AnderePoint de vue

Le 26 octobre devait ramener les collations à Mamoudzou, la Caisse des écoles doit dire si elles sont là

Suspendues depuis la rentrée faute de trésorerie, les collations de Mamoudzou devaient revenir après les vacances. Une facture de 87 018 euros bloquait 1,285 million attendu de la CSSM, et seuls 4 000 enfants étaient inscrits en septembre.

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Le 26 octobre devait ramener les collations à Mamoudzou, la Caisse des écoles doit dire si elles sont là
Photo : Mamoudzou City Hall (10030018363) — David Stanley from Nanaimo, Canada, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Les écoliers de Mamoudzou reprennent les cours ce lundi 26 octobre. Début septembre, la Caisse des écoles s'était donné cette date comme horizon pour rétablir les collations, suspendues depuis la rentrée. Au matin de la reprise, aucune annonce publique ne confirmait leur retour dans les quarante groupes scolaires de la ville.

Une facture de 87 018 euros qui gèle 1,285 million

Le 3 septembre, Mayotte la 1ère rapportait que les parents avaient appris par courrier la suspension des collations, pour des « raisons indépendantes » de la volonté de la Caisse des écoles. Selon la chaîne, les deux prestataires refusaient de continuer à livrer faute d'être payés.

Le 7 septembre, le directeur de la Caisse des écoles, Daroussi Ahamadi, a donné sa version lors d'un point presse rapporté par Mayotte Hebdo. Il a reconnu : « Nous avons accumulé près de sept mois d'arriérés. » En cause, la prestation d'aide à la restauration scolaire (PARS), qui oblige la Caisse des écoles à payer d'abord les prestataires avant d'être remboursée sur justificatifs par la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM). Faute de pouvoir avancer une facture de 87 018 euros, l'établissement ne pouvait pas obtenir 1,285 million d'euros dus pour les prestations de février à juin 2026.

D'après le directeur, la facture avait été réglée la semaine précédant ce point presse et le dossier transmis à la CSSM, dont l'argent était attendu sous une à deux semaines. La reprise était visée au plus tard après les vacances d'octobre. La Caisse impute ses difficultés de trésorerie en partie au cyclone Chido, la commune ayant engagé plus de 60 millions d'euros pour reconstruire écoles et bâtiments publics en attendant l'État. Les familles qui avaient déjà payé doivent recevoir des colis alimentaires, sur le modèle du dispositif du Covid.

D'autres communes connaissent le même blocage. À Dzaoudzi-Labattoir, le marché des collations a été déclaré infructueux le 13 août puis relancé le 19 août, et la mairie attendait elle aussi plus de 1,2 million d'euros de la CSSM. Koungou avait suspendu le service à la rentrée, sans date de reprise annoncée à la mi-septembre.

Les chiffres

  • 1,285 million d'euros attendus de la CSSM pour les collations de février à juin 2026 (Caisse des écoles, via Mayotte Hebdo)
  • Environ 4 000 élèves inscrits en septembre, contre quelque 9 000 bénéficiaires habituels (Mayotte Hebdo)
  • 65,60 euros par enfant demandés aux familles (Mayotte Hebdo)
  • Environ les trois quarts du coût financés par l'État au titre de l'aide à la restauration scolaire (Mayotte la 1ère)

Une fragilité documentée depuis 2024

Dès octobre 2024, la chambre régionale des comptes La Réunion-Mayotte publiait son rapport sur la Caisse des écoles de Mamoudzou, dont Mayotte la 1ère a retenu une gestion qualifiée d'« empirique » et « sans pilotage ». Mayotte Hebdo relevait que le marché des collations, première dépense de l'établissement, faisait l'objet d'un suivi confus, avec des dossiers incomplets. La chambre recommandait déjà une instance de coordination formalisée avec la commune et une tarification modulée selon les revenus des familles.

Dans le schéma de la PARS, l'État finance l'essentiel, mais c'est la Caisse des écoles qui avance les paiements aux prestataires. Une facture de 87 018 euros a suffi à bloquer une somme près de quinze fois plus élevée. Le calendrier de paiement n'a pas été sécurisé, et les arriérés reconnus portent sur février à juin 2026, plus d'un an après le cyclone.

Environ 4 000 enfants étaient inscrits en septembre, pour quelque 9 000 bénéficiaires habituels, alors que la chambre comptait 17 000 élèves concernés en 2022-2023. Fin juin, selon Le Journal de Mayotte, les parents délégués de Mamoudzou appelaient déjà à suspendre le paiement des collations. Des familles peuvent hésiter à payer 65,60 euros sans certitude de livraison.

Les deux communes annoncent la même parade, une convention qui permettrait à la CSSM de payer directement les prestataires. Sa date de signature et son texte n'ont pas été publiés.

Ce que répondent les autres

La Caisse des écoles de Mamoudzou dit vouloir reprendre le service « dans des conditions convenables », avec des collations conformes en qualité et en quantité, et compte sur la convention tripartite avec la CSSM et les prestataires pour raccourcir les délais de paiement. À Dzaoudzi-Labattoir, le maire Freddy Novou a déclaré à Mayotte la 1ère : « Je comprends que c'est une gêne énorme pour les parents, mais on n'avait pas le choix. » De la CSSM, je n'ai relevé aucune prise de parole publique sur le versement des fonds.

Ce que la Caisse des écoles et la CSSM doivent annoncer

Pour beaucoup d'enfants de Mamoudzou, la collation fait partie de la journée d'école. Je refuse que son financement dépende de la capacité d'une caisse municipale à avancer une facture. Deux mois de collations ont déjà été perdus, et rien n'empêche le même blocage de revenir au prochain trimestre.

La présidence de la Caisse des écoles de Mamoudzou doit publier d'ici au vendredi 30 octobre la date effective de reprise, école par école, ainsi que le calendrier de remise des colis aux familles qui ont payé. Le directeur de la CSSM peut dire dans le même délai si le 1,285 million d'euros a été versé, et à quelle date. Quant à la convention de paiement direct, je demande qu'elle soit signée avant le 31 décembre 2026, date de clôture des inscriptions annoncée par la Caisse des écoles.

Sources

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