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Au CHM, une grève suspendue contre des promesses que la direction doit tenir d'ici décembre

Sud Santé Sociaux a levé son préavis du 12 au 20 octobre à l'approche de la visite de la Haute Autorité de santé. Les avancées obtenues tiennent surtout en un audit, un budget et un dossier de prime transmis à l'ARS, tous attendus d'ici la fin de l'année.

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Au CHM, une grève suspendue contre des promesses que la direction doit tenir d'ici décembre
Photo : L'hôpital historique (Dzaoudzi, Mayotte) (34787688536) — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Le Centre hospitalier de Mayotte a, pour l'heure, évité neuf jours de grève. Le syndicat Sud Santé Sociaux a suspendu le préavis qu'il avait déposé pour la période du 12 au 20 octobre, a rapporté Mayotte la 1ère le 9 octobre. Dans son communiqué, le syndicat dit « prendre acte des engagements formels pris par l'établissement » et invoque la visite des experts-visiteurs de la Haute Autorité de santé (HAS), qui certifie la qualité et la sécurité des soins des hôpitaux environ tous les cinq ans.

Un préavis annoncé fin septembre

Le préavis était intervenu quelques semaines après la mobilisation des brancardiers et des ambulanciers de l'hôpital, selon Mayotte Hebdo le 30 septembre. Les revendications portaient sur l'organisation des plannings et l'équité entre agents, sur des renforts à M'ramadoudou et dans les équipes d'interprètes, sur le paiement de toutes les heures supplémentaires réalisées et sur une revalorisation des primes à 2 200 euros pour tous les agents. Le syndicat réclamait aussi un audit de l'organisation des services et dénonçait un « glissement de tâches ».

Selon Mayotte la 1ère, Sud Santé Sociaux demandait également le passage automatique en classe supérieure « pour les agents ayant plus de 15 ans d'ancienneté », et signalait un manque de tenues de travail.

Les engagements de la direction

Le compte rendu de négociation cité par Mayotte la 1ère liste plusieurs engagements. Un dossier sur la revalorisation de la prime d'engagement collectif sera présenté à l'agence régionale de santé d'ici la fin de l'année. Un audit des besoins en effectifs aura lieu en novembre, avant un budget élaboré d'ici fin décembre. La direction étudie le passage de trois à quatre soignants la nuit dans les services périphériques. Des distributeurs automatiques de tenues sont prévus, des structures modulaires sont envisagées à M'ramadoudou et à Dzoumogné pour les agents d'accueil, et un séminaire sur les violences faites aux soignants doit se tenir une fois la procédure de la HAS terminée.

Les chiffres

  • 9 jours de grève évités, du 12 au 20 octobre 2026 (Mayotte la 1ère)
  • 2 200 euros, niveau de prime réclamé pour l'ensemble des agents (Mayotte Hebdo)
  • 15 ans d'ancienneté, seuil proposé pour un passage automatique en classe supérieure (Mayotte la 1ère)
  • De 3 à 4 soignants la nuit dans les services périphériques, piste seulement étudiée (Mayotte la 1ère)
  • Note B, certification avec recommandations d'amélioration délivrée au CHM le 26 janvier 2021 (Haute Autorité de santé)

Des réponses rangées après l'inspection

Je relis la liste des engagements et j'y trouve surtout des rendez-vous. L'audit est fixé à novembre et le budget à fin décembre. La prime sera seulement « présentée » à l'ARS d'ici la fin de l'année, et la décision ne dépendra donc pas du seul hôpital. Le séminaire sur les violences est renvoyé à l'après-certification. Aucune de ces mesures n'est assortie d'une date qui changerait, dans les prochaines semaines, le planning d'un brancardier ou d'une aide-soignante.

Sur deux revendications lourdes, le compte rendu rapporté par la presse ne dit rien. Le paiement de l'intégralité des heures supplémentaires et le niveau de 2 200 euros réclamé pour les primes n'apparaissent pas dans les avancées décrites. Le passage automatique en classe supérieure n'y figure pas davantage.

Sur les tenues, la réponse de la direction me gêne. La direction explique qu'un millier de tenues « sont régulièrement achetés et perdus ». C'est peut-être exact, et des distributeurs peuvent régler un problème de stock. Mais présentée ainsi, sans dire qui perd ces tenues ni pourquoi, la pénurie semble renvoyée aux agents, alors que la gestion d'un stock de vêtements de travail relève de l'établissement.

La date choisie interroge. En 2021, la certification a classé le CHM en B, avec des recommandations d'amélioration. Un hôpital qui se prépare à une nouvelle évaluation a tout intérêt à éviter un piquet de grève devant ses services. Le syndicat l'a compris et a choisi de ne pas compliquer la visite. Ce geste engage désormais la direction, qui a obtenu une trêve contre des promesses dont l'essentiel ne se concrétisera, au mieux, qu'en fin d'année.

Le risque est d'en rester à des pistes jusqu'au conflit suivant. Les brancardiers et les ambulanciers se sont déjà mobilisés il y a quelques semaines. Si l'audit de novembre accouche d'un rapport sans suite budgétaire, le prochain préavis ne se négociera pas aussi vite.

Ce que répondent les autres

Selon le compte rendu de négociation cité par Mayotte la 1ère, la direction du CHM indique qu'un millier de tenues « sont régulièrement achetés et perdus » et prévoit des distributeurs automatiques pour « stabiliser le stock de tenues ». Elle « s'engage à vérifier les dossiers d'évaluation suspectés d'arbitraire ou de discrimination syndicale ». Sur les effectifs, elle renvoie à l'audit de novembre et au budget de fin décembre. Aucune réaction publique de l'agence régionale de santé de Mayotte sur la revalorisation de la prime d'engagement collectif n'a été trouvée à la date de publication.

Des engagements à signer et à dater

Le syndicat avait le droit de suspendre son mouvement, et l'institution n'a pas à en profiter pour changer des revendications précises en rendez-vous sans montant ni effectif chiffré. Dans les services périphériques, la nuit, on travaille aujourd'hui à trois soignants et le quatrième n'est qu'à l'étude, et les agents ne savent toujours pas ce qu'ils toucheront ni quand.

J'attends du directeur du CHM qu'il publie, avant le 31 octobre 2026, le relevé de conclusions de la négociation, signé par les deux parties, avec une date pour chaque mesure, et qu'il présente les résultats de l'audit de novembre au comité social d'établissement avant le vote du budget de fin décembre, avec le nombre de postes de nuit retenus service par service. Quant au directeur général de l'ARS de Mayotte, il lui appartient de dire publiquement, avant le 31 décembre 2026, s'il finance la revalorisation de la prime d'engagement collectif, et à quelle hauteur.

Sources

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