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Les associations du Nord ont perdu une partie de leurs bénévoles avec Chido, le Département leur laisse un mois pour les rivières

Réunies samedi à Bouyouni par la FMAE, elles ont décrit des financements difficiles. Deux appels à projets du Département-Région sur les cours d'eau et les espaces naturels ferment le 30 novembre, sans montant affiché dans l'annonce.

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Les associations du Nord ont perdu une partie de leurs bénévoles avec Chido, le Département leur laisse un mois pour les rivières
Photo : Ripisylve Mayotte — Frédéric Ducarme, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

« Après le cyclone, toutes les associations sont un peu tombées à plat. » Ben Zirari, chargé de projet environnement à la Fédération mahoraise des associations environnementales (FMAE), a résumé ainsi, samedi 31 octobre, l'état du mouvement associatif qu'il était venu écouter à Bouyouni, dans les locaux de la communauté d'agglomération du Grand Nord de Mayotte. La fédération fait le tour des intercommunalités pour recueillir les difficultés des associations de terrain, et la première citée par les participants, selon Mayotte la 1ère, est le financement. « Il y a les financements, c'est assez compliqué », a-t-il expliqué.

Les autres obstacles décrits ce matin-là sont du même ordre. Les associations déplorent le peu « d'implication des services publics ». Beaucoup de bénévoles sont partis après Chido, si bien que les associations « ont perdu beaucoup de moyens humains », a constaté le chargé de projet. Les structures qui restent ont, selon la FMAE, un « besoin de montée en compétences ».

Ces constats arrivent au moment où le Département-Région ouvre deux guichets qui leur sont en partie destinés. Le Journal de Mayotte a détaillé jeudi deux appels à projets consacrés aux cours d'eau et aux espaces naturels, ouverts du 29 octobre au 30 novembre 2026. Nous approuvons l'intention. Les conditions d'accès risquent pourtant de laisser de côté une partie de ceux qui font le travail sur le terrain.

« Ensemble pour les rivières », un appel réservé aux structures immatriculées

Le premier appel, baptisé « Ensemble pour les rivières », finance l'entretien et la restauration des cours d'eau et de leurs berges, depuis le ramassage des déchets jusqu'à la replantation. Les obstacles qui gênent l'écoulement de l'eau pourront aussi être enlevés. Les projets devront prévoir des actions régulières de sensibilisation des riverains et un suivi des résultats. La participation des habitants et la connaissance du terrain feront partie des critères. L'exigence de suivi se comprend, une ravine nettoyée pouvant se remplir de nouveau dès les premières fortes pluies.

Le dispositif est ouvert aux associations déclarées disposant d'un numéro Siret, aux collectivités ainsi qu'à certains établissements publics et scolaires. Le Siret pose problème. Un collectif de village qui s'est formé après le cyclone pour dégager sa ravine, sans jamais s'immatriculer, devra d'abord obtenir ce numéro avant de pouvoir candidater. Il lui faudra aussi, dans les trente jours, monter un budget et un dossier complet, suivi compris, avec moins de bénévoles qu'avant Chido et souvent sans salarié pour tenir la plume pendant que les autres sont sur le terrain.

Le second appel repose sur des chantiers-écoles, c'est-à-dire des chantiers de restauration de sites naturels qui servent aussi de formation à des jeunes de 16 à 25 ans éloignés de l'emploi. Le Département prévoit d'accompagner 100 jeunes sur trois ans, à la pépinière, aux plantations, à l'entretien de la végétation et à la lutte contre les espèces envahissantes. Six sites sont retenus, de la vasière des Badamiers à Saziley, en passant notamment par le lac Karihani et le jardin botanique de Coconi. Une seule structure sera choisie pour porter l'ensemble, encadrement pédagogique et social compris. D'après ce que les associations du Nord ont décrit samedi, peu d'entre elles ont aujourd'hui cette capacité.

Le montant manque à l'annonce

L'annonce relayée par la presse ne dit pas combien d'argent est en jeu, et renvoie aux règlements publiés sur le site du Département-Région. Sans ce chiffre, une petite association ne peut pas savoir si le dossier vaut le temps qu'il demande. Publier dans le communiqué l'enveloppe totale et le montant maximal par projet serait une manière simple d'élargir le nombre de candidats.

Nous demandons au Département d'annoncer dès maintenant une seconde session de l'appel « Ensemble pour les rivières » au premier semestre 2027, afin que les collectifs qui ne seront pas prêts au 30 novembre ne soient pas exclus pour un an. Il pourrait aussi autoriser les candidatures groupées, où une association immatriculée porte le dossier pour plusieurs petits collectifs de village, ce qui lèverait l'obstacle du Siret sans renoncer au contrôle de l'argent public. Une avance versée à la signature éviterait que des structures sans trésorerie renoncent faute de pouvoir avancer les frais.

La FMAE a annoncé vouloir adapter son accompagnement aux besoins exprimés. Elle peut jouer ce rôle tout de suite, en aidant les associations du Nord à monter leurs dossiers avant le 30 novembre, date de clôture des deux appels.

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