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Un taquet de quelques centaines d'euros attendu cinq mois, et les usagers de la barge paient l'attente

Les prestataires nautiques ont bloqué les barges près de deux heures et demie ce 2 novembre. L'appel d'offres du ponton de secours de Dzaoudzi est clos depuis le 20 août, et la Petite-Terre attend toujours. Le Département-Région doit publier ses décisions écrites avant le 9 novembre.

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Un taquet de quelques centaines d'euros attendu cinq mois, et les usagers de la barge paient l'attente
Photo : Barge Mayotte — Perrine Pépin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Lundi 2 novembre, peu avant 7 heures, des prestataires d'activités nautiques ont immobilisé les barges entre Mamoudzou et la Petite-Terre. Selon Le Journal de Mayotte, plusieurs centaines d'usagers sont restés sur les quais, dont certains devaient rejoindre leur travail ou prendre l'avion. La dernière barge partie de Petite-Terre à 6 h 45 a dû faire demi-tour. Le blocage, annoncé jusqu'à 17 heures, a été levé vers 9 h 30, rapporte Mayotte la 1ère.

Six mois de rendez-vous manqués

Le mouvement a été lancé à l'appel du Cluster Tourisme de Mayotte, présidé par Antoine Tordeur. D'après Mayotte Hebdo, l'association réclame des installations provisoires fonctionnelles et sécurisées, un calendrier précis de reconstruction ainsi que des mesures pour protéger les navires. Son communiqué constate que « les délais annoncés n'ont pas été respectés ».

Le cyclone Chido, le 14 décembre 2024, a privé la Petite-Terre de ponton. À Mamoudzou, l'installation provisoire posée en mai 2025 est jugée trop petite, fragile et trop proche des barges par les professionnels. Le 18 mai 2026, ils avaient déjà perturbé la traversée. Une nouvelle manifestation prévue le 6 juillet avait été annulée après que le Département-Région s'est engagé, selon le Cluster cité par Mayotte Hebdo, « à lancer, dans les prochaines semaines, les démarches nécessaires à la mise en place d'un ponton d'urgence à Dzaoudzi ».

Ces démarches ont bien commencé sur le papier. Le Département-Région a envoyé le 29 juillet un avis de marché pour des « travaux d'aménagement d'un ponton secours d'accostage et d'amarrage pour les bateaux de plaisance à Dzaoudzi », avec une date limite de remise des offres fixée au 20 août et une durée de marché de douze mois, d'après l'avis publié. Dix semaines après cette date limite, aucun ponton d'urgence n'accueille les clients en Petite-Terre. Ils y débarquent sur la plage du Faré et, à marée basse, marchent jusqu'à 200 mètres dans le sable, rapporte L'info Kwezi.

Denis Fabre, gérant de Mayotte Explo, parle à Mayotte la 1ère d'un terrain d'entente trouvé lundi matin « sur deux petits sujets, microscopiques mais qu'on attend depuis cinq mois ». Il s'agit du remplacement d'un taquet d'amarrage arraché par une barge il y a cinq mois et de projecteurs en Petite-Terre et en Grande-Terre, dossier qu'il dit « en cours ». Le taquet coûte, selon lui, « 500 euros » (il citait 400 euros à L'info Kwezi). Une réunion avec le président du Département-Région est prévue mardi 3 novembre sur le ponton d'urgence de Petite-Terre.

Les chiffres

  • Entre 30 et 40 %, la baisse du chiffre d'affaires du secteur estimée fin juin par le président du Cluster Tourisme (Mayotte Hebdo)
  • 20 août 2026, la date limite de l'appel d'offres pour le ponton de secours de Dzaoudzi (avis de marché du Département-Région)
  • Près de 2 h 30 de blocage lundi, de peu avant 7 heures à 9 h 30 (Mayotte la 1ère)
  • Quinze jours, l'ancienneté du préavis déposé par les professionnels avant le blocage (L'info Kwezi)
  • 400 à 500 euros, le prix du taquet d'amarrage attendu depuis cinq mois, selon un gérant (L'info Kwezi, Mayotte la 1ère)

Une petite économie que l'on fait attendre

Les prestataires du lagon emploient des salariés et vivent de leurs clients. Ils assurent aussi une bonne partie des taxis-bateaux, souligne Mayotte la 1ère, si bien que les habitants ne pouvaient pas se rabattre sur ces navettes lundi. Une baisse d'activité de 30 à 40 %, pour des petites entreprises qui paient des salaires, menace directement des emplois. Le Cluster cite d'ailleurs des « difficultés d'assurance » et « une exposition accrue des navires aux vols » parmi les conséquences de l'absence de pontons sécurisés.

Lundi, des salariés en route vers leur travail et des voyageurs en route vers l'aéroport, qui ne sont pour rien dans ce retard, ont payé deux heures et demie d'attente. Je désapprouve le blocage d'un service public de transport, même s'il a suffi, en une matinée, à arracher la promesse d'un taquet de quelques centaines d'euros attendu depuis cinq mois. Denis Fabre affirme d'ailleurs à L'info Kwezi n'avoir reçu aucun contact des autorités pendant les quinze jours du préavis.

Devant Mayotte la 1ère, il affirme aussi que, depuis Chido, un ponton a été installé à Mamoudzou pour les bateaux de croisière, un autre à Ballou pour le Maria Galanta, et que d'autres ont été ajoutés pour la gendarmerie et la Marine nationale. Si ces chantiers ont pu être menés, la collectivité doit expliquer pourquoi l'outil de travail des entreprises locales du lagon passe après.

Ce que répondent les autres

Aucune déclaration publique du Département-Région n'a été trouvée à la date de publication. D'après Le Journal de Mayotte, le blocage a été levé après la venue sur place de représentants de la collectivité. L'info Kwezi rapporte que des discussions se seraient tenues avec des représentants de la préfecture, du Département et de la commune de Mamoudzou, et que le directeur général adjoint chargé des transports et de la mobilité aurait obtenu la reprise des rotations en échange d'une remise en état rapide des taquets. En juillet, Mayotte Hebdo écrivait que la préfecture « suivra le respect du calendrier fixé ». Aucune réaction publique de la préfecture sur le blocage de lundi n'a été trouvée.

Un relevé de décisions avant le 9 novembre

Le Cluster a déjà renoncé une fois à son mouvement sur la foi de simples engagements. Denis Fabre prévient que, « si rien ne bouge d'ici une semaine », la grève reprendra la semaine prochaine. Si elle reprend faute d'engagement vérifiable, ce seront de nouveau les usagers de la barge qui attendront sur les quais.

Je demande au président du Département-Région de publier, au plus tard le lundi 9 novembre, un relevé de décisions de la réunion du 3 novembre. Il doit indiquer le sort de l'appel d'offres clos le 20 août pour le ponton de secours de Dzaoudzi (attribué, relancé ou déclaré infructueux), une date d'installation de ce ponton, et un calendrier des pontons définitifs de Mamoudzou et de Dzaoudzi. Je demande au préfet de Mayotte, dont les services devaient selon Mayotte Hebdo suivre ce calendrier depuis juillet, de rendre public ce suivi à la même date. Le taquet promis lundi matin doit, lui, être posé avant l'échéance d'une semaine fixée par les professionnels.

Sources

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