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Le second hôpital de Mayotte cherche encore à savoir si son terrain de Combani est pollué

Le CHM a publié le 19 octobre un marché de diagnostics des sols et des bâtiments du site, ouvert jusqu’au 20 novembre. L’ouverture est envisagée vers 2036, quatorze ans après l’annonce du choix de Combani et d’une aide de 172 millions d’euros.

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Le second hôpital de Mayotte cherche encore à savoir si son terrain de Combani est pollué
Photo : Paysage de Mayotte (Ifremer 00808-91956) — Louis Bouscary (IFREMER, Direction Communication, Centre Bretagne - ZI de la Pointe du Diable - CS 10070 - 29280 Plouzané, France), null, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Le 4 février 2022, Mayotte Hebdo annonçait que Combani accueillerait le second hôpital de l’île. Le ministre des Outre-mer de l’époque, Sébastien Lecornu, venait de confirmer le site, choisi après des expertises commandées par l’Agence régionale de santé, et une aide de 172 millions d’euros du fonds pour la modernisation et l’investissement en santé était « d’ores et déjà prévue ». Une task-force réunissait l’ARS et le Centre hospitalier de Mayotte. En octobre 2022, le même journal rapportait que le CHM, l’ARS et le conseil départemental travaillaient au projet médico-soignant de l’établissement, dont l’aboutissement était annoncé « au premier trimestre 2023 », avec l’objectif de construire « dans les meilleurs délais ». La brève ne donnait aucune date d’ouverture. Quatre ans et demi plus tard, le CHM vient de publier un appel d’offres pour savoir si le terrain est pollué.

L’avis, paru le 19 octobre 2026 et repéré par Mayotte Hebdo, comporte deux lots. L’un porte sur les sols, l’autre sur les bâtiments présents sur le site. Les entreprises ont jusqu’au 20 novembre à 14 heures pour répondre. Début octobre, le CHM avait déjà lancé une consultation pour des levés topographiques, et une autre pour des études géotechniques s’est close le 21 octobre. Selon l’avis de marché, le projet sera financé intégralement par l’État. L’ouverture du futur établissement est envisagée à l’horizon 2036, d’après le CHM.

Entre le choix du site, au début de 2022, et l’ouverture espérée en 2036, il se sera écoulé quatorze ans. Pour un département dont le centre hospitalier compte 573 lits et places répartis sur cinq sites, le délai pèse sur toute une génération de patients. Il pèse aussi sur les soignants qu’il faudrait recruter et former dès maintenant pour ouvrir un jour ces services.

Des études qu’on aurait pu lancer plus tôt

Les diagnostics de pollution sont indispensables. Construire un hôpital sur un sol contaminé, ou démolir des bâtiments sans savoir ce qu’ils contiennent, exposerait des ouvriers puis des malades à des risques que personne n’accepterait.

Leur calendrier surprend davantage. Topographie, géotechnique, pollution des sols et état des bâtiments existants forment la base de tout programme hospitalier, ce qu’on réunit avant de dessiner. Que ces consultations soient lancées cet automne, à quelques semaines d’intervalle, laisse penser que le dossier a longtemps avancé dans les bureaux sans toucher le terrain. Le CHM a peut-être de bonnes raisons, comme la maîtrise foncière à obtenir, des procédures d’expropriation, ou le cyclone Chido qui a bouleversé toutes les priorités de l’établissement en décembre 2024. Les articles parus cette semaine n’en mentionnent aucune.

L’avis évoque des bâtiments à diagnostiquer sans que les articles disent lesquels. Le public ne sait pas ce qui occupe aujourd’hui le terrain retenu à Combani, ni s’il faudra démolir, ni ce que deviendront ses usagers actuels s’il y en a. C’est une information élémentaire pour les habitants de Tsingoni, qui verront le chantier s’installer près de chez eux.

Ce que 2036 suppose

Une ouverture en 2036 laisse dix ans. Dans ce temps, il faudra arrêter un programme médical, désigner une équipe de conception, obtenir le permis, construire, équiper et recruter. Chaque étape a ses aléas. Nous relevions le 17 octobre sur ce site que trente lits de psychiatrie promis pour 2023 étaient désormais attendus en 2028. Un calendrier qui commence à 2036 a de bonnes chances de finir plus tard si rien n’est rendu public.

Nous demandons donc au CHM et à l’ARS de publier, avant la fin de l’année, une fiche du projet compréhensible par tous. Elle donnerait le nombre de lits et les services prévus, le coût réestimé depuis 2022, la part de l’aide de 172 millions d’euros déjà engagée, et un calendrier avec ses jalons intermédiaires. Le choix de l’équipe de conception, le dépôt du permis et le début du gros œuvre font partie de ces étapes, et tout retard sur l’une d’elles devrait être expliqué publiquement.

Il revient à l’État, qui finance tout selon l’avis de marché, de dire si les crédits sont inscrits dans la loi de programmation pour la refondation de Mayotte et sur quelles années. Depuis Chido, les Mahorais ont entendu beaucoup de montants sans savoir, la plupart du temps, à quelle ligne budgétaire les rattacher.

Les offres pour les diagnostics de pollution sont attendues le 20 novembre à 14 heures. Le CHM aura alors les candidatures en main, et rien ne l’empêche d’annoncer à cette occasion la date de publication des résultats.

Sources

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