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Les navettes de Longoni et d'Iloni attendent l'avis des usagers jusqu'au 10 novembre

Le dossier d'autorisation environnementale des deux lignes maritimes du Département est consultable dans les mairies de Mamoudzou, Dembéni et Koungou. Annoncées pour 2026, les navettes n'ont toujours ni date de départ ni exploitant connu.

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Les navettes de Longoni et d'Iloni attendent l'avis des usagers jusqu'au 10 novembre
Photo : Mamoudzou vu de la mer — mwanasimba, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Trois registres papier, posés dans les mairies de Mamoudzou, de Dembéni et de Koungou, attendent jusqu'au 10 novembre les remarques des habitants sur le projet de lignes maritimes entre Longoni, Mamoudzou et Iloni. Selon L'info Kwezi, le public peut y consulter le dossier de demande d'autorisation environnementale, qui décrit trois gares maritimes et deux lignes régulières de voyageurs, et y inscrire ses observations aux heures d'ouverture habituelles. L'avis figure aussi sur le site de la préfecture, parmi les enquêtes publiques de 2026.

Quiconque a déjà perdu une matinée dans les bouchons entre Passamaïnty et Mamoudzou devrait aller lire ce dossier. C'est l'un des rares moments où un usager peut écrire noir sur blanc ce qu'il attend d'un équipement public avant que les pontons soient coulés dans le béton.

Un projet annoncé pour 2026 qui attend encore son feu vert

Le calendrier a glissé. En août 2024, lors d'une présentation reprise par Outremers 360, le Département chiffrait l'opération à 30 millions d'euros, avec un soutien européen, et la voyait naître « en 2026, si tout se passe bien ». Le dossier était alors en instruction auprès des services de l'État, et l'exploitation devait ensuite être confiée par délégation de service public. Nous sommes en octobre 2026 et l'autorisation environnementale n'est pas encore délivrée, puisque c'est elle qui fait l'objet de la consultation actuelle. Aucune date de mise en service n'est annoncée dans les éléments rendus publics cette semaine.

Le contenu du projet a lui aussi bougé. En janvier 2024, Mayotte Hebdo rapportait que deux millions d'euros avaient déjà été dépensés en études et que les bateaux envisagés porteraient « entre 100 et 150 passagers ». Sept mois plus tard, la présentation du Département parlait de deux types de navettes, de 12 et de 50 places, d'un bateau solaire de 50 places à expérimenter, de rotations toutes les quinze minutes aux heures de pointe et de 5 000 passagers par jour selon les premières estimations, de 6 heures à 20 heures. D'une présentation à l'autre, la taille des bateaux a beaucoup changé, et les habitants connaissent mal la version finale. Le dossier en mairie permet de vérifier laquelle a été retenue.

Cinquante places de parking pour cinq mille voyageurs

Sur le principe, j'y suis favorable. Le nord comme le sud de Grande-Terre vivent suspendus à une seule route nationale, embouteillée chaque matin, alors que le lagon offre un trajet parallèle sans un mètre de chaussée à construire. Une ligne Longoni-Mamoudzou et une ligne Iloni-Mamoudzou peuvent soulager Koungou, Kawéni et Dembéni plus vite que n'importe quel élargissement de chaussée.

Le succès dépendra surtout de ce qui se passe à quai. La présentation de 2024 prévoyait des parkings de 50 places par gare. Rapporté aux 5 000 passagers quotidiens espérés, cela signifie que l'immense majorité des usagers devra arriver à pied, en taxi ou en bus. Où s'arrêteront les bus à Longoni, au milieu des camions du port ? Le futur ticket de navette sera-t-il valable dans les cars interurbains et dans les bus de la Cadema, ou faudra-t-il payer deux fois ? Rien de tout cela n'apparaît dans les comptes rendus disponibles, et ce sont des points que les registres permettent de poser officiellement.

Reste la question des deux maîtres d'ouvrage. En 2024, la Cadema préparait sa propre liaison Iloni-Mamoudzou, et son président Rachadi Saindou reconnaissait, selon Mayotte Hebdo, que « les deux collectivités ne se comprenaient pas au début ». Le vice-président du Département chargé des transports, Ali Omar, disait de son côté lutter « pour avoir un projet commun sur le territoire ». Deux ans plus tard, l'usager d'Iloni ne sait toujours pas publiquement si une seule ligne ou deux desserviront sa plage, ni sous quelle enseigne. Construire deux pontons concurrents sur la même plage serait un gâchis d'argent public, dans un lagon qui fait partie du parc naturel marin de Mayotte.

Ce qu'il faut écrire dans le registre d'Iloni

La consultation porte aussi sur le lagon. Une gare maritime suppose des pontons, parfois du dragage, et des allers-retours fréquents de bateaux dans des eaux où vivent tortues et herbiers. Le dossier soumis au public doit présenter les effets du projet et les mesures prévues pour les limiter. Les pêcheurs à pied d'Iloni et les riverains de Longoni connaissent les courants, les zones de ponte et les accès à la plage mieux que n'importe quel bureau d'études, et leur avis entre dans le dossier officiel dès qu'il est consigné.

Aux lecteurs qui iront en mairie, je suggère de réclamer en priorité une date de mise en service ferme, avec le calendrier de la délégation de service public, puisque tant qu'aucun exploitant n'est désigné personne ne fera tourner les navettes. Le tarif commun avec les bus vaut lui aussi une ligne dans le registre, tout comme un cheminement piéton ombragé à chaque gare. Pour les navettes, une vitesse réduite dans les zones de tortues et un bilan annuel des collisions rendu public me paraissent un minimum.

Rien n'empêche le Département d'organiser au moins une réunion publique à Koungou et une autre à Dembéni avant la clôture, car un registre en mairie ne touche que ceux qui ont le temps de s'y rendre en semaine. La consultation se termine le 10 novembre 2026 inclus, et après cette date les remarques des usagers ne pourront plus être versées au dossier.

Sources

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