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Vingt centimes à quatre euros la nuit, le Centre-Ouest de Mayotte aura sa taxe de séjour en 2027

Chiconi, Ouangani, Tsingoni, M'tsangamouji et Sada suivront la Cadema au 1er janvier. Les hébergeurs sont réunis le 7 novembre à Coconi, mais l'intercommunalité n'a publié aucune estimation de ce que la taxe rapportera.

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Vingt centimes à quatre euros la nuit, le Centre-Ouest de Mayotte aura sa taxe de séjour en 2027
Photo : Sada soleil — Frédéric Ducarme, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Vingt centimes la nuit sous une tente, quatre euros dans un palace que l'île n'a pas encore. Entre les deux, la grille que la communauté de communes du Centre-Ouest vient de diffuser fixe ce que paieront, à partir du 1er janvier 2027, les visiteurs qui dormiront à Chiconi, Ouangani, Tsingoni, M'tsangamouji ou Sada. Après la Cadema en juillet, la 3CO sera la deuxième intercommunalité de Mayotte à appliquer une taxe de séjour, a rappelé Mayotte la 1ère le 4 novembre. Les hébergeurs sont convoqués le samedi 7 novembre à 9 heures au pôle d'excellence rurale de Coconi pour en connaître les règles.

Le principe est connu partout en France. Le client paie par nuitée un montant qui dépend de la catégorie de l'hébergement, et l'hébergeur collecte la somme pour la reverser à la collectivité. Quand la réservation passe par Airbnb ou Booking, la plateforme peut s'en charger elle-même. Selon le Journal de Mayotte du 4 novembre, tous les hébergements touristiques marchands sont concernés, de l'hôtel à la chambre d'hôtes, du gîte au meublé de tourisme et à la location saisonnière.

L'office de tourisme du Centre-Ouest ne cache pas qu'il doit rassurer. « Ce n'est pas non plus des sommes exorbitantes et c'est effectivement à la charge du client », a expliqué sa directrice adjointe, Samina Mahamoudou, à Mayotte la 1ère. L'argent, promet-elle, servira à la promotion, à l'attractivité du territoire et à l'accompagnement des professionnels, car « on sait qu'il y a un grand besoin de demande de formation, d'accompagnement des structures touristiques locales ». Le Journal de Mayotte cite aussi la mise en valeur du patrimoine naturel et culturel, l'accueil et l'information des visiteurs.

Une recette modeste pour cinq communes qui manquent de tout

Sur le rendement, mieux vaut rester modeste. Le Centre-Ouest compte peu de lits marchands, et une partie de ceux qui existent sont des chambres chez l'habitant ou des gîtes tenus par des familles. Tant que l'offre restera aussi mince, le produit sera faible, et la collectivité n'a publié aucune estimation de rendement, ce qu'elle devrait corriger avant janvier.

Elle aura au moins le mérite d'obliger la collectivité à savoir qui héberge qui, combien de nuits et à quel prix. Aujourd'hui, personne ne connaît précisément le nombre de meublés loués à la nuit entre Sada et M'tsangamouji, ni la part des réservations qui passent par les plateformes. La collecte va produire cette connaissance. Bien utilisée, elle dira enfin combien pèse vraiment le tourisme du Centre-Ouest, dont les schémas d'aménagement parlent tant.

Elle crée aussi un lien direct entre ce que paie le visiteur et ce qu'il trouve sur place. Celui qui vient voir le coucher de soleil sur la baie de Sada ou monter vers les crêtes de Tsingoni paiera quelques dizaines de centimes par nuit. Il est en droit d'attendre en retour une plage propre, un sentier balisé, des toilettes publiques qui fonctionnent et une information à jour. Ce sont des dépenses que les petites communes repoussent d'année en année, faute de budget, et que le produit de la taxe peut financer légalement puisque la loi le réserve au développement touristique.

La place des petits hébergeurs mahorais

Le cas des plus petits est plus délicat. Une famille qui loue deux chambres à Chiconi n'a ni logiciel de réservation ni comptable. Si la déclaration est trop lourde, elle sortira des radars et continuera à louer sans rien déclarer, ce qui pénalisera les hébergeurs qui jouent le jeu. La réunion de Coconi est donc utile, et l'office de tourisme a raison d'insister sur la présence de tous les hébergeurs, professionnels ou particuliers.

Il faudrait aller plus loin qu'une réunion unique un samedi matin. La 3CO pourrait proposer une déclaration trimestrielle sur papier ou par téléphone, en français et en shimaoré, pour ceux qui ne passent pas par les plateformes. Elle pourrait aussi tenir une permanence dans chacune des cinq communes pendant le premier trimestre 2027.

Une question n'a pas été posée publiquement, celle des visites familiales. Beaucoup de voyageurs qui viennent voir leur famille à Mayotte dorment chez elle. Ils ne sont pas concernés, la taxe ne visant que l'hébergement marchand. Encore faut-il que l'intercommunalité le dise clairement aux habitants, pour éviter les rumeurs qui accompagnent toute nouvelle taxe à Mayotte, surtout dans une année où la hausse de la taxe foncière à Mamoudzou a déjà mobilisé des collectifs.

Un compte annuel devant le conseil communautaire

Et puis il y a l'argent. Le produit de la taxe de séjour devrait faire l'objet d'un état annuel présenté au conseil communautaire de la 3CO, avec le montant collecté, le nombre de nuitées déclarées, la part reversée par les plateformes et la liste des dépenses financées. Ce document serait mis en ligne sur le site de l'intercommunalité. La Cadema, qui applique la taxe depuis juillet, pourrait faire de même dès son premier exercice, ce qui donnerait aux deux territoires une base de comparaison.

Le visiteur qui paiera vingt centimes ou deux euros ne lira sans doute jamais ce document. Les hébergeurs, qui collecteront l'argent pour le compte de la collectivité et devront parfois l'expliquer à des clients surpris, le liront, eux. Ils pourront commencer à poser leurs questions samedi 7 novembre, à 9 heures, à Coconi.

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