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Taxe foncière doublée à Mamoudzou, la mairie doit ouvrir les comptes de Chido sans attendre 2029

Quatre communes mahoraises figurent parmi les quinze plus fortes hausses de taxe foncière de France en 2026. À Mamoudzou, le maire renvoie une baisse à 2029 et le collectif TCTF appelle à un nouveau rassemblement dimanche 18 octobre. Je demande la facture détaillée de Chido dès maintenant.

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Taxe foncière doublée à Mamoudzou, la mairie doit ouvrir les comptes de Chido sans attendre 2029
Photo : Mamoudzou City Hall (10030018363) — David Stanley from Nanaimo, Canada, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Dimanche 18 octobre, à 15 h 30, le collectif « Tous contre la taxe foncière » donne rendez-vous aux contribuables de Mamoudzou place Makengo, à M'tsapéré. Reçus le 7 octobre à l'hôtel de ville, ses représentants en sont ressortis sans aucun geste sur les taux et ont annoncé cette nouvelle mobilisation les 13 et 14 octobre, selon Mayotte Hebdo et Mayotte la 1ère. Je pense que leur colère est fondée, et que la réponse du maire les laisse sans calendrier ni comptes détaillés.

Un taux voté en avril, découvert fin août

En avril 2026, le conseil municipal de Mamoudzou a porté le taux communal de la taxe foncière sur les propriétés bâties de 9,17 % à 17,93 %, et celui du non bâti de 4,23 % à 8,27 %. La commune en attend environ 6 millions d'euros de recettes supplémentaires. Les propriétaires ont reçu leurs avis fin août. Un premier rassemblement a eu lieu le 27 septembre à la pointe Mahabou.

Le 11 octobre, la Ville a publié un communiqué. Elle y indique n'avoir pas touché à ses taux de 2020 à 2025 et chiffre à 91,7 millions d'euros les dégâts subis par son patrimoine pendant le cyclone Chido. Ses assurances sont plafonnées à 12 millions, dont 8 millions déjà perçus, d'après Mayotte Hebdo. Le maire, Ambdilwahedou Soumaïla, s'engage à revoir les taux à la baisse à partir de 2029, « une fois les priorités de la reconstruction amorcées ».

D'autres communes de l'île ont fait de même. Le classement établi par MoneyVox à partir des données de la DGFiP place quatre communes mahoraises parmi les quinze plus fortes hausses de France en 2026, avec Chirongui en tête.

Les chiffres

  • +126,97 % pour le taux communal de Chirongui, +105,76 % pour Kani-Kéli, +95,53 % pour Mamoudzou, +40 % pour Ouangani (MoneyVox, données DGFiP, 5 septembre 2026)
  • 91,7 millions d'euros de dégâts sur le patrimoine communal de Mamoudzou (communiqué de la Ville, 11 octobre 2026)
  • Environ 6 millions d'euros de recettes attendues de la hausse (Mayotte Hebdo, 13 octobre 2026)
  • Une épargne brute tombée de 8,5 millions d'euros en 2018 à 0,1 million en 2022 (Chambre régionale des comptes, rapport du 10 juillet 2024, cité par Mayotte Hebdo)

Une commune fragile bien avant le cyclone

Le cyclone a bien laissé à la commune chef-lieu des écoles, des voiries et des bâtiments à reconstruire. Le communiqué municipal pointe aussi des aides de l'État versées en retard et qui couvrent « au mieux 80 % des opérations éligibles ». Si c'est exact, une part de la hausse tient à la lenteur de l'État, et le préfet devrait le dire chiffres en main.

Les difficultés de Mamoudzou sont pourtant antérieures à décembre 2024. Dans son rapport rendu le 10 juillet 2024, la Chambre régionale des comptes relevait une capacité de désendettement de près de 26 ans au 1er janvier 2024, et notait que sur 22 recommandations formulées après l'examen des exercices 2014 à 2018, « une grande majorité n'a pas été mise en œuvre ». La juridiction y notait toutefois un redressement amorcé en 2023. Elle a par ailleurs relevé un déficit corrigé de 11,87 millions d'euros pour l'exercice 2024, rappelle Mayotte Hebdo. Le collectif avance de son côté un déficit de 53 millions fin 2025, un chiffre qui correspond plutôt à l'encours de la dette (53,86 millions) selon le même journal. Faute d'un document clair, des chiffres approximatifs prospèrent.

La taxe foncière frappe les propriétaires, y compris des familles dont la maison a elle-même été endommagée par Chido et qui n'ont pas fini de la remettre debout. Presque doubler d'un seul coup le taux communal de la taxe foncière, sans calendrier de sortie avant 2029 et sans qu'aucune mesure ciblée pour les ménages sinistrés n'ait été annoncée dans le communiqué du 11 octobre, fait payer la reconstruction des bâtiments communaux à des foyers qui financent déjà celle de leur propre maison.

Quant à la promesse de 2029, elle n'est assortie, dans le communiqué municipal, d'aucun échéancier. Rien n'y indique ce que la commune considérera comme des priorités amorcées, ni à quel niveau les taux redescendront.

Ce que répondent les autres

Dans son communiqué du 11 octobre, la Ville de Mamoudzou estime que l'effort est partagé. « Les élus du conseil municipal, également contribuables concernés, ont baissé leurs indemnités de 10 %, le budget de fonctionnement de la Ville est en baisse de 6,5 % en 2026 », écrit-elle, citée par Mayotte la 1ère. Elle précise que les 6 millions financeront la reconstruction mais aussi « le financement général des services du quotidien ». Le maire a déclaré : « Sans Chido, les taux n'auraient pas augmenté », selon Mayotte Hebdo. Le collectif lui répond, dans Mayotte la 1ère : « Le maire nous a opposé un refus catégorique. Nous voulions que l'augmentation soit annulée ou baissée, mais il n'y a eu aucune négociation. » Aucune réaction publique de la préfecture de Mayotte sur le niveau des aides versées à la commune n'a été trouvée à la date de publication.

Ce que je demande à la mairie et à la préfecture

Reconstruire les écoles est nécessaire. La commune doit en revanche montrer quelle part de ces 6 millions y sera consacrée, puisqu'elle annonce elle-même qu'une partie ira aux services du quotidien. Le maire de Mamoudzou devrait publier, avant le prochain débat d'orientation budgétaire, la liste des opérations liées à Chido avec pour chacune le coût, l'aide de l'État notifiée, l'aide réellement versée et la part restée à la charge de la commune. Il devrait aussi présenter au conseil municipal un taux révisé pour 2027, à voter avant le 15 avril 2027, date limite habituelle du vote des taux, au lieu d'un rendez-vous fixé en 2029.

Au préfet de Mayotte, je demande de rendre public, commune par commune, l'état des subventions de reconstruction notifiées et payées depuis décembre 2024. Les contribuables de Chirongui, de Kani-Kéli, d'Ouangani et de Mamoudzou sauraient ainsi ce que l'État a réellement payé. Le collectif, lui, appelle à un nouveau rassemblement dimanche 18 octobre à 15 h 30, place Makengo.

Sources

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