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Sous le lagon, une fuite de 300 m³ par heure prive d'eau Mamoudzou, Koungou et Petite-Terre

La SMAE a isolé une fuite sur la plus grosse des deux conduites sous-marines après vingt-quatre heures de recherches. Des plongées sont prévues lundi, mais aucune date de réparation n'est annoncée, à dix semaines de la fin de son contrat.

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Sous le lagon, une fuite de 300 m³ par heure prive d'eau Mamoudzou, Koungou et Petite-Terre
Photo : La rade de Dzaoudzi (Mayotte) (34861056475) — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

La SMAE dit perdre trois cents mètres cubes par heure sur « le plus gros des 2 sea-lines dans le lagon », selon le communiqué publié dimanche 18 octobre et repris par Mayotte la 1ère et Le Journal de Mayotte. Sur une journée entière, cela représente plus de 7 000 m³ d'eau traitée qui finissent dans la mer au lieu d'arriver aux robinets de Mamoudzou, de Koungou et de Petite-Terre.

L'opérateur explique avoir mis vingt-quatre heures d'exploration pour identifier puis isoler la fuite. Sa localisation précise exigeait encore des plongées, annoncées pour ce lundi 19 octobre afin de préparer la réparation. Aucune date de remise en état n'apparaît dans le communiqué, comme le relève Mayotte la 1ère. En attendant, les réserves sont trop basses pour un service normal et la SMAE a ouvert le réseau par plages, quartier par quartier. Dimanche, Mtsapéré-Bonovo et Doujani étaient servis jusqu'à 16 heures, la zone industrielle de Kawéni de midi à 17 heures, Kawéni village de 14 à 17 heures. À Mtsapéré, Majicavo-Koropa, Cavani, Labattoir-La Vigie et Pamandzi-Ouest, les ouvertures ont été repoussées à 18 heures.

Une canalisation au fond du lagon et peu de détails

Les secteurs 1 à 4 du réseau sont touchés, et l'opérateur parle lui-même de « grandes difficultés d'accès à l'eau potable », provoquées par « divers incidents » qui se sont enchaînés ces derniers jours. Le mot sea-line désigne ces conduites posées sur le fond marin. Quand l'une d'elles cède, il faut des plongeurs, une météo favorable et du matériel adapté avant même de pouvoir chiffrer les travaux. Le communiqué ne dit rien de l'âge de cette conduite, de sa dernière inspection ou de la méthode de réparation envisagée. Il ne dit pas non plus si la seconde conduite, plus petite, peut compenser une partie des volumes pendant le chantier.

Une famille de Labattoir dont l'ouverture a été repoussée de six heures se demande surtout si elle doit remplir ses bidons pour deux jours ou pour deux semaines. Sans calendrier, chacun stocke au maximum, et ce réflexe vide plus vite les réservoirs au moment précis où l'opérateur tente de les reconstituer.

Bouillir l'eau la première demi-journée

Les consignes sanitaires qui accompagnent chaque remise en eau rappellent que l'incident dépasse le confort. La SMAE demande de fermer tous les robinets avant le retour de l'eau, de la laisser couler doucement, puis jusqu'à ce qu'elle redevienne claire en la récupérant pour un usage non alimentaire. Elle recommande surtout de faire bouillir l'eau de boisson et de cuisine pendant la première demi-journée. Faire bouillir des dizaines de litres a un coût en gaz que personne ne compte, et la consigne suppose que l'information arrive à temps, ce qui n'est pas acquis quand les horaires changent dans la journée.

Le calendrier n'arrange rien, puisque le contrat de la SMAE arrive à son terme le 31 décembre. Nous relevions déjà le 13 octobre que Mayotte ne savait toujours pas qui distribuerait son eau après cette date. Une réparation sous-marine engagée fin octobre par un exploitant sur le départ laisse les usagers sans savoir qui garantira l'ouvrage en janvier, ni qui paiera si la réparation lâche.

Dès que les plongeurs auront rendu leur diagnostic, la SMAE doit publier une date prévisionnelle de réparation, même approximative, et la mettre à jour chaque jour en même temps que les créneaux d'ouverture. Le syndicat Les Eaux de Mayotte, propriétaire du réseau, doit dans la foulée rendre public l'état des deux conduites du lagon, avec leur âge, leurs dernières inspections et les travaux déjà prévus, car ces ouvrages appartiennent à la collectivité. Pour les quartiers servis le soir seulement, la préfecture et l'ARS peuvent ouvrir des points d'eau ou des rampes de distribution aux heures où les familles en ont besoin, en particulier près des écoles et de la maternité. Le cahier des charges du prochain contrat d'exploitation devrait imposer un plan d'inspection régulier des conduites sous-marines et une solution de secours documentée, pour que la prochaine fuite ne se découvre pas après vingt-quatre heures de recherches.

Qu'il faille des plongeurs pour trouver une fuite au fond de la mer, chacun le comprend, mais un service public de l'eau doit aussi tenir ses usagers informés au fil des jours, y compris de ce qu'il ignore encore. Les habitants de Mamoudzou et de Petite-Terre attendent le résultat des plongées de ce lundi 19 octobre et la date de réparation qui doit en découler.

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