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Quatre hectares brûlés vers Mtsamoudou, et le bombardier d'eau du SDIS n'est loué que jusqu'en décembre

Lundi, six engins de pompiers ont lutté de 11h30 à 18 heures contre un feu attribué à la culture sur brûlis près du carrefour Ngwezi. Deux semaines après les sanctions annoncées par le préfet, et un mois après les 5 000 vanilliers détruits à Bouyouni, la prévention reste à inventer.

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Quatre hectares brûlés vers Mtsamoudou, et le bombardier d'eau du SDIS n'est loué que jusqu'en décembre
Photo : Padza érodé — Frédéric Ducarme, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Lundi 12 octobre, 11h30. Six engins de pompiers quittent leurs casernes pour le sud de l'île, où un feu de broussailles a pris le long de la route de la carrière de Mtsamoudou, non loin du carrefour Ngwezi. La veille, il pleuvait à verse sur une bonne partie de Mayotte. Ce lundi, le vent pousse les flammes plus vite que les lances ne les rabattent, raconte Mayotte la 1ère, qui compte une vingtaine de sapeurs-pompiers sur place. Le feu ne sera éteint qu'à 18 heures. Plus de quatre hectares ont brûlé.

En début d'après-midi, la chaîne évoquait au conditionnel une culture sur brûlis à l'origine de l'incendie. Dans son article du soir, elle l'écrit sans réserve et rappelle que cette pratique interdite « cause d'importants dégâts sur la faune et la flore mahoraise ». Personne n'est mis en cause à ce stade, et rien n'a été dit d'une enquête.

Un bombardier d'eau loué jusqu'en décembre

Le 29 septembre, le SDIS présentait au préfet Frédéric Poisot l'hélicoptère bombardier d'eau dont l'île était privée jusque-là. L'appareil emporte jusqu'à 800 litres. Il est opérationnel depuis août et a déjà servi contre les feux d'Ouangani, selon Mayotte Hebdo. Le projet a coûté un peu plus de 320 000 euros au Département, avec l'appui de la préfecture et de l'État, pour une location qui court jusqu'en décembre. Le préfet a défendu ce choix en invoquant le prix d'achat de ce type de machine : « On est dans le principe de la location ». Il annonçait aussi, ce jour-là, des sanctions contre ceux qui pratiquent le brûlis, alors que la gendarmerie enquêtait à Chiconi et à Ouangani sur l'origine de plusieurs incendies de forêt.

Les deux articles consacrés lundi au feu de Mtsamoudou décrivent des engins au sol et ne parlent pas de l'hélicoptère. Il a peut-être volé sans que personne le signale. Il était peut-être retenu ailleurs, ou cloué au sol par le vent. Le SDIS devrait le préciser, parce que c'est sur ce type de journée que les contribuables jugeront la dépense.

Cinq mille vanilliers à Bouyouni

Le feu ne s'arrête pas toujours aux broussailles. Le 19 septembre, à Bouyouni, un producteur de 64 ans a retrouvé en cendres sa parcelle de près de 5 800 mètres carrés et environ 5 000 plants de vanille, a rapporté Mayotte Hebdo. Chido avait déjà rasé tous ses vanilliers en 2024. Il venait de récolter 30 kilos, puis 70. L'origine de ce feu-là reste inconnue. L'association Saveurs et Senteurs de Mayotte, qui transforme la vanille d'une quarantaine de producteurs, attribue en revanche une bonne part des incendies de chaque année à des brûlis qui échappent à ceux qui les allument. Le planteur a été renvoyé de la mairie de Bandraboua à la gendarmerie de M'tsamboro, puis de nouveau vers la police municipale. Aucun expert ne s'est déplacé. Il n'était pas assuré. « Il n'y a toujours pas de cellule qui s'occupe spécifiquement de ces sinistres », regrette l'association.

Je ne crois pas que la menace de sanctions suffira à faire reculer le brûlis. Celui qui met le feu à une parcelle pour la nettoyer le fait parce que c'est la méthode la moins chère qu'il connaisse, souvent la seule à portée de main quand on défriche seul, à la machette, sur une pente. Le gendarme ne sera jamais derrière chaque champ des hauts de Bandrélé ou de Bandraboua. Les sanctions gardent leur place quand un feu échappé ruine un voisin, et l'État a raison de les annoncer. Mais une interdiction qu'on ne contrôle pas devient vite lettre morte.

Il faut donc rendre le brûlis moins utile. Le Département, qui a trouvé 320 000 euros pour louer un appareil, pourrait consacrer une part d'un effort comparable à des broyeurs de végétaux prêtés en saison sèche par les communes ou les intercommunalités, avec une démonstration dans chaque village agricole. Je mettrais ensuite en place la cellule que réclame l'association de Bouyouni, un numéro et une équipe capables de constater un sinistre agricole dans la semaine, pour que les producteurs n'aient plus à faire le tour des guichets. Il manque enfin un tableau public, tenu par le SDIS et la préfecture, des feux de végétation et des surfaces brûlées depuis le mois d'août. Aujourd'hui, personne n'est en mesure de dire si 2026 est pire que 2025.

La location de l'hélicoptère prend fin en décembre, au moment où les pluies de la saison humide reprennent généralement la main sur les collines. Le conseil d'administration du SDIS, présidé par Abdoul Kamardine, doit annoncer avant cette échéance s'il le reprend pour la saison sèche 2027, et à quel prix.

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