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Fermée depuis juillet, la halle des pêcheurs de M'tsapéré attend un dossier que personne n'a encore déposé

Les pêcheurs disent avoir payé 3 500 euros de travaux et refusent une certification privée à 2 000 euros. La DAAF parle d'un malentendu et rappelle que l'instruction prendra jusqu'à deux mois une fois le dossier complet.

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Fermée depuis juillet, la halle des pêcheurs de M'tsapéré attend un dossier que personne n'a encore déposé
Photo : Barque de pêcheurs — Eight-Studio | Bertrand Fanonnel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À M'tsapéré, les étals de la halle des pêcheurs sont vides depuis juillet. Trois mois sans vente pour les pêcheurs de la coopérative, cinq salariés au chômage et des habitants du quartier qui doivent aller chercher leur poisson ailleurs. La halle a été fermée pour des manquements sanitaires, et si elle l'est toujours, c'est d'abord, à lire les deux versions recueillies par la presse, parce que personne n'a dit clairement aux pêcheurs ce qu'on attendait d'eux.

Le récit des pêcheurs, recueilli par Mayotte la 1ère, tient en quelques dépenses. La coopérative aurait investi 3 500 euros dans les travaux demandés, avec un établi pour le matériel nautique, plusieurs lave-mains, des distributeurs de savon et de papier et des appareils contre les insectes et les nuisibles. Elle assure qu'on lui réclame désormais l'intervention d'une entreprise privée pour certifier la propreté des lieux, facturée 2 000 euros. « Ils nous ont dit c'était sale ok on a fait les travaux, mais ils sont jamais venus constater les changements », a déclaré un pêcheur à la chaîne, qui ajoute que la coopérative n'en a plus les moyens.

Contactée par Mayotte la 1ère, la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF) parle d'un malentendu et affirme qu'il n'a jamais été question de faire payer qui que ce soit. « On est là pour faire appliquer une réglementation, on ne peut pas faire payer les gens », a expliqué le service, pour qui une déclaration de travaux ne suffit pas sans vérification sur place. La DAAF indique surtout qu'aucun dossier n'a été déposé. Selon elle, la coopérative doit présenter une demande d'agrément, ou de dispense d'agrément si son volume de production le permet, et la réouverture pourrait être prononcée dans un délai d'instruction de deux mois au plus une fois le dossier complet.

Une réunion à la CAPAM et une menace d'action

Mercredi 21 octobre, une réunion a rassemblé à la Chambre de l'agriculture, de la pêche et de l'aquaculture de Mayotte (CAPAM) les pêcheurs, leur syndicat, la Cadema et la mairie de Mamoudzou. La CAPAM envisagerait une « action coup de poing » la semaine prochaine pour faire bouger le dossier, rapporte Mayotte la 1ère. La chaîne ne cite pas la DAAF parmi les participants à cette réunion, et c'est par un contact séparé qu'elle a recueilli la version du service, ce qui dit assez combien les deux parties ont peu l'habitude de discuter autour d'une même table.

Personne ne conteste qu'une halle où l'on vend du poisson frais sous la chaleur mahoraise doive respecter des règles d'hygiène strictes. Le problème tient à ce qui s'est passé après la fermeture. Si l'on en croit les deux versions, la coopérative a fait ses travaux en attendant que la DAAF vienne les constater, tandis que le service attendait un dossier qui n'est jamais arrivé, et trois mois ont passé de cette façon pour cinq familles de salariés et pour des pêcheurs dont la sortie en mer ne rapporte plus rien faute de point de vente.

Une halle fermée risque aussi de pousser la vente vers le bord de route, hors de tout circuit contrôlé, et une fermeture qui s'éternise finit alors par produire l'inverse de l'effet recherché par la réglementation sanitaire.

La DAAF peut, sans dépenser un euro, envoyer à la coopérative, par écrit et dans la semaine, la liste précise des pièces attendues et une date de visite. Elle lèverait du même coup le doute sur les 2 000 euros, en précisant si un contrôle par un organisme privé est exigé ou non. La CAPAM, dont c'est le rôle, peut ensuite aider les pêcheurs à monter le dossier d'agrément ou de dispense. Une réunion de travail autour d'un formulaire servira la coopérative plus sûrement qu'une action de protestation, qui ne fera pas courir plus vite le délai d'instruction. Les pêcheurs y gagneraient aussi une trace écrite de chaque étape, utile si le dossier devait de nouveau se perdre entre deux services.

Si une dépense de contrôle reste nécessaire, la Cadema ou la Ville de Mamoudzou, présentes mercredi, peuvent l'avancer pour une structure qui fait vivre un quartier, le temps que l'activité reprenne. Le montant en jeu est faible au regard du manque à gagner accumulé depuis juillet.

Même si le dossier part dès la fin octobre, la DAAF dispose de deux mois pour l'instruire, ce qui renvoie une réouverture au plus tard vers la fin décembre, soit plus de cinq mois après la fermeture de juillet.

Sources

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