Travaux

Sans ponton depuis Chido, les professionnels de la mer reprendront la mobilisation le 2 novembre

Le Département annonce l'attribution du marché de Dzaoudzi en novembre, des travaux en décembre et un ponton définitif à Mamoudzou dans un an à un an et demi. La sécurité des bateaux amarrés n'a toujours pas de responsable.

Version audio
Partager
Sans ponton depuis Chido, les professionnels de la mer reprendront la mobilisation le 2 novembre
Photo : La barge à Dzaoudzi (Mayotte) (34019109614) — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Le 18 mai, un bateau de plaisance tournait dans le lagon avec une banderole qui disait « Chido est passé, l'abandon est resté ». Ce jour-là, les professionnels de la mer avaient ralenti les barges entre Petite-Terre et Grande-Terre pendant plusieurs heures, en opération escargot. Cinq mois plus tard, ils annoncent qu'ils retourneront sur l'eau à partir du lundi 2 novembre, pour la même raison. À Dzaoudzi, le ponton emporté par le cyclone n'a pas été remplacé. À Mamoudzou, le ponton provisoire installé en mai 2025 est jugé trop petit, peu solide et difficile à utiliser à cause de sa proximité avec les amphidromes, rapporte Mayotte la 1ère.

Dans son courrier du 23 octobre, le Cluster Tourisme de Mayotte décrit l'ordinaire de ces entreprises, qui emmènent les visiteurs voir les baleines ou plonger sur la barrière. Il parle de « contraintes d'exploitation majeures », de surcoûts d'entretien, de difficultés à s'assurer et de bateaux exposés aux vols et aux dégradations. Il dénonce surtout le « non-respect des engagements pris en juillet », selon L'info Kwezi. Le 6 juillet, une deuxième action avait été annulée après des réunions avec l'État et le Département-Région, en échange notamment d'un ponton d'urgence à Dzaoudzi, que personne n'a vu arriver depuis.

Décembre pour Dzaoudzi, au mieux 2028 pour Mamoudzou

Le Département a répondu le jour même, avec pour la première fois des dates. Abass Abdou Djanfar, directeur général adjoint chargé de la résilience territoriale, explique à Mayotte la 1ère que la première consultation pour le ponton de Petite-Terre a échoué, les offres reçues étant trop chères. Une nouvelle procédure est en cours d'analyse. Le marché serait attribué « courant novembre » et les travaux commenceraient en décembre, pour une durée de trois à six mois. À Mamoudzou, les offres pour l'enrochement et le ponton définitif doivent arriver le 12 novembre. Il faudra compter « un an à un an et demi » avant l'ouvrage définitif. Le Département refuse un second ponton provisoire, puisque le chantier du définitif est entamé et que des fonds y ont déjà été engagés. Il propose de décaler l'embarquement et le débarquement des barges en fonction des horaires des prestataires.

Ces délais situent la mise en service à Dzaoudzi entre mars et juin 2027 si tout se passe bien, et à Mamoudzou au début de 2028 dans l'hypothèse la plus favorable. Les entreprises qui travaillent sans quai digne de ce nom depuis décembre 2024 passeraient ainsi la saison des baleines 2027 sans ponton définitif à Mamoudzou, et sans ponton du tout à Dzaoudzi si le chantier de Petite-Terre glisse au-delà de juin.

La position du Département se défend sur un point. Construire un provisoire à Mamoudzou au moment où l'on lance le définitif reviendrait à payer deux fois le même service, sur le même site, pour quelques mois d'usage. Elle se défend beaucoup moins à Dzaoudzi, où l'engagement de juillet portait justement sur une solution d'urgence et où rien n'a été posé depuis. L'échec d'une première consultation arrive dans beaucoup de marchés publics. Il aurait dû être annoncé aux professionnels dès qu'il était connu, avec la date de la nouvelle procédure. Ils l'apprennent aujourd'hui par la presse, à dix jours de leur mobilisation.

La sécurité des bateaux, renvoyée à la commune et au préfet

Reste la sécurité des navires amarrés, qui n'a toujours pas de responsable désigné. Les vols et dégradations sur les navires amarrés « ne relèvent pas des compétences du Département », explique le directeur général adjoint, qui renvoie vers la commune de Mamoudzou et la préfecture. Aucune des deux ne s'est exprimée publiquement à ce stade. Le Cluster ne sait donc toujours pas à qui adresser cette partie de ses revendications.

Nous demandons qu'avant le 2 novembre, le Département, la Ville de Mamoudzou et la préfecture signent avec le Cluster un document unique et daté qui reprenne les étapes annoncées. Il fixerait l'attribution du marché de Petite-Terre en novembre, le démarrage des travaux en décembre, l'ouverture des offres de Mamoudzou le 12 novembre et un calendrier de chantier publié dans la foulée. Il dirait aussi qui assure la surveillance des zones d'amarrage, avec quels moyens et à partir de quand, même s'il ne s'agit que de rondes de la police municipale ou d'un éclairage provisoire. Avec un tel document, les professionnels de la mer auraient de quoi suspendre leur mouvement, comme ils l'avaient fait en juillet.

Comme le 18 mai, c'est la barge qui serait ralentie, celle que les habitants de Petite-Terre prennent pour aller travailler ou se soigner à Mamoudzou, et ceux de Grande-Terre pour rejoindre l'aéroport. Les élus départementaux peuvent éviter cette nouvelle opération escargot en posant à Dzaoudzi le ponton d'urgence promis en juillet. Le Département dit qu'il rencontrera les prestataires pour leur présenter le nouveau calendrier, sans avoir encore fixé de date, alors que la mobilisation doit commencer le lundi 2 novembre.

Sources

Cet article vous a intéressé ? Partagez-le :

Partager

La semaine de Chef Bé

Chaque samedi matin, les articles les plus lus de la semaine sur Mayotte, dans votre boîte e-mail. Gratuit, sans publicité, désinscription en un clic.

Hiçbir yorum bulunamadı
Annoncez sur Chef Bé dès 5 €, votre marque devant tout MayotteAnnonce Chef Bé