans et le contrôle de la pêche attend sa feuille de route
Photo : Pêche dans le lagon de Mayotte — Lizot pierrick, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Pendant vingt-cinq ans, les Affaires maritimes de Mayotte ont contrôlé la pêche avec Matso, une embarcation de type barque malgache qui, selon Mayotte la 1ère, était arrivée en fin de vie. Sa remplaçante porte le nom de la saison chaude et pluvieuse, Kashkazi. Elle a été inaugurée le mercredi 14 octobre en présence du préfet, Frédéric Poisot, et du maire de Pamandzi. Ses deux moteurs de 150 chevaux lui permettent de sortir de jour comme de nuit, dans le lagon et au-delà jusqu'aux abords de la barrière de corail, avec six membres d'équipage et assez d'autonomie pour faire le tour complet de l'île.

Avec ces capacités, le contrôle peut désormais couvrir la nuit et les abords de la barrière, des heures et des zones qu'une vieille barque surveillait mal. Ce que l'État compte faire de ce bateau dépend de choix que le préfet a seulement esquissés mercredi.

Un bateau pour la pêche, et pour elle seule

Le représentant de l'État a fixé le cap sans ambiguïté. Au micro de Mayotte la 1ère, il a déclaré : « Sa mission première est le contrôle des activités de pêche, des équipements de protection, mais je souhaite qu'on puisse réengager les Affaires maritimes aussi dans la restructuration de la filière pêche. » D'après Mayotte Hebdo, il a aussi précisé que le Kashkazi ne serait pas affecté au contrôle des frontières maritimes, même si ses équipages pourront transmettre aux services de l'État ce qu'ils observent en patrouille.

À Mayotte, l'État regarde d'abord la mer sous l'angle migratoire, et ses moyens suivent. Le même jour, selon Outremers 360, le préfet faisait état de neuf intercepteurs opérationnels pour la lutte contre l'immigration irrégulière, dont le dernier arrivé est équipé de trois moteurs de 300 chevaux, et d'un objectif de treize unités d'ici 2028. Face à cette flotte, la protection des ressources du lagon dispose d'une vedette neuve, et d'une seconde annoncée pour 2027. Garder le Kashkazi à l'écart des missions migratoires protège donc une capacité de contrôle qui reste modeste. Cela préserve aussi la relation avec les pêcheurs, qui accepteront mieux un contrôle des engins et des gilets s'ils savent que l'équipage vient pour eux et pour le poisson.

Des DCP détruits et une filière à réorganiser

Le préfet a énuméré lui-même les difficultés. Les règles de pêche et les normes applicables aux navires sont mal respectées. Plusieurs dispositifs de concentration de poissons, ces radeaux ancrés au large qui attirent thons et dorades et permettent aux pêcheurs de travailler hors du lagon, ont été détruits et doivent être réinstallés. Mayotte Hebdo souligne que le lagon subit une pression de pêche particulièrement forte. Chaque DCP qui manque au large renvoie des barques vers le lagon, où elles s'ajoutent à celles qui y travaillent déjà.

Selon Outremers 360, une réunion réunissant les professionnels, les services de l'État et les collectivités doit se tenir avant la fin de l'année, si possible dès novembre. Si l'État veut que l'inauguration de mercredi ait une suite, il y viendra avec des engagements écrits. Le plus urgent est un calendrier de réinstallation des DCP, site par site, avec le nom du maître d'ouvrage et le financement. Tant qu'ils manquent, contrôler plus sévèrement dans le lagon reviendrait à verbaliser des pêcheurs à qui l'on a retiré leur alternative au large.

Les services de la mer pourraient aussi publier chaque année le nombre de sorties de la vedette et celui des infractions relevées, zone par zone. On saurait alors si le Kashkazi change quelque chose au braconnage nocturne et à l'usage des engins interdits.

Quant à la « restructuration de la filière » évoquée par le préfet, le mot peut recouvrir dans la bouche de l'État une aide à la mise aux normes des barques, une formation des marins, un appui à la vente du poisson ou, à l'inverse, une réduction du nombre de pêcheurs. Les patrons de barque de Mtsapéré ou de M'tsahara ont le droit de savoir lequel de ces chemins est envisagé avant de s'asseoir à la table de novembre. Les associer à la définition des priorités de contrôle rendrait les règles plus faciles à faire respecter.

Si la réunion se tient bien en novembre, les pêcheurs sauront avant Noël ce que l'État compte faire de sa vedette neuve, au-delà des patrouilles.

Sources

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