Travaux

Après l'averse de dimanche, Koungou accuse les chantiers et lance un marché de 2 millions pour ses ravines

Le maire Raos Saïd Ahamadi met en cause les travaux de Carobolé et de la route nationale après les débordements du 11 octobre. Sa commune a elle-même jusqu'au 22 octobre pour recevoir les offres d'un accord-cadre de curage des caniveaux et des ravines, estimé à 2,05 millions d'euros.

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Après l'averse de dimanche, Koungou accuse les chantiers et lance un marché de 2 millions pour ses ravines
Photo : Mamoudzou Kaweni 150402 — Vincent Clavier, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Le maire de Koungou a raison de demander des comptes, mais il ne pourra pas empêcher qu'on en demande aussi à sa commune. Après les fortes pluies du dimanche 11 octobre, Raos Saïd Ahamadi a interpellé sur les réseaux sociaux les services de l'État, la préfecture et les entreprises chargées des grands chantiers de Carobolé et de la route nationale. Selon lui, des travaux auraient été mal exécutés et certaines routes seraient devenues impraticables en voiture, rapporte L'info Kwezi. Des vidéos tournées par des habitants et partagées en ligne montrent de l'eau qui déborde et dévale là où elle devrait être canalisée.

La même pluie battante tombait l'après-midi sur la RN2 à Ongoujou, où une collision frontale a fait six blessés, dont trois graves, selon le même site. Les secours ont eu du mal à travailler sous l'averse. Il n'y a là aucun lien établi avec les chantiers de Koungou. Une averse d'octobre, avant même la saison des pluies, a suffi ce jour-là à mettre le réseau routier en difficulté.

Carobolé, 400 logements et une pente

À Carobolé, au cœur de Koungou, le premier coup de pelle d'une opération d'environ 400 logements a été donné en décembre 2024 par la SIM, pour une livraison annoncée « à l'horizon 2027 », selon Mayotte Hebdo. Un chantier de cette taille sur un versant décape la terre, déplace des remblais et modifie le chemin que prend l'eau. Si les fossés provisoires et les bassins de rétention ne suivent pas, la boue finit sur la chaussée et dans les cours en contrebas. Je ne sais pas si c'est ce qui s'est passé dimanche, et l'article de L'info Kwezi ne fait état d'aucun constat technique à ce stade. Personne ne l'a encore établi pour chaque chantier.

Koungou connaît le prix de ces débordements. Dans le quartier de Caroboina, les inondations de mars 2026 ont emporté des habitations et noyé le terrain de football, rappelait Mayotte Hebdo le 12 octobre. L'info Kwezi rapproche aussi l'alerte du maire des inondations du même mois à Mamoudzou, qui avaient mis en cause l'adaptation des aménagements du Caribus aux pluies mahoraises.

Deux millions d'euros pour les caniveaux de la commune

La commune a aussi sa part du réseau à tenir. Le 29 septembre, la Ville de Koungou a lancé un accord-cadre d'un an pour la réfection, le curage et l'entretien des caniveaux, des ravines et des réseaux d'eaux pluviales et usées sur son territoire. Le marché est estimé à 2,05 millions d'euros hors taxes. Il compte quatre lots, dont un d'un million pour les réseaux sous voirie et un de 500 000 euros pour les ravines, avec des pièges à déchets. Les entreprises ont jusqu'au 22 octobre à midi pour répondre. La décision est bonne. Elle tombe à quelques semaines de la saison des pluies, qui s'installe en général en décembre, et elle concerne directement le sujet de dimanche, car les caniveaux bouchés par les sacs plastiques et les canettes font déborder l'eau aussi sûrement qu'un fossé de chantier mal creusé.

Je demande à la mairie, à l'État et aux maîtres d'ouvrage une visite commune. Dans les quinze jours, les services de la commune, ceux de l'État pour la route nationale, la SIM pour Carobolé et les entreprises concernées devraient parcourir ensemble les points montrés dans les vidéos de dimanche, dresser un relevé contradictoire et le rendre public avec des photos. Chaque défaut attribué à un chantier doit recevoir une date de reprise. Chaque défaut qui relève de l'entretien communal doit entrer dans le premier bon de commande du nouveau marché. Les maîtres d'ouvrage pourraient aussi conditionner la réception des voiries neuves à un essai d'écoulement sous forte pluie, plutôt qu'à une simple visite par temps sec.

Mamoudzou organise ce mardi 13 octobre, pour la Journée nationale de la résilience, un après-midi de prévention des inondations à M'tsapéré, avec les équipes du programme d'actions de prévention des inondations de la Majimbini porté par la Cadema, selon Le Journal de Mayotte. Koungou aurait intérêt à faire de même avec ses habitants des hauts, ceux qui voient l'eau arriver avant tout le monde et savent où elle passe. Le mieux serait d'avoir ce relevé avant le 22 octobre, date limite de remise des offres pour le marché de curage.

Sources

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