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Quinze feux en une journée dans le sud de Mayotte, et la motion sur les incendies attend depuis 2025 au comité de l'eau

Le Comité de l'eau et de la biodiversité n'a jamais inscrit à son ordre du jour la motion de la FMAE sur les feux, déposée en 2025. Les Naturalistes demandent au préfet une interdiction des feux de végétation jusqu'à fin décembre.

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Quinze feux en une journée dans le sud de Mayotte, et la motion sur les incendies attend depuis 2025 au comité de l'eau
Photo : Forêt du Mont Choungui, Mayotte — LOPEZ André, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À Bouéni, rapporte L'info Kwezi, le feu qui menaçait des maisons dimanche a été maîtrisé, puis il a repris lundi plus loin dans la forêt. Au sud de l'axe Bandrélé-Sada, le média a relevé neuf départs de feu samedi, treize dimanche, quinze lundi. Sur les pentes du mont Bénara, entre 50 et 60 hectares de forêt auraient brûlé en deux jours, selon le média. Ce blog a déjà écrit, dimanche et lundi, que l'arrêté d'interdiction temporaire des feux se faisait attendre, et je n'en démords pas, il doit être pris maintenant. Lundi, deux informations ont montré que le blocage ne tient pas seulement à la préfecture.

La FMAE-CPIE Maore, fédération d'associations environnementales, a déposé en 2025 une proposition de motion devant le Comité de l'eau et de la biodiversité de Mayotte, le CEB. Elle n'a jamais été inscrite à l'ordre du jour, rapporte Le Journal de Mayotte. « À chaque fois que le CEB se réunit, nous demandons à ce qu'elle soit discutée. Mais, elle n'est jamais inscrite à l'ordre du jour », explique l'association, qui conclut d'une phrase : « En attendant, Maore brûle. » Le journal n'a pas publié le texte de la motion, mais le fichier qui l'illustre porte sur les feux de forêt. Le CEB n'a pas répondu dans l'article.

Le même jour, la demande formelle des Naturalistes de Mayotte a été relayée par le même journal. L'association demande au préfet un arrêté interdisant tout feu de végétation jusqu'à la fin décembre, des contrôles coordonnés entre polices municipales, police de l'Office français de la biodiversité et gendarmerie, des poursuites contre les auteurs, et une table ronde sur les alternatives au brûlis. Elle rappelle avoir recommandé dès juillet d'anticiper la saison. Selon elle, la surface brûlée en quelques jours approche la moyenne annuelle d'avant Chido, et le nombre de feux a été multiplié par dix depuis le cyclone, avec le bois mort accumulé.

Une instance consultative qui se tait

Le CEB est l'instance qui, dans les départements d'outre-mer, réunit l'État, les collectivités, les usagers et les associations autour de la politique de l'eau et des milieux. Il ne signe pas d'arrêté, mais il peut prendre position publiquement, au nom de tous ceux qui siègent autour de la table. Refuser pendant plus d'un an d'examiner une motion sur les incendies, alors que chaque saison sèche depuis Chido se termine sur des collines noires, revient à priver le préfet d'un avis collectif qui l'aurait engagé. On peut juger la motion mal rédigée, ou s'y opposer. Encore faut-il la mettre aux voix et que le vote figure au compte rendu.

La question relève bien de ce comité, parce que le feu finit toujours dans l'eau. L'info Kwezi le décrit précisément. Un sol privé de couvert prend la pluie de plein fouet ; la terre file vers les ravines, puis vers le lagon, où elle envase les herbiers et étouffe les coraux. Une colline brûlée retient aussi moins d'eau pour les rivières et les captages, sur une île qui vit encore au rythme des tours d'eau. Chaque hectare de Bénara parti en fumée ce week-end coûtera en turbidité à la saison des pluies, puis en traitement dans les usines de potabilisation.

Les causes avancées par la presse sont connues. On y trouve des brûlis agricoles après les premières pluies, des défrichements par le feu sur des terrains occupés sans autorisation, d'après des témoignages, et le vent du week-end. Une piste malveillante est aussi évoquée. En redescendant du Bénara, des pompiers auraient fait fuir des personnes qui semblaient vouloir allumer un autre feu, selon L'info Kwezi. Aucune de ces causes ne se règle avec des hélicoptères bombardiers d'eau, ce que les Naturalistes disent sans détour.

Interdire, avec des dérogations

L'interdiction temporaire des feux de végétation, prise sans attendre une réunion de plus, doit couvrir la période allant jusqu'à l'installation durable des pluies. Elle devra s'accompagner d'une dérogation encadrée pour les agriculteurs déclarés qui ne peuvent pas faire autrement, avec déclaration préalable en mairie et présence d'un point d'eau, faute de quoi elle sera ignorée dans les champs de Bouéni comme de Poroani. Les contrôles demandés par les Naturalistes supposent des patrouilles conjointes sur les secteurs qui brûlent chaque année, dans le sud et le centre de l'île.

Le CEB, de son côté, doit inscrire la motion de la FMAE à sa prochaine séance et publier la date de cette séance. La table ronde sur les alternatives au brûlis peut se tenir sous son égide, avec la chambre d'agriculture, l'ONF et les communes. La Fondation de France a déjà financé après Chido le nettoyage de parcelles agricoles et du petit matériel pour les cultivateurs, selon Flash Infos du 2 novembre ; des broyeurs mis à disposition par commune coûteraient moins cher qu'un hélicoptère qui tourne au-dessus du Bénara.

Sources

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