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Quinze voix sur vingt pour le président sortant, l'Université de Mayotte attend la décision du ministre

Le conseil d'administration a classé en tête Abal-Kassim Cheik Ahamed le 3 novembre. Les statuts, qui laissent au dirigeant un rôle déterminant dans le choix de six des vingt administrateurs, sont contestés devant le tribunal administratif.

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Quinze voix sur vingt pour le président sortant, l'Université de Mayotte attend la décision du ministre
Photo : Le centre universitaire (Dembéni, Mayotte) (34035754784) — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Quinze voix sur vingt. Mardi 3 novembre, le conseil d'administration de l'Université de Mayotte a classé en tête, parmi trois candidats, son président sortant Abal-Kassim Cheik Ahamed, d'après les résultats communiqués par l'établissement et repris par Le Journal de Mayotte. Le scrutin a été transmis au ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, qui décidera de la nomination. Le mandat en cours s'achève le 13 décembre et la prise de fonctions est annoncée pour le lendemain, pour cinq ans.

À Dembéni, ce résultat n'a pas refermé le débat. Mayotte Hebdo rapporte que des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs et des organisations syndicales contestent depuis plusieurs années la gouvernance de l'établissement. Le 17 juillet 2026, la CGT Éduc'Action et Sup'Recherche-UNSA ont adressé une lettre ouverte au président de la République pour réclamer une nouvelle inspection indépendante et la mise sous administration provisoire de l'université. Selon le journal, ce courrier est resté sans suite connue. La direction, de son côté, conteste plusieurs des griefs qui lui sont faits.

Les reproches adressés à une équipe de direction relèvent des inspections et, le cas échéant, des tribunaux, et plusieurs procédures sont en cours selon Mayotte Hebdo. La règle du jeu, elle, peut être discutée publiquement dès maintenant, d'autant qu'elle s'appliquera quel que soit le nom inscrit sur l'arrêté ministériel.

Un directeur qui choisit une partie de ses électeurs

L'Université de Mayotte porte le nom d'université, mais elle relève, comme le rappelle Mayotte Hebdo, du régime des instituts et écoles extérieurs aux universités. Son dirigeant, appelé président par les statuts, est juridiquement un directeur nommé par le ministre sur proposition du conseil d'administration. Ce conseil compte vingt membres, dix représentants élus des personnels et des étudiants et dix personnalités extérieures. Six de ces dernières, toujours selon le journal, sont désignées suivant une procédure où le président de l'établissement joue un rôle déterminant.

Le dirigeant pèse donc sur le choix de près d'un tiers des membres de l'instance qui se prononcera, quelques années plus tard, sur son propre renouvellement. Les personnalités extérieures restent libres de leur vote, et rien n'indique qu'elles aient voté autrement qu'en conscience. La règle n'en expose pas moins le dirigeant reconduit au soupçon, puisqu'elle demande de faire confiance là où elle pourrait garantir l'indépendance. Des représentants des personnels cités par Mayotte Hebdo demandent : « Comment garantir une gouvernance véritablement démocratique lorsque les personnels de l'établissement disposent d'une représentation aussi limitée dans le choix de leur dirigeant et que ce dernier intervient lui-même dans la composition de l'instance appelée à se prononcer sur son renouvellement ? »

Les statuts font d'ailleurs l'objet d'un recours devant le tribunal administratif, indique le journal. Le scrutin du 3 novembre s'est tenu selon la procédure prévue par ces statuts, et sa régularité n'est pas en cause ici.

Ce que le ministre peut faire avant le 14 décembre

La décision appartient désormais au ministre, et c'est à lui que la rédaction s'adresse. Sans attendre la réforme des statuts, il peut faire précéder la nomination d'une réponse publique à la lettre syndicale de juillet, qui dise si une inspection a été menée, ce qu'elle a constaté ou pourquoi elle n'a pas été jugée utile. Les étudiants mahorais et leurs familles, qui ont souvent fait le choix de rester sur l'île pour étudier, ont droit à cette information.

À plus long terme, la composition du conseil doit changer. Les personnalités extérieures pourraient être désignées par des institutions identifiées, le rectorat, le Département-Région, les intercommunalités, les chambres consulaires ou le CHM, sans intervention du dirigeant en place. Les personnels pourraient aussi être consultés, même à titre indicatif, avant la proposition faite au ministre. Ces changements relèvent d'un arrêté ou d'une modification des statuts, et ils peuvent être engagés pendant le prochain mandat.

La question du statut lui-même se pose aussi. Un passage au régime des universités de plein exercice donnerait à l'établissement un président élu selon le droit commun, et clarifierait des règles que les personnels jugent aujourd'hui taillées pour la continuité.

Le mandat actuel prend fin le 13 décembre 2026. D'ici là, le ministère peut rendre publiques sa réponse aux syndicats et sa position sur les statuts, ce qui donnerait aux personnels comme aux étudiants de Dembéni une base écrite pour discuter de la réforme pendant les cinq années suivantes.

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