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Lycées, les annonces du 26 octobre ne disent pas ce que recevront les lycées mahorais de 2 000 élèves

Plafond de 28 élèves en seconde, 500 postes, 5 milliards pour le bâti. Le plan présenté par Édouard Geffray ne cite pas Mayotte, où un lycée compte souvent plus de 2 000 élèves et où plus de la moitié des professeurs du second degré sont contractuels.

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Lycées, les annonces du 26 octobre ne disent pas ce que recevront les lycées mahorais de 2 000 élèves
Photo : Collège de Bouéni, Mayotte — Kramvey, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le 4 octobre, face au mouvement lycéen, le Premier ministre Sébastien Lecornu fixait à ses ministres une échéance et annonçait des décisions « avant fin octobre ». Le calendrier a été tenu, et le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray les a présentées le 26. Les comptes rendus de l'AFP et de franceinfo ne citent Mayotte nulle part, alors que le mouvement a commencé chez nous dès le 31 août, au lycée du Nord, selon Mayotte la 1ère.

Ce que contient le paquet du 26 octobre

Selon l'AFP, le ministre a annoncé le plafonnement à 28 élèves des classes de seconde, d'abord dans les établissements les plus défavorisés dès la rentrée prochaine, puis partout en 2028. Les suppressions de postes inscrites au budget 2027 seraient annulées et 500 postes de professeurs créés dans les lycées publics. Un plan de 5 milliards d'euros doit rénover lycées et universités, surtout sous forme de prêts à taux réduit accordés aux collectivités. S'y ajoutent 15 000 places dans l'enseignement supérieur, principalement en BTS et en IUT, et une refonte de Parcoursup.

Le remplacement des professeurs absents, inscrit dans la feuille de route envoyée par Matignon le 4 octobre, reste en suspens. Ce texte demandait à chaque académie un « traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus », avec un premier bilan attendu le 16 octobre, selon franceinfo. D'après une source au sein de l'exécutif citée par franceinfo, des annonces sur les remplacements pourraient suivre sous forme d'amendements au budget en cours d'examen.

À Mayotte, les lycées ont une autre taille

Mayotte la 1ère rappelait le 30 septembre que la plupart des lycées de l'île comptent 2 000 élèves ou davantage, contre environ 600 en moyenne dans le pays. Le lycée des Lumières de Kawéni en accueille près de 2 800. La Cité scolaire du Nord est passée d'environ 500 élèves au milieu des années 2000 à près de 2 300 à la rentrée 2026, avec des préfabriqués et une salle d'étude transformée en classes. Plus de la moitié des enseignants du second degré sont contractuels, selon un chiffre du rectorat de janvier 2025 cité par la même rédaction.

Les cours ont repris à la Cité scolaire du Nord le lundi 5 octobre. Mayotte Hebdo détaille les engagements pris par le rectorat après les échanges avec l'établissement, soit 92 heures de dotation supplémentaire, quatre emplois aidés, quatre salles de classe, deux blocs sanitaires et une cellule d'écoute. Le réfectoire réclamé est resté sans réponse. Le 2 octobre, au lycée de Bandrélé, des élèves bloquaient l'entrée derrière une pancarte qui disait « le bac approche, toujours pas de prof de français », selon Mayotte la 1ère.

Les chiffres

  • Près de 2 800 élèves au lycée des Lumières de Kawéni, pour environ 600 en moyenne nationale (Mayotte la 1ère)
  • Plus de la moitié des enseignants du second degré contractuels à Mayotte (rectorat, janvier 2025, via Mayotte la 1ère)
  • 500 postes de professeurs annoncés pour les lycées publics, sur quelque 3 700 lycées et EREA recensés par le ministère (AFP, Mayotte Hebdo)
  • 28 élèves au plus par classe de seconde, quand le mouvement du Nord réclamait 25 (AFP, Mayotte la 1ère)
  • 92 heures de dotation supplémentaire promises à la Cité scolaire du Nord après son blocage (Mayotte Hebdo)

Ce que pèsent 500 postes à Mayotte

Rapportés aux quelque 3 700 lycées et EREA recensés par le ministère, ces 500 postes réservés au public représentent environ un professeur pour sept établissements. Un lycée mahorais compte autant d'élèves que trois ou quatre lycées moyens du pays. Un partage par établissement ne laisserait presque rien à Mayotte, d'où l'intérêt pour l'île d'une répartition selon les effectifs. Le ministère n'a pas dit quelle règle il retiendrait.

Le 9 juillet, Édouard Geffray assurait : « Nous aurons assez de professeurs. » L'AFP précisait que Mayotte, académie chroniquement déficitaire, avait pourvu tous ses postes au concours. Elle ajoutait que la grande majorité des admis étaient au niveau bac+3 et entreraient en septembre dans un master de deux ans. Dans la réforme présentée par la presse spécialisée, ces lauréats observent des classes pendant douze semaines en première année et n'enseignent qu'à mi-temps en seconde année. À l'échelle nationale, la grande majorité des lauréats 2026 ne seront donc pas seuls devant une classe à plein temps cette année, et rien n'indique qu'il en aille autrement à Mayotte.

Pour le bâti, les lycées relèvent de la Région, donc à Mayotte du Département-Région. Des prêts, même à taux réduit, supposent une collectivité capable d'emprunter et de conduire des chantiers. À l'Assemblée, deux amendements au budget 2027 déposés le 22 octobre, avant ces annonces, par Steevy Gustave (Écologiste et Social) et Yoann Gillet (Rassemblement national), avec un exposé identique, pointent une autre limite des outils existants. Leurs auteurs écrivent : « Le Fonds Vert et le programme EduRénov’ , deux dispositifs publics de rénovation des écoles, ne financent pas les bâtiments neufs, dont ont grandement besoin Mayotte et la Guyane. » Ces amendements proposent un fonds de 100 millions d'euros pour l'adaptation climatique du bâtiment scolaire. Leur sort n'était pas connu à la date de publication.

Ce que répondent les autres

Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a assuré qu'« aucune des décisions » prises « n'est une promesse en l'air », tout en prévenant dans Le Parisien qu'« il faut forcément qu'il y ait un budget pour qu'elles puissent s'appliquer », selon l'AFP. Le Snes-FSU, par la voix de Sophie Vénétitay, estime que les revendications « ne sont pas satisfaites ». Le SE-Unsa juge que « les annonces ne suffisent pas ». Aucune réaction publique du rectorat de Mayotte aux annonces du 26 octobre n'a été trouvée à la date de publication.

Ce que le rectorat et le ministère doivent publier

Les organisations de jeunesse appellent à retourner dans la rue et le Snes-FSU veut « amplifier la grève en vue du 5 novembre », selon l'AFP. Les lycéens mahorais, qui ont ouvert ce mouvement, devraient d'ici là connaître la situation de leur propre établissement.

Je demande au recteur de l'académie de Mayotte de publier avant le 5 novembre, établissement par établissement, le nombre de postes non pourvus et d'absences longues non remplacées dans les lycées. Ce serait la déclinaison publique du bilan que la feuille de route du Premier ministre attendait pour le 16 octobre. Je demande au ministre de l'Éducation nationale de dire, avant le vote des crédits de l'enseignement scolaire, combien des 500 postes annoncés iront à Mayotte, et si tous les lycées mahorais figurent parmi les établissements « les plus défavorisés » concernés dès la rentrée 2027 par le plafond de 28 élèves en seconde.

Sources

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