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Mob'Ti Terre, un minibus pour les personnes à mobilité réduite de Petite-Terre et mille courses par an

Lancé le 4 novembre, le transport à la demande de la CCPT est gratuit pour ses ayants droit et réservable en shimaoré. Son marché de 525 958 euros sur quatre ans inclut un forfait que quatre usagers réguliers suffiraient à dépasser.

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Mob'Ti Terre, un minibus pour les personnes à mobilité réduite de Petite-Terre et mille courses par an
Photo : Dzaoudzi, Mayotte - panoramio — franek2, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le contrat prévoit mille courses par an pour le nouveau service de transport à la demande lancé le 4 novembre en Petite-Terre. Baptisé Mob'Ti Terre, ce minibus adapté doit servir les personnes à mobilité réduite de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi. La communauté de communes de Petite-Terre (CCPT) le présente comme une réponse à « l'exclusion de centaines de personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite », selon le communiqué cité par Mayotte la 1ère. Des centaines d'usagers potentiels pour mille trajets annuels inclus dans le forfait, le calcul mérite d'être fait avant de se réjouir trop vite.

Le service est gratuit pour les ayants droit. Ce sont les résidents qui se déplacent en fauteuil roulant, les personnes déficientes visuelles titulaires de la carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité », les plus de 60 ans bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie, les personnes en situation de handicap temporaire et celles que la commission d'accès admettra. Il faut s'inscrire auprès de l'exploitant, Transport Salime, à l'antenne de la MDPH de Petite-Terre, au siège de la CCPT ou dans les CCAS. La réservation se fait par téléphone ou par courriel, en français ou en shimaoré, au moins 48 heures à l'avance, ou 24 heures par téléphone en cas d'urgence. Le minibus roule du lundi au samedi de 7 heures à 18 heures, avec une dernière prise en charge à 17 h 30.

Bon point pour la réservation en shimaoré. Beaucoup de personnes âgées de Petite-Terre parlent peu le français, et un service qui les obligerait à remplir un formulaire en ligne passerait à côté de son public. Les lieux d'inscription sont bien choisis aussi, puisque la MDPH dispose d'une antenne en Petite-Terre et que les CCAS connaissent déjà les familles concernées.

Dix-sept mois entre l'appel d'offres et le premier trajet

Le projet ne date pas d'hier. La CCPT a publié au Bulletin officiel des annonces des marchés publics le 26 mai 2025 un accord-cadre à bons de commande pour « la gestion et l'exploitation d'un service public de transport pour les Personnes à Mobilité Réduite ». L'avis prévoyait une durée de 48 mois, une valeur maximale de 500 000 euros et une remise des offres au 4 juillet 2025. Le marché finalement conclu s'élève à 525 958 euros sur quatre ans, selon Mayotte la 1ère, avec un forfait de 1 000 courses par an et la possibilité de facturer des courses supplémentaires à la collectivité. Il s'est donc écoulé près d'un an et demi entre l'appel d'offres et la mise en service. La CCPT n'a pas expliqué ce délai, que le cyclone Chido peut en partie justifier.

Le montant, ramené à l'année, avoisine 131 500 euros. Si l'on s'en tient au forfait, chaque course revient en moyenne à un peu plus de 130 euros. Pour ce prix, la CCPT paie un chauffeur, un véhicule adapté et un service disponible six jours sur sept, et la somme est à comparer avec ce que coûte, en soins et en aide à domicile, une personne âgée qui ne sort plus de chez elle.

Un forfait vite consommé

La faiblesse du dispositif tient au volume. Prenons une seule personne en fauteuil qui doit se rendre trois fois par semaine à des soins, aller et retour. Elle utilisera à elle seule plus de trois cents courses dans l'année. Avec trois usagers de ce type, le forfait est presque épuisé, avec quatre il est dépassé. Au-delà, chaque trajet devient une dépense supplémentaire, et la tentation sera forte de limiter les réservations quand le budget se tend en fin d'exercice.

Il y a aussi les horaires. Un service qui s'arrête à 17 h 30 et ne circule pas le dimanche ne permet guère d'assister à un mariage ou d'aller à la mosquée pour la prière du soir. Le transport adapté se pense souvent comme un transport vers les soins. Il devrait aussi permettre la vie sociale. Après tout, c'est bien d'exclusion que parle le communiqué de la CCPT.

La barge pose la question la plus lourde. Pour une personne de Petite-Terre, l'essentiel des rendez-vous médicaux spécialisés, des démarches administratives et des services se trouve à Mamoudzou. Le communiqué ne dit pas si Mob'Ti Terre conduit ses usagers jusqu'à la gare maritime de Dzaoudzi à l'heure des traversées, ni ce qui les attend à l'arrivée en Grande-Terre. Sans correspondance organisée avec la barge et avec le réseau départemental, le service restera cantonné aux deux communes de Petite-Terre.

Compter les courses dès décembre

Rien n'obligeait la CCPT à créer ce service, puisque c'est le Département-Région qui organise les transports à Mayotte. Pour le rendre plus solide, elle pourrait publier chaque mois le nombre d'inscrits, de courses réalisées et de demandes refusées faute de créneau. Ces chiffres diront rapidement si le forfait de mille courses tient la route.

Elle pourrait ensuite négocier avec l'exploitant une extension des horaires au samedi soir et au dimanche matin, quitte à réduire la plage du milieu de journée si elle est peu utilisée. Le Département-Région, autorité organisatrice, devrait de son côté étudier une prise en charge coordonnée avec la barge, avec un accueil des personnes en fauteuil à l'embarcadère de Mamoudzou.

Au printemps 2027, six mois après le premier trajet, on saura déjà si le minibus a trouvé ses centaines d'usagers.

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