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Quatre incidents en treize mois, le vol direct Paris-Dzaoudzi tient toujours à deux Dreamliner

Le Boeing d'Air Austral attendu à Roissy le 23 octobre n'a pas décollé, après Djeddah, Naples et Tananarive. Seuls ses deux 787 peuvent se poser à Pamandzi par tous les temps, et la flotte régionale entre en transition le 11 novembre.

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Quatre incidents en treize mois, le vol direct Paris-Dzaoudzi tient toujours à deux Dreamliner
Photo : Dzaoudzi vue d'avion — Lodaï, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Djeddah en septembre 2025, Naples en décembre, Tananarive en avril, et cette fois le tarmac de Roissy. En un peu plus d'un an, le vol direct entre Paris et Dzaoudzi a connu au moins quatre incidents techniques sérieux, et chacun a rappelé que la ligne entre Mayotte et l'Hexagone repose sur deux avions.

Vendredi 23 octobre au soir, le Boeing d'Air Austral attendu à Paris-Charles-de-Gaulle n'a pas décollé. L'info Kwezi évoque, sans confirmation de la compagnie, une anomalie qui pourrait signaler l'usure prématurée d'une pièce de moteur. Air Austral a seulement confirmé que l'appareil était resté au sol et annoncé un départ tôt samedi pour une arrivée en fin de journée à Pamandzi, sans heure précise au moment où le journal écrivait. Le retard s'est reporté mécaniquement sur le vol retour, dont les passagers, qui devaient partir samedi matin de Dzaoudzi, ne décolleraient que le soir.

L'épisode ressemblerait à une panne ordinaire s'il n'avait pas de précédents. Dans la nuit du 13 au 14 septembre 2025, selon Air Journal, une chute de pression d'huile sur un moteur a contraint l'équipage à se dérouter vers Djeddah, et les quelque 250 passagers sont arrivés en métropole avec environ 24 heures de retard. Le 27 décembre, le même avion se posait à Naples après un dysfonctionnement du système de recyclage d'air. Le 16 avril 2026, Mayotte Hebdo rapportait un nouveau déroutement, vers Tananarive cette fois, pour un problème technique survenu à l'approche de Pamandzi.

Une piste de 1 930 mètres et deux Dreamliner

La compagnie a toujours défendu ses choix, et sur la sécurité elle ne cède rien, ce qui se défend, car un équipage qui se déroute au moindre doute fait son métier. La difficulté commence après le déroutement. Air Austral exploite deux Boeing 787-8, livrés en 2016 et 2017, et son directeur technique, Vincent Guérin, l'a dit en février à Dzaoudzi : « C'est l'unique avion qui a les performances permettant de se poser à Mayotte dans toutes les conditions. » Les trois Boeing 777 de la flotte ne le peuvent pas. La piste de Pamandzi, longue de 1 930 mètres et bordée par la mer, impose déjà des limites de masse au décollage et, par temps de pluie, une escale technique de ravitaillement, à Nairobi notamment, rappelle Air Journal dans son bilan des dix ans de la ligne.

Quand l'un des deux appareils est immobilisé, il n'existe donc presque aucune solution de rechange immédiate pour le vol direct. Les passagers attendent, ou passent par La Réunion. Or ce pont aérien pèse lourd. La compagnie revendique près de 950 000 passagers transportés en dix ans et plus de 17 000 tonnes de fret, essentiellement à l'import, avec jusqu'à neuf vols par semaine en haute saison. Derrière ces chiffres il y a des étudiants qui rentrent pour les vacances, des patients qui partent se faire soigner et des commerçants qui attendent leur marchandise.

Le calendrier des prochains mois ajoute une contrainte. Air Austral retire ses Airbus A220, qui assuraient une partie des liaisons régionales depuis La Réunion, et affrétera d'après Air Journal un Boeing 737-800 de la compagnie ASL Airlines France du 11 novembre 2026 au 27 mars 2027, puis un second pendant la pointe de décembre et janvier. Les A320neo qui doivent prendre le relais sont attendus en mars et mai 2027. Les compagnies n'ont pas précisé quelles lignes seront confiées aux avions affrétés. Pour Mayotte, cela signifie que le détour par Saint-Denis, seul recours quand le vol direct tombe, passera lui aussi par une flotte de transition au moment des vacances de fin d'année.

Un plan de secours écrit avant décembre

La desserte de Mayotte relève de la continuité territoriale, ce qui donne à l'État son mot à dire. Avant la haute saison, la priorité est d'obtenir d'Air Austral un plan de secours écrit et public pour le vol direct en cas d'immobilisation d'un 787, avec le délai dans lequel un avion de remplacement ou un affrètement peut être mobilisé. Ce document devrait préciser où et à quelles conditions les passagers bloqués sont hébergés, à Roissy comme à Pamandzi, et par quel canal ils sont prévenus. La préfecture et la direction générale de l'aviation civile pourraient de leur côté publier chaque trimestre la ponctualité et le nombre d'annulations sur la liaison Dzaoudzi-Paris. Ces chiffres permettraient de juger sur pièces.

Ces demandes s'ajoutent au débat sur l'allongement de la piste, qui conditionne l'arrivée d'autres appareils et d'autres compagnies. Ce chantier se compte en années, alors que les familles qui ont réservé pour décembre voyagent dans six semaines. Le premier 737 affrété doit entrer en service le 11 novembre, ce qui laisse à Air Austral et à l'État un peu plus de deux semaines pour dire publiquement comment ils feront voler Mayotte si un Dreamliner reste encore au sol.

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