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Point gelé à 7,69 euros depuis 2024, les agents de la CSSM réclament les moyens de la convergence sociale

En grève jeudi devant leur siège de Kawéni, les salariés de la Caisse de sécurité sociale de Mayotte demandent un point à 10 euros. Selon leurs déléguées, la caisse manque aussi de directeurs pour déployer les nouveaux droits prévus d'ici 2031.

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Point gelé à 7,69 euros depuis 2024, les agents de la CSSM réclament les moyens de la convergence sociale
Photo : Kaweni10 — Mayotte.orange, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Ce sont les agents de la Caisse de sécurité sociale de Mayotte qui calculeront, dossier après dossier, les nouvelles prestations promises par la convergence sociale. Jeudi 5 novembre, sous la pluie, plusieurs d'entre eux se sont rassemblés devant le siège de Kawéni, à l'appel national à la grève, sans bloquer l'accès des assurés à la demande de la direction, selon le Journal de Mayotte. Ils défendaient leurs salaires et les moyens de leur caisse, deux causes que les pouvoirs publics auraient tort de traiter séparément.

Selon le quotidien, la valeur du point qui sert à calculer leur rémunération est fixée à 7,69 euros et les syndicats demandent qu'elle passe à 10 euros. Les hausses obtenues en 2022 et 2023 se seraient limitées à quelques centimes, avant un gel depuis 2024. Cette revendication concerne l'ensemble des salariés des caisses de sécurité sociale en France, et elle se négocie au niveau national entre les fédérations syndicales et les employeurs. « Aujourd'hui, une personne qui travaille à la Sécurité sociale, que ce soit à Mayotte ou dans tout autre département, est plus pauvre qu'un salarié mahorais au SMIC », dénonce Faïza Ali, déléguée CGT-Ma. Fatima Mansoibou, déléguée CFDT, rappelle que l'indexation reste à 40 % et ne suit pas l'inflation. La déléguée CGT-Ma cite le chariot de courses, qui coûte selon elle entre 200 et 600 euros selon la taille de la famille, dans une île où beaucoup de salariés font aussi vivre des proches.

Des directeurs manquent à Kawéni

L'autre revendication touche directement les assurés. La loi de refondation a fixé un calendrier de convergence, et la plupart des dispositions doivent s'aligner d'ici 2031, l'alignement des cotisations attendant 2036, a rappelé Mayotte la 1ère la veille de la grève. Pour les retraités, la même échéance de 2036 vaut pour les règles d'âge et de durée d'assurance, ainsi que pour le montant de l'allocation de solidarité aux personnes âgées. À chaque étape, ce sont des dossiers en plus à instruire et des allocataires en plus au guichet. « La CSSM est l'organisme qui doit déployer la convergence sociale », souligne Fatima Mansoibou. Faïza Ali va plus loin et déplore : « Aujourd'hui, il nous manque des directeurs. Aujourd'hui, il nous manque une structuration. »

On objectera que ce sont des syndicalistes en grève qui parlent, et la direction de la caisse ne s'est pas exprimée publiquement à leur sujet dans les articles consultés. Les assurés n'ont pourtant pas attendu la grève pour s'en apercevoir. Le 25 octobre, chef-be.fr relevait que les sites et le téléphone de la CSSM avaient été coupés en même temps, laissant le guichet comme seul recours. Une caisse qui peine à répondre aux appels et aux courriels aujourd'hui aura du mal à absorber la hausse d'activité que la convergence va provoquer.

Les décrets de convergence ne serviront pas à grand-chose sans des agents pour les appliquer, et l'État, qui exerce la tutelle des caisses, devrait financer cet effort pour lui-même. La revalorisation du point dépend d'une négociation nationale et ne se tranchera pas à Kawéni. Les moyens de la caisse mahoraise peuvent en revanche être décidés pour Mayotte.

Pour commencer, la direction de la CSSM pourrait publier l'état de ses postes d'encadrement vacants et un calendrier de recrutement, ce qui permettrait de vérifier ou de corriger le constat syndical. Le plus utile serait un plan d'effectifs aligné sur le calendrier de convergence, étape par étape jusqu'en 2031, pour que chaque nouveau droit arrive avec les agents capables de le liquider. Ce plan n'aurait de valeur que si le ministère chargé de la sécurité sociale l'inscrivait dans les objectifs de gestion fixés à la caisse par ses tutelles, au lieu de le laisser dépendre des marges de gestion locales. Des délais de traitement publiés chaque trimestre permettraient aux assurés de vérifier si la convergence se traduit en paiements à l'heure.

Des premiers échanges ont eu lieu avec la direction générale les 4 et 5 novembre, selon le Journal de Mayotte, qui ne fait état d'aucun calendrier issu de ces réunions. Quelques mois après un piquet de grève de quatre jours en juillet, les déléguées ont conclu jeudi par un avertissement : « On ne lâchera pas ! »

Sources

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