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Une saison cyclonique annoncée plus calme ne dit pas aux Mahorais où se trouvent leurs abris

El Niño devrait pousser les cyclones vers le sud cette saison, et une zone dépressionnaire est surveillée près des Seychelles. À Mamoudzou, le plan communal de sauvegarde a été présenté au public le 13 octobre, avec ses sites de mise en sûreté.

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Une saison cyclonique annoncée plus calme ne dit pas aux Mahorais où se trouvent leurs abris
Photo : Cyclone Chido Pummels Mayotte (153708 - lrg) — NASA, Domaine public, via Wikimedia Commons

Le premier nom est déjà choisi. Si une tempête tropicale se forme cette saison dans le sud-ouest de l'océan Indien, elle s'appellera Agueda, un nom proposé par le Mozambique, et la suivante portera le nom de Bertrand, proposé par la France. Puis viendront Celiwe et Dira. L'info Kwezi rappelait cette liste lundi en signalant une zone dépressionnaire à surveiller près des Seychelles. Selon les prévisions de Météo-France citées par le site, le risque de voir naître une tempête tropicale y était jugé faible à partir du lundi 19 octobre et modéré à compter du mercredi 21, avec un déplacement lent vers le sud-ouest. Aucune menace n'était identifiée pour Mayotte ni pour La Réunion.

Personne ne doit s'affoler d'une zone de basses pressions à plus d'un millier de kilomètres. L'alerte tombe pourtant à propos, car elle rappelle aux Mahorais que la saison commence, la deuxième depuis Chido, et que les promesses de vigilance faites en décembre 2024 doivent maintenant se traduire dans les quartiers.

El Niño pousse les trajectoires vers le sud

Les prévisions régionales invitent plutôt à l'optimisme. À Madagascar, la Direction générale de la météorologie a présenté ses perspectives pour la saison chaude 2026-2027 en s'appuyant sur le forum régional de prévision climatique, le SWIOCOF-15. D'après L'Express de Madagascar, elle attend un nombre de cyclones inférieur à la normale, et l'épisode El Niño en cours orienterait les trajectoires principalement vers le sud. Entre zéro et deux cyclones pourraient toucher directement la Grande Île.

La même responsable malgache, Anzela Mamiarisoa Ramarosandratana, a aussitôt tempéré son propre message : « Avec le réchauffement climatique, l'enjeu n'est plus tant le nombre de cyclones que leur impact. Même un seul phénomène peut provoquer des dégâts considérables à Madagascar ». Cette phrase s'applique telle quelle à Mayotte, où une seule trajectoire malheureuse suffit à dévaster l'île même en saison calme, et chacun ici sait ce qu'a produit un seul cyclone le 14 décembre 2024. Les prévisionnistes malgaches annoncent en outre, pour le nord de Madagascar, des conditions proches de la normale ou plus humides d'octobre à avril, avec des risques de fortes pluies et de glissements de terrain. Cette prévision, qui ne porte que sur Madagascar, laisse quand même deviner que sur une île en pente comme la nôtre, l'eau peut faire des dégâts sans attendre le vent.

Un plan communal que peu d'habitants ont vu

La commune de Mamoudzou a choisi la Journée nationale de la résilience, le 13 octobre, pour présenter son plan communal de sauvegarde sur le terre-plein de la halle des pêches de M'tsapéré. Le Journal de Mayotte décrit un document qui recense les numéros d'urgence, la chaîne d'alerte, mais surtout les centres d'hébergement temporaire et les sites de mise en sûreté vers lesquels des familles pourraient être évacuées. Le même jour, à Doujani, le Réseau inter-associatif de Mayotte accueillait près de deux cents personnes dès 8 heures avec quatorze collectifs partenaires. Les Compagnons Bâtisseurs y faisaient repérer par le jeu les failles de construction des maisons, et les jeunes du RSMA dégageaient les caniveaux.

Ce travail de quartier compte autant que le document, car un plan de sauvegarde n'a de valeur que si une mère de famille de Kawéni ou de Tsoundzou sait, sans chercher, où se trouve le centre d'hébergement le plus proche et par quel chemin y aller quand l'électricité est coupée et que le réseau téléphonique tombe. Je ne connais pas l'état des plans de sauvegarde dans les dix-sept communes de l'île, et c'est bien le problème, puisque le public n'a aucun moyen simple de le vérifier.

La saison annoncée plus calme offre un répit qu'il serait coupable de gaspiller, parce qu'il permet de préparer sans l'urgence d'une alerte rouge ce qui ne peut pas s'improviser. Chaque commune devrait afficher avant le 1er décembre, à la mairie, dans les écoles et dans les mosquées, la liste de ses abris de mise en sûreté, avec leur capacité et le nom d'un responsable joignable. La préfecture pourrait réunir ces listes sur une page unique, lisible sur un téléphone ancien, d'autant qu'Orange coupera son réseau 2G à Mayotte le 31 décembre, selon Mayotte Hebdo. Les associations comme les Compagnons Bâtisseurs méritent aussi un soutien financier pour passer de l'atelier pédagogique à la visite à domicile, toit par toit, dans les quartiers de tôle où l'on a reconstruit vite et souvent sans fixation solide.

Le reste relève de gestes que chacun connaît, comme garder de l'eau, recharger les lampes, ranger ce qui peut s'envoler, et suivre les bulletins officiels plutôt que les messages relayés de groupe en groupe. Météo-France devait réévaluer à partir du mercredi 21 octobre le risque de formation d'une tempête près des Seychelles, et ce bulletin dira si Agueda naît dès cette semaine.

Sources

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