Circulation

Après le blocage de la barge, le Département-Région promet aux opérateurs nautiques des travaux sous quinze jours

Quai de Mamoudzou réparé, projecteurs contre les vols, ponton d'urgence en Petite-Terre d'ici six mois. Les engagements pris mardi arrivent aussi parce qu'un paquebot est attendu fin novembre, et les professionnels menacent de bloquer de nouveau vers le 18 novembre.

Version audio
Partager
Après le blocage de la barge, le Département-Région promet aux opérateurs nautiques des travaux sous quinze jours
Photo : La barge à Dzaoudzi (Mayotte) (34019109614) — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Les opérateurs nautiques ont désormais une date à cocher. Mardi 3 novembre, Ben Issa Ousseni, président du Département-Région, les a reçus avec sa vice-présidente chargée du développement économique, Bibi Chanfi. Ils sont repartis avec quinze jours de délai pour une série de petits travaux et la promesse d'un ponton d'urgence en Petite-Terre d'ici six mois. Si rien n'est fait vers le 18 novembre, leur porte-parole Denis Fabre, gérant de Mayotte Explo, a prévenu qu'ils bloqueraient de nouveau les barges.

La veille, ils avaient montré ce que vaut leur menace. Le lundi 2 novembre, peu avant 7 heures, leurs bateaux ont fermé le passage entre Mamoudzou et Dzaoudzi. La dernière barge partie de Petite-Terre a dû faire demi-tour. Le blocus a été levé vers 9 h 30, rapporte Mayotte la 1ère, après un accord de principe sur deux sujets que Denis Fabre lui-même jugeait « microscopiques », un taquet arraché par une barge cinq mois plus tôt et des projecteurs contre les vols. Entre-temps, des voyageurs qui devaient prendre l'avion à Pamandzi sont restés à quai.

Ce site a déjà écrit sur ce taquet attendu depuis cinq mois. Cette semaine, la nouveauté tient aux engagements pris mardi et au délai qui les accompagne.

Ce qui a été promis mardi au Département-Région

Selon le compte rendu de Mayotte la 1ère, les réparations du quai utilisé à Mamoudzou devaient commencer dès mercredi 4 novembre. Bibi Chanfi a parlé de « réponses très concrètes ». Ces réparations sur le ponton de secours étaient en réalité déjà prévues, car un bateau de croisière doit accoster d'ici trois semaines. Des barrières du service des transports maritimes seront déplacées pour empêcher les enfants de sauter du ponton, et deux agents du Département le surveilleront dans la journée, d'après Denis Fabre. Des projecteurs éclaireront les zones de mouillage des deux rives, où des bateaux sont régulièrement volés. La plateforme où les prestataires rangent leurs kayaks, derrière un restaurant du front de mer, sera nettoyée.

Le ponton d'urgence de Petite-Terre compte davantage. Depuis le 14 décembre 2024, il n'y en a plus aucun à Dzaoudzi. Le Flash Infos du 2 novembre indiquait qu'une offre avait été reçue pour sa construction, et Mayotte la 1ère écrit que l'appel d'offres doit se conclure la semaine prochaine. Les pontons définitifs, eux, attendront encore les procédures. Le Département a résumé sa position dans le même numéro de Flash Infos d'une formule, « on ne peut pas implanter un ponton du jour au lendemain ».

Près de deux ans sans ponton à Dzaoudzi

Le ponton provisoire de Mamoudzou, installé début mai 2025 pour les derniers croisiéristes de la saison, reste selon Flash Infos le seul ponton fonctionnel de la baie. Denis Fabre l'a rappelé dès le 2 novembre. Depuis Chido, selon lui, on a trouvé le moyen d'aménager des accostages pour les paquebots et pour le Maria Galanta à Ballou, sans compter ceux des forces de l'État. Les entreprises de la mer, qui ont des salariés et des clients, sont passées après. Quand un paquebot est annoncé, les réparations s'accélèrent. C'est d'ailleurs ce qui se passe cette semaine.

Je ne crois pas que bloquer la barge soit une bonne méthode. Le blocus de lundi a pénalisé des usagers qui n'y sont pour rien, des Petits-Terriens qui allaient travailler, des passagers qui avaient un vol. Il a aussi révélé une fragilité du transport entre les deux îles, souvent oubliée. Lors des grèves des agents de la barge, les taxis-bateaux prennent le relais. Lundi, ce sont précisément ces professionnels qui manifestaient, et la population n'avait plus de solution de secours.

Cette dépendance devrait pousser le Département-Région à traiter les pontons comme un équipement de transport, au même titre que les quais de la barge. Cela suppose un calendrier écrit et public, mis en ligne par la collectivité, qui donne au moins la date de notification du marché de Petite-Terre et celle de la livraison du ponton. Les engagements de juillet n'ont pas été tenus. Ceux de mardi gagneraient à être signés.

Pour les pontons définitifs de Mamoudzou et de Dzaoudzi, il manque une date de lancement des appels d'offres. Les professionnels savent qu'il faudra du temps, sans savoir combien. La sécurité de la baignade ne peut pas reposer sur deux agents et des barrières déplacées. Des enfants sautent du ponton entre deux rotations de barge, malgré les panneaux, et Denis Fabre craint l'accident.

Les opérateurs ont donné quinze jours. Le paquebot attendu fin novembre arrivera à peu près au même moment. Le Département-Région a donc jusqu'au 18 novembre pour montrer que les réparations du quai de Mamoudzou ont commencé et que le marché de Petite-Terre est notifié.

Sources

Cet article vous a intéressé ? Partagez-le :

Partager

La semaine de Chef Bé

Chaque samedi matin, les articles les plus lus de la semaine sur Mayotte, dans votre boîte e-mail. Gratuit, sans publicité, désinscription en un clic.

Geen reacties gevonden
Annoncez sur Chef Bé dès 5 €, votre marque devant tout MayotteAnnonce Chef Bé