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Gazole, sans-plomb et bouteille de gaz en hausse, l'inflation mahoraise à 1,6 % cache la facture d'énergie

Hors énergie, les prix n'auraient progressé que de 0,5 % en un an à Mayotte. Les produits pétroliers, eux, auraient bondi de 20,9 %. Ces hausses sont fixées par arrêté préfectoral, sans explication publique de leur composition.

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Gazole, sans-plomb et bouteille de gaz en hausse, l'inflation mahoraise à 1,6 % cache la facture d'énergie
Photo : Le port de Mamoudzou (Mayotte) (34747921455) — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Cinquante centimes de plus pour la bouteille de gaz, quatorze centimes de plus pour le litre de gazole, six pour le sans-plomb. Voilà ce qu'aurait coûté le mois de septembre aux ménages mahorais, d'après les chiffres de l'Insee repris par L'info Kwezi le 28 octobre. Au même moment, l'indice général des prix serait resté stable sur le mois, avec une inflation annuelle de 1,6 %, quand la moyenne nationale atteindrait 3,1 %. À lire ce seul chiffre, Mayotte serait presque épargnée. Celui qui fait le plein à Kawéni ou qui remplace sa bouteille pour cuisiner ne le vit pas ainsi.

Selon les mêmes données, l'énergie aurait augmenté de 3 % en un mois et de 14,1 % en un an, et les produits pétroliers de 20,9 % sur douze mois. Hors énergie, la hausse annuelle des prix ne serait que de 0,5 %. L'alimentation recule légèrement, de 0,6 % sur le mois, les produits frais coûtent 1,7 % de moins qu'en septembre 2025, et les billets d'avion ont baissé de 21,4 % après la saison des vacances. Le carburant pèse donc presque à lui seul sur le budget des familles, et il pèse d'autant plus que la voiture, le taxi collectif et le bus scolaire restent les principaux moyens de se déplacer sur une île où les transports en commun manquent encore.

Moins 29 centimes en juillet, plus 14 en septembre

En remontant les publications de l'Insee, on voit les prix faire le yoyo. En juillet 2026, le litre de gazole avait baissé de 29 centimes et l'énergie de 4,5 % sur le mois, après quatre mois de hausse consécutive. En août, le gazole ne prenait qu'un centime, mais l'énergie affichait déjà 11,8 % de hausse sur un an et les produits pétroliers 17,2 %. Septembre relance la montée. Pour un artisan, un livreur ou un chauffeur de taxi qui avale des dizaines de litres par semaine, ces écarts mensuels se traduisent directement en revenu perdu ou gagné, sans possibilité de lisser.

À Mayotte, les prix des carburants et du gaz sont administrés, c'est-à-dire fixés par arrêté du préfet selon une formule qui tient compte du cours des produits importés, du fret, des marges des distributeurs et des taxes. C'est un système protecteur, qui évite les flambées anarchiques et explique en partie pourquoi l'île a longtemps échappé aux pics observés ailleurs. Il a pour défaut de rester illisible pour ceux qui paient. L'arrêté mensuel est publié, mais qui, parmi les automobilistes de Combani ou de Sada, sait quelle part de son litre de gazole va au fret, aux stocks, aux marges ou aux taxes locales ? Quand le prix monte de 14 centimes en un mois, personne n'explique publiquement pourquoi.

La vie chère est l'une des colères les plus anciennes de l'île, et le collectif « Tous contre les taxes excessives » vient d'être rejoint par le collectif des Femmes leaders, selon Mayotte la 1ère. Chaque hausse laissée sans explication nourrit les soupçons, justifiés ou non, sur les marges des distributeurs et sur les choix fiscaux des collectivités.

Une note d'explication avec chaque arrêté

La première mesure ne coûterait presque rien. Chaque arrêté préfectoral fixant les prix des carburants et du gaz devrait être accompagné d'une note d'une page, en français simple et, pourquoi pas, en shimaoré et en kibushi, qui décompose le prix du litre et de la bouteille et explique la variation du mois. L'Observatoire des prix, des marges et des revenus de Mayotte pourrait de son côté publier chaque trimestre une analyse de la formule, en particulier de la part du fret et des marges, pour vérifier qu'elle suit bien les cours mondiaux à la baisse comme à la hausse.

La bouteille de gaz demande un traitement à part. Elle sert à cuisiner dans de nombreux foyers modestes. Cinquante centimes de plus en un mois, c'est une hausse que les familles ne peuvent pas éviter en roulant moins. Le Département-Région et l'État devraient examiner, dans le cadre de la convergence sociale en cours, un mécanisme ciblé pour les ménages aux revenus les plus faibles.

Sur la durée, ce sont les voies du Caribus, les navettes maritimes et les vélos subventionnés qui réduiront la dépendance des foyers au prix du gazole. Tant que l'essentiel des Mahorais n'aura pas d'autre choix que la voiture ou le taxi pour aller travailler, l'indice général des prix restera un mauvais thermomètre de leur budget. L'Insee publiera les prix d'octobre d'ici la fin du mois, et l'arrêté de novembre sur les carburants pourrait être le premier à paraître avec sa note d'explication.

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